Stade Rochelais : Entre drame humain et naufrage sportif, le club de l’Atlantique vacille

Stade Rochelais : Entre drame humain et naufrage sportif, le club de l’Atlantique vacille

Le lundi 2 février 2026 à 17:06 par David Demri

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L’empire maritime vacille. Ce qui devait être une union sacrée autour de la figure tutélaire de Uini Atonio s’est transformé en un naufrage collectif sans précédent. Face à Lyon, le Stade Rochelais n’a pas seulement perdu un match (24-44), il a laissé entrevoir une déconnexion profonde entre son statut de cador européen et la réalité brutale d’une équipe en fin de cycle.

Le symbole de cet effondrement s’est cristallisé dès l’entame. Alors que les tribunes scandaient « Uini ! Uini ! C’est La Rochelle ! » pour soutenir leur pilier hospitalisé, la défense locale s’évaporait, laissant Gabin Lorre inscrire un essai comme à l’entraînement. Ce télescopage entre l’émotion des gradins et l’apathie du terrain a révélé un mal bien plus profond qu’une simple méforme physique.

Le déni des excuses et le poids des « cadeaux »

Alors que Grégory Alldritt espérait faire de ce choc « le plus important de la saison », ses troupes ont rendu une copie indigne de leur rang. Juste avant la pause, le score de 31-0 sonnait comme un verdict sans appel. Ronan O’Gara, d’ordinaire protecteur, a cette fois fustigé une prestation qu’il juge indéfendable.

« On était horribles en première mi-temps, il n’y a pas d’autres mots », a-t-il lâché, refusant que l’on se cache derrière le contexte pesant ou l’infirmerie pleine.

Cette volonté de ne pas fuir ses responsabilités a été partagée par Jack Nowell. L’ailier anglais a balayé toute tentative de justification liée au drame Atonio : « Nous ne pouvons pas utiliser ça comme excuse », martelant que « l’équipe qui était sur le terrain aujourd’hui est capable de faire beaucoup mieux. »

Pourtant, sur le gazon, c’est bien une équipe sans ressort qui a sombré, au point que son manager évoque désormais un niveau indigne du professionnalisme : « Ce n’est pas du rugby à toucher le samedi… »

La fin du confort et le retour à la réalité

La colère de l’entraîneur irlandais semble viser l’autosatisfaction qui entoure le club. En affirmant que « le top 6 ? On est loin du top 6 ! », O’Gara a brisé le dernier tabou. Il dénonce une complaisance généralisée où l’on se contente de dire « « Bravo, tu es une star du Stade Rochelais »… » alors que les résultats ne suivent plus.

Pour lui, le club est peuplé de gens qui « vivent dans le passé » et qui doivent d’urgence cesser de se voiler la face.

Le constat est cinglant : « On est des perdants en ce moment. » Avec quatre revers consécutifs dans la besace, la trêve ne sera pas un moment de repos, mais une période de réflexion brutale avant de défier Montpellier.

Si l’entraîneur assure que son groupe n’est « pas battu avant de jouer », il concède que le défi sera immense face à un MHR en pleine possession de ses moyens. La Rochelle doit désormais décider si elle veut rester une icône nostalgique ou redevenir un prétendant sérieux.

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