Stade Toulousain : malgré les victoires, Ugo Mola ne peut plus ignorer cette faiblesse inquiétante

Stade Toulousain : malgré les victoires, Ugo Mola ne peut plus ignorer cette faiblesse inquiétante

Le dimanche 1 novembre 2026 à 10:47 par David Demri

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Le Stade Toulousain gagne, mais sa défense inquiète. Malgré trois succès consécutifs à domicile, les champions de France ont encaissé pas moins de 15 essais et 107 points face à Bayonne, Exeter et Perpignan. Une fragilité inhabituelle pour une formation réputée pour sa solidité, à quelques heures d’un déplacement particulièrement exigeant sur la pelouse de la Section Paloise.

Les chiffres interpellent : 34 points concédés contre Bayonne (45-34), 40 face à Exeter (43-40) et 33 contre Perpignan (38-33). Soit près de 36 points encaissés par rencontre. Un contraste saisissant avec la prestation défensive réalisée à Castres, où Toulouse s’était imposé 8 à 7 avec une équipe remaniée.

Une défense qui souffre malgré les victoires

Les difficultés défensives toulousaines ne datent pas uniquement de la réception de Perpignan.

Après le succès contre Bayonne, le deuxième ligne Joshua Brennan avait déjà regretté le manque d’impact de son équipe dans les duels.

Le joueur toulousain avait notamment reconnu les difficultés individuelles rencontrées dans les collisions :

« C’est un match à oublier. On a chacun subi individuellement sur nos collisions, ce qui a contribué à nous faire reculer. »

Face à l’USAP, le scénario s’est répété sous une autre forme. Alors que Toulouse menait largement 38 à 7, les Catalans ont inscrit quatre essais entre la 63e et la 78e minute.

Un relâchement qui n’a pas échappé à Ugo Mola. Après avoir félicité ses joueurs pour la victoire, le manager a pointé les 33 points encaissés lors de son intervention devant le groupe.

Blessures, carton rouge et relâchement : plusieurs explications

La succession de blessures constitue l’une des raisons possibles de ces difficultés.

Le Stade Toulousain a notamment dû composer avec les absences de plusieurs joueurs importants dans le combat et l’organisation défensive : Emmanuel Meafou, Pierre-Louis Barassi, Jack Willis, Thibaud Flament, Julien Marchand ou encore Santiago Chocobares.

Contre Exeter, l’exclusion de Rodrigue Neti dès la 16e minute a également contraint les Toulousains à évoluer presque toute la rencontre en infériorité numérique.

Face à Perpignan, c’est davantage le manque d’implication des entrants après l’heure de jeu qui a été pointé.

Mais le staff toulousain estime également que les évolutions du rugby moderne rendent le travail défensif de plus en plus complexe.

Laurent Thuéry évoque un rugby qui favorise davantage l’attaque

Entraîneur de la défense toulousaine, Laurent Thuéry considère que l’augmentation des scores ne concerne pas uniquement son équipe.

Il s’appuie notamment sur les récentes confrontations entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande pour expliquer cette tendance :

« Ces gros scores, c’est le rugby d’aujourd’hui. On l’a vu notamment au niveau international avec les quatre matches entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Ça a scoré fort par rapport à ce qui se faisait-il y a quelques années. »

Les quatre rencontres entre les deux nations se sont soldées par une victoire néo-zélandaise (33-16) et trois succès sud-africains (33-26, 29-24 et 43-28).

Pour Laurent Thuéry, les règles et leur interprétation compliquent notamment la défense sur les phases de conquête :

« On voit très bien que les règles actuelles tendent à favoriser l’attaque, que ce soit dans la manière d’arbitrer les rucks ou les mauls. C’est devenu notamment très difficile de défendre sur les ballons portés. Il faut s’adapter, c’est tout. »

Clément Poitrenaud reconnaît un problème à corriger

Malgré cette évolution générale, le staff toulousain ne souhaite pas banaliser les difficultés rencontrées ces dernières semaines.

L’entraîneur des trois-quarts Clément Poitrenaud assure qu’un travail spécifique a été engagé pour retrouver davantage de solidité :

« Ce qui est certain, c’est que prendre 30 points par match, c’est trop. Laurent et l’ensemble du staff ont mis le focus là-dessus et on travaille pour que ça n’arrive plus. »

Il estime toutefois que les références défensives ont changé avec l’évolution du jeu.

Clément Poitrenaud souligne ainsi que les scores élevés sont devenus plus fréquents :

« Mais c’est vrai que la jauge des points marqués a considérablement augmenté. À l’époque, quand tu prenais 20 points, c’était déjà beaucoup. Aujourd’hui, c’est quand tu en prends 30 que ça devient beaucoup. »

Toulouse possède toujours la troisième meilleure défense du Top 14

Malgré les difficultés récentes, le bilan défensif global du Stade Toulousain reste parmi les meilleurs du championnat.

Avec 157 points encaissés, les champions de France possèdent la troisième meilleure défense du Top 14, derrière Montpellier (139) et Toulon (150).

Les Toulousains ont également démontré leur capacité à élever considérablement leur niveau défensif lors des rencontres décisives. Lors des dernières phases finales, ils n’avaient concédé que 17 points en demi-finale contre le Racing 92 (71-17), puis 20 en finale face à Montpellier (28-20).

Laurent Thuéry rappelle que son équipe sait défendre lorsque les enjeux deviennent particulièrement importants :

« On a une bonne défense, on l’a vu dans les matches qui comptaient il n’y a pas si longtemps. »

Mais maintenir cette intensité sur l’ensemble d’une saison représente un défi physique et mental considérable.

L’entraîneur toulousain insiste sur les exigences de l’engagement défensif au plus haut niveau :

« Mais ce n’est pas naturel de rentrer dans des mecs de 100 ou 110 kg qui vont à 35 km/h. Personne n’est né pour faire ça. Ça demande une préparation mentale particulière qu’il faut répéter pendant vingt-six journées de Top 14, quatre de Coupe des champions et les éventuelles phases finales. Sur une saison de onze mois, c’est quand même raide. »

Pau, un test redoutable pour la défense toulousaine

Le déplacement à Pau, dimanche soir à 21h05, constituera un nouveau révélateur pour les champions de France.

La Section Paloise affiche des statistiques offensives particulièrement impressionnantes à domicile, avec une moyenne de six essais et 48 points inscrits par rencontre.

Les Béarnais devront néanmoins composer avec plusieurs absences importantes dans leurs lignes arrière, notamment Théo Attissogbe, Émilien Gailleton, Aaron Grandidier-Nkanang et Fabien Brau-Boirie.

Clément Poitrenaud sait que Toulouse devra retrouver une rigueur défensive supérieure pour espérer s’imposer en Béarn :

« À nous d’être assez bons offensivement pour avoir toujours un point de plus que l’adversaire. Pau est une équipe qui marque 6 essais et 48 points en moyenne à domicile, donc si on ne serre pas fort, ça risque d’être compliqué. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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