Stade Toulousain : Pourquoi Paul Graou a refusé le Top 14 pour rester dans l’ombre d’Antoine Dupont

Stade Toulousain : Pourquoi Paul Graou a refusé le Top 14 pour rester dans l’ombre d’Antoine Dupont

Le jeudi 29 janvier 2026 à 22:54 par David Demri

0 Commentaire

Publicité


À 28 ans, le demi de mêlée Paul Graou a changé de dimension au Stade Toulousain. Devenu bien plus qu’une simple doublure d’Antoine Dupont, il est aujourd’hui un leader affirmé, particulièrement précieux durant cette période de doublons qui débute face à Bayonne.

L’épanouissement au cœur du système toulousain

Arrivé en 2022, le Gersois s’est nourri de l’exigence du club pour franchir un cap. « Moi, je m’éclate, comme toujours depuis que je suis ici », confie-t-il avec enthousiasme dans les colonnes de Midi Olympique.

Malgré la concurrence de son ami d’enfance, il a su saisir chaque opportunité pour grandir :

« Quand j’ai décidé de m’engager pour ce club, mon objectif était de jouer, d’avoir la possibilité de participer à des gros matchs et de gagner des titres. C’est d’ailleurs généralement pour ça qu’on reste au Stade toulousain. »

Son apprentissage a été constant, même lors des entrées en jeu plus courtes :

« Sur ces deux premières saisons, à chaque fois que j’ai pu entrer en jeu dans un grand rendez-vous, j’ai accumulé beaucoup d’expérience. Quel que soit le match, j’ai toujours eu quelque chose à prendre. Et, avec l’effectif qu’on a ici, on grandit tous les jours. J’ai senti, au fil des semaines et des saisons, que je progressais. Et c’est ce qui me plait le plus dans ce club. »

Le choix de la fidélité malgré les offres

Courtisé par plusieurs clubs de Top 14 pour un poste de numéro 1, Graou a préféré prolonger l’aventure dans la ville rose. « Quand on joue numéro 9, et qu’on signe ou prolonge à Toulouse, on sait très bien qu’il y a Antoine Dupont au même poste. Mais je l’ai vu comme une chance et j’avais encore envie de croquer dedans. Je n’ai jamais regretté mon choix, encore moins en voyant la saison 2024-2025 que j’ai faite… »

La blessure de Dupont en mars 2025 a validé ce choix et la confiance du staff :

« Le staff m’a fait confiance, et j’en suis content. Il ne s’est pas trompé. Je savais que la fin de saison allait être particulière, différente des précédentes où je n’avais pas le numéro 9 dans le dos. Le but, c’était que je remplace Antoine, et je voulais juste le suppléer au mieux. »

Une finale historique gravée à jamais

Le point d’orgue de sa saison restera le titre décroché après une finale épique. « Cette belle histoire s’est terminée par un titre et une finale historique. Forcément, ça restera gravé à jamais. Durant ces semaines-là, tout mon travail a payé, je me suis senti hyper bien. Quand je suis sur le terrain, j’ai à cœur de bien faire. Dans toutes les situations, j’essaie d’analyser, de prendre la bonne décision. Mais, avec l’expérience, on se rend compte parfois que, lorsqu’on laisse les choses se faire naturellement, ça déroule. Je pense qu’on avait bien bossé à l’entraînement pour gérer toutes les situations. Et il n’y a pas eu trop besoin de réfléchir. »

Face à l’enjeu, le demi de mêlée a su garder son sang-froid :

« Dans ces matchs-là, il faut savoir être calme. Mais il y avait un tel niveau de préparation, j’avais confiance en moi. Sur cette finale, je n’ai pas douté, même quand il y avait énormément de pression. Pourtant, en revoyant le match à la télé, je me suis dit que c’était quand même tendu (rire). Au final, je suis resté très concentré sur les gestes que j’avais à réaliser. Je ne subissais pas l’événement et ça s’est plutôt bien passé. L’expérience a payé au meilleur des moments et, sur ce dernier match, j’étais plus dans une démarche de profiter de l’instant. »

Une lumière qu’il laisse volontiers aux autres

Malgré ses performances, Paul Graou garde la tête froide face à la médiatisation. « Même si les attentes étaient décuplées autour de moi, je n’ai pas senti beaucoup plus d’exposition. Je pense qu’il y en a tellement de mecs qui prennent plus la lumière dans l’équipe, et ça me va très bien. Franchement, je n’ai pas remarqué une grande différence me concernant entre la période avant la blessure d’Antoine et le moment où j’ai porté ce numéro 9. Je le répète, à Toulouse, il y a d’autres stars bien plus médiatiques que moi (sourire). »

Non retenu pour le Tournoi des 6 Nations, il se concentre sur les objectifs du club avec sa philosophie habituelle :

« Moi, j’ai toujours la banane. J’ai envie de profiter, de prendre du plaisir. »

Publicité

0 Commentaire