Thibault Santamaria : « C’est vrai qu’il y a des stades un peu… Comment dire ? À l’ancienne ? »
Thibault Santamaria : « C’est vrai qu’il y a des stades un peu… Comment dire ? À l’ancienne ? »
Le vendredi 31 juillet 2026 à 13:21 par David Demri
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Avant d’intégrer définitivement le Top 14, Thibault Santamaria a construit un parcours pour le moins atypique. L’arbitre de 35 ans n’a pas seulement officié sur les terrains français, il a également occupé plusieurs fonctions au Racing Club Narbonnais, son club de cœur.
Joueur, créateur de l’école d’arbitrage, entraîneur des jeunes puis membre du staff de l’équipe première, le Narbonnais estime que toutes ces expériences lui permettent aujourd’hui de mieux comprendre les acteurs du jeu.
Un lien indéfectible avec Narbonne
Le Racing Club Narbonnais accompagne Thibault Santamaria depuis son enfance. C’est dans ce club qu’il a découvert le rugby avant de choisir définitivement la voie de l’arbitrage.
Dans Midi Olympique, le nouvel arbitre du Top 14 résume avec humour son histoire avec le RCN.
« La seule chose que je n’ai pas faite dans ce club, c’est être président (rires). Ma première licence de joueur, à 9 ans, était au RCNM. J’y ai joué jusqu’à mes 20 ans puis j’ai choisi l’arbitrage. On m’a dit : « Si tu veux grimper, il faut décider. » En plus, j’étais clairement un joueur moyen donc je n’ai pas trop de regrets. J’ai créé ensuite l’école d’arbitrage au sein du club. Et puis, comme le jeu me manquait un peu, j’ai entraîné les cadets et Crabos narbonnais avant d’intégrer le staff de l’équipe première jusqu’à la saison dernière. »
Un arbitre au sein du staff du RCN
La saison dernière, Thibault Santamaria a également travaillé aux côtés du manager Jacques Delmas.
Sa mission consistait notamment à accompagner les joueurs sur les questions liées à la discipline, tout en intervenant ponctuellement dans le secteur offensif.
Il détaille le rôle qu’il occupait au sein du staff narbonnais.
« Je bossais avec Jacques Delmas sur la discipline. J’animais plusieurs ateliers pour faire progresser les joueurs à ce niveau-là. Et puis, je venais aussi en aide à Gilles Bosch au niveau des trois-quarts et sur l’attaque. »
Une expérience précieuse pour mieux arbitrer
Pour Thibault Santamaria, cette immersion au sein d’un staff professionnel lui permet aujourd’hui de porter un regard différent sur les réactions des joueurs et des entraîneurs.
Il estime avoir énormément appris en découvrant le quotidien d’une équipe de haut niveau.
L’arbitre explique pourquoi cette expérience l’a fait progresser.
« Il faut savoir cloisonner les choses. Ce n’est pas un inconvénient mais une arme de toucher un peu à tout. Cela m’a permis, par exemple, de voir comment fonctionne au quotidien un staff pro. J’estime mieux comprendre, après avoir vu certaines choses, les réactions de certains entraîneurs ou joueurs après mes décisions. Cette expérience m’a fait grandir, m’a fait m’ouvrir encore un peu plus l’esprit. Puis le fait de manger des actions et des mêlées à l’entraînement t’aide au niveau de ton arbitrage. C’était vraiment un bel épisode de ma vie. Comme le club retrouve la Pro D2 et donc le monde professionnel, ma mission s’est immédiatement arrêtée. C’est totalement normal. »
Faire évoluer la vision de l’arbitrage
Conscient que sa proximité avec Narbonne pouvait susciter des interrogations, Thibault Santamaria assure avoir toujours agi en toute transparence.
Son objectif était avant tout de rapprocher les joueurs de l’arbitrage et de favoriser une meilleure compréhension des règles.
Il espère voir ce type de collaboration se développer dans d’autres clubs.
« Je n’ai rien caché. J’ai toujours eu la permission de faire ça, on ne m’a jamais rien dit de négatif. Au sein du club, ma volonté était aussi de faire évoluer la vision de l’arbitrage. C’était vraiment important pour moi. Que le RCNM fasse aussi grandir ses joueurs avec la connaissance des règles de notre sport, ça ne peut qu’être bénéfique. Et je ne parle pas que des pros, il y a aussi la jeunesse. J’aimerais que tous les clubs aient cette mentalité : faire progresser notre profession par des « collaborations » bienvenues. »
Les leçons tirées du rugby amateur
Avant d’atteindre le Top 14, Thibault Santamaria a passé de nombreuses saisons en Fédérale 1. Une période qu’il considère aujourd’hui comme déterminante dans sa formation.
Selon lui, ces années lui ont appris à gérer les hommes avant même de gérer les matchs.
« C’est vrai qu’il y a des stades un peu… Comment dire ? À l’ancienne ? (rires) C’est ce qui fait la beauté de notre sport. Je trouve ça chouette personnellement. Ça donne du charme. Le fait de devoir faire sans vidéo t’aide à prendre confiance en toi. Elle n’est pas tout le temps un atout. Bien sûr qu’après une bêtise, tu te dis : « J’aurais bien aimé l’avoir sur cette action. » Ce n’est pas grave. Dans cette division, j’ai énormément progressé sur le management des hommes. Comment créer un climat de confiance avec les capitaines qui, parfois, sont un peu trop virulents. Il faut être intelligent, savoir être pédagogue tout en gardant le leadership. »
À quelques semaines de ses débuts en Top 14, Thibault Santamaria aborde donc ce nouveau défi avec une expérience rare. Le Narbonnais a construit un parcours singulier qui nourrit aujourd’hui sa manière d’officier sur les terrains de l’élite.
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