Tragédie Medhi Narjissi : deux tribunaux rendent des décisions diamétralement opposées pour Stéphane Cambos !

Tragédie Medhi Narjissi : deux tribunaux rendent des décisions diamétralement opposées pour Stéphane Cambos !

Le jeudi 1 octobre 2026 à 5:30 par David Demri

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Deux recours et deux décisions administratives très différentes pour Stéphane Cambos. L’ancien manager de l’équipe de France U18, en poste lors de la disparition de Medhi Narjissi le 7 août 2024 en Afrique du Sud, a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Bordeaux concernant sa suspension.

Les juges retiennent notamment qu’il s’était opposé à la séance de récupération sur la plage et qu’il avait été mis devant le fait accompli. À Pau, en revanche, son recours contre les arrêtés lui interdisant d’exercer auprès de mineurs a été rejeté. Une décision qui n’a toutefois pas été rendue sur le fond du dossier.

Le combat judiciaire et administratif de Stéphane Cambos se poursuit comme le révèle L’équipe.

Mis en examen au printemps 2025 pour homicide involontaire dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Medhi Narjissi, l’ancien manager des U18 Français conteste également plusieurs décisions prises à son encontre par l’administration.

Deux juridictions viennent de se prononcer. Et leurs décisions sont très différentes.

Bordeaux donne raison à Stéphane Cambos

Le premier recours concernait la sanction décidée en août 2025 par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur ainsi que le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.

Stéphane Cambos avait été suspendu temporairement de ses fonctions pendant deux ans, avec un sursis de douze mois.

Il avait saisi le tribunal administratif de Bordeaux pour contester cette décision.

Et le 15 septembre dernier, la juridiction Bordelaise lui a donné raison, selon les informations révélées par Sud Ouest et rapportées par L’Équipe.

Pour se prononcer, les juges se sont notamment appuyés sur le rapport d’enquête administrative de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche ainsi que sur le rapport provisoire de l’enquête interne menée par la FFR.

Il s’était opposé à la séance sur la plage

Le délibéré apporte surtout un élément particulièrement important concernant les événements ayant précédé la disparition de Medhi Narjissi.

Le tribunal retient que Stéphane Cambos s’était opposé à l’organisation d’une séance de récupération sur cette plage considérée comme dangereuse.

Robin Ladauge, alors préparateur physique, avait finalement pris l’initiative de mener cette séance.

Les juges considèrent donc que reprocher à Cambos de ne pas avoir réussi à empêcher cette initiative repose sur une mauvaise appréciation de la situation.

« Une erreur dans l’appréciation des faits. »

Un autre reproche formulé contre l’ancien manager concernait sa réaction une fois arrivé sur la plage.

Les ministères avaient notamment retenu qu’il avait fallu plusieurs minutes avant que Cambos ne fasse interrompre l’activité et sortir de l’eau les joueurs mineurs.

Là encore, le tribunal administratif de Bordeaux porte une appréciation différente.

« Mis devant le fait accompli »

Pour les juges, le contexte dans lequel Stéphane Cambos avait découvert la situation doit être pris en compte.

Le tribunal estime que l’ancien manager n’avait pas été informé au préalable de l’organisation de cette séance.

« Il a été mis devant le fait accompli d’une séance de récupération en eau froide organisée à son insu (…) Dans ces conditions, si quelques minutes se sont écoulées entre son arrivée sur la plage et la sortie des joueurs de l’eau, ce délai ne saurait être qualifié de négligence fautive. »

Cette décision constitue donc un développement administratif important pour la défense de Stéphane Cambos.

Mais parallèlement, une autre juridiction s’est montrée moins favorable à son recours.

À Pau, son deuxième recours est rejeté

Stéphane Cambos avait également saisi le tribunal administratif de Pau.

Cette fois, il demandait la suspension de l’exécution de trois arrêtés pris le 17 juin 2026 par le préfet des Landes.

Ces arrêtés lui interdisent d’exercer quelque fonction que ce soit auprès des mineurs.

Le 31 août dernier, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.

Dans les motivations préfectorales reprises dans le délibéré, Stéphane Cambos est présenté comme « le grand responsable des activités sportives et extra-sportives ».

À ce titre, le préfet considère qu’il disposait de responsabilités particulières dans l’encadrement du séjour.

Selon la position défendue par la préfecture, il aurait dû intervenir davantage dans l’organisation générale.

« Il aurait dû influer sur le cours des événements en mettant en oeuvre un cadre sécurisé de séjour. »

Le préfet évoque « un risque avéré »

La position du préfet des Landes est particulièrement sévère.

Les motivations reprises dans la décision évoquent notamment l’attitude de Stéphane Cambos et son absence de réaction jugée suffisante.

Le maintien en activité de l’ancien manager est ainsi présenté par le préfet comme représentant un danger concernant l’encadrement de mineurs.

« Un risque avéré pour la sécurité physique et morale des mineurs… »

La préfecture lui reproche également de ne pas avoir suffisamment pris conscience « des obligations qui lui incombaient… ».

Mais le rejet prononcé à Pau doit être interprété avec une importante précaution juridique.

« Pau n’a pas tranché au fond »

Le tribunal administratif de Pau n’a pas statué sur le fond des reproches adressés à Stéphane Cambos.

Son avocate, Me Audrey Singer, insiste précisément sur cette distinction.

Elle explique que le juge des référés s’est uniquement prononcé sur les conditions nécessaires pour suspendre immédiatement les arrêtés préfectoraux.

« Pau n’a pas tranché au fond. Le juge des référés a seulement estimé qu’une des deux conditions cumulatives du référé suspension n’était pas remplie, et elle parlait de la condition d’urgence. »

Autrement dit, le rejet du recours en référé ne signifie pas que le tribunal de Pau a validé sur le fond l’ensemble des reproches formulés par le préfet.

Les deux décisions ne portent d’ailleurs pas exactement sur le même objet : Bordeaux examinait la suspension décidée par les ministères, tandis que Pau était saisi d’une demande de suspension des arrêtés préfectoraux interdisant à Cambos d’exercer auprès de mineurs.

L’enquête pénale reste totalement distincte

Ces développements concernent uniquement les procédures administratives engagées par Stéphane Cambos.

Ils ne permettent donc pas de tirer de conclusion sur sa responsabilité pénale dans la disparition de Medhi Narjissi.

L’instruction pénale menée à Agen est toujours en cours et Stéphane Cambos demeure mis en examen pour homicide involontaire.

Les décisions rendues par les tribunaux administratifs de Bordeaux et de Pau ne préjugent donc en rien de l’issue de cette enquête pénale.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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