« Tu es le plus petit et tu commandes » : Pierre Mignoni dévoile le secret des demis de mêlée devenus coachs !

« Tu es le plus petit et tu commandes » : Pierre Mignoni dévoile le secret des demis de mêlée devenus coachs !

Le samedi 24 janvier 2026 à 17:54 par David Demri

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Dans le milieu du rugby, une question revient souvent : le poste occupé sur le terrain conditionne-t-il la façon de diriger un groupe ? Si la formule peut sembler simpliste, le paysage du Top 14 révèle des tendances frappantes où certaines « confréries » dominent les bancs de touche.

Le demi de mêlée : Le chef d’orchestre naturel

Les postes de charnière, et particulièrement celui de demi de mêlée, sont surreprésentés parmi les numéros 1 des staffs.

Pierre Mignoni, actuel manager de Toulon, explique via L’équipe cette transition fluide par la nature même de sa mission initiale sur la pelouse :

« Quand tu es demi de mêlée, tu es le plus petit et tu commandes tout le monde. Ou plus exactement tu as la main sur tout le monde, sur ton équipe. D’une certaine façon, tu manages les avants quand tu joues, mais tu as aussi le lien avec les trois-quarts. Tu as cette capacité à comprendre les deux jeux. C’est toi qui fais le lien. Donc c’est forcément un poste qui t’amène à entraîner plus facilement plus tard. »

Le talonneur : Leader du « réacteur »

Le poste de talonneur est actuellement le plus représenté parmi les coachs du Top 14, avec des figures comme Yannick Bru (UBB) ou Christophe Urios (Clermont).

Fabrice Landreau, ancien numéro 2 devenu entraîneur, analyse ce phénomène par le leadership intrinsèque au poste :

« Incontestablement, c’est un poste de leader. Parce qu’il est au coeur du réacteur dans le paquet d’avant. Ce sont souvent des garçons qui ont de la personnalité, des leaders de jeu, des combattants. Ils ressentent vraiment, physiquement, les temps forts et les temps faibles. Donc, ils sont souvent amenés à prendre des décisions. C’est peut-être pour ça qu’ils embrassent plus facilement une carrière d’entraîneur. »

Yannick Bru complète cette vision en insistant sur la dimension humaine et l’empathie propre aux joueurs de première ligne :

« Je crois qu’on a naturellement le respect de ceux qui travaillent sans le ballon, de l’empathie pour ceux qui ne sont pas toujours dans la lumière, et les bons managers savent mettre en valeur le travailleur de l’ombre ».

Les « oubliés » du banc : Spécialisation et isolement

À l’inverse, les piliers, les deuxième-ligne ou les ailiers se font plus rares au poste de manager principal. Pour les avants, l’hyper-spécialisation (mêlée, touche) les cantonne souvent à des rôles d’adjoints techniques.

Fabrice Landreau précise d’ailleurs :

« D’une manière générale, on se construit d’abord comme spécialiste avant de devenir manager. Et après, l’appétit vient en mangeant. C’est là où tu ressens la fibre ou pas de savoir manager, de pouvoir construire un groupe, de l’accompagner. »

Malgré ces schémas, tous s’accordent à dire que le poste ne définit pas tout. Pierre Mignoni rappelle que :

« Plus que le poste, c’est lié à ta personnalité, à l’entraîneur que tu as à l’intérieur de toi ».

Romain Sazy, qui a intégré le staff rochelais cet été, conclut sur la richesse du parcours individuel :

« Il n’y a pas de règle, je ne vais pas te dire qu’il faut avoir été demi de mêlée ou talonneur pour être manager. Ce qui fait l’entraîneur que tu deviens, c’est la somme de plein de choses : les managers que tu as croisés, ta façon de jouer au rugby, ton parcours… Tu te développes avec l’environnement dans lequel tu as baigné. Certains ont connu uniquement le Top 14. D’autres ont connu des expériences à l’étranger. Tu essaies de tirer le meilleur de chaque personne que tu as croisé dans ta carrière. »

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