Un manager du Top 14 annonce la couleur : « Nos nouvelles capacités financières nous permettent de batailler avec les meilleurs »

Un manager du Top 14 annonce la couleur : « Nos nouvelles capacités financières nous permettent de batailler avec les meilleurs »

Le vendredi 4 septembre 2026 à 0:16 par David Demri

Publicité

Pau a changé de dimension et Sébastien Piqueronies le sait parfaitement. Après avoir franchi un cap, la Section va désormais devoir confirmer dans un Top 14 qui s’annonce encore plus difficile. Le manager palois ne cherche d’ailleurs pas à calmer les ambitions : il veut continuer à faire progresser son équipe et assume la pression supplémentaire qui accompagne les résultats.

Cette évolution se voit notamment dans le recrutement. Avec un budget annoncé à 32 millions d’euros et davantage de marge grâce au Salary Cap, Pau peut désormais se battre sur certains dossiers avec les plus grosses équipes du championnat.

« On est très fiers de batailler avec les plus gros »

La Section a construit son recrutement autour de deux critères principaux : la capacité à jouer à plusieurs postes et l’état d’esprit.

Interrogé par Sud-Ouest, Piqueronies insiste surtout sur le profil humain des nouveaux joueurs :

« Je dirais polyvalence et, quand vous connaîtrez mieux les recrues, vous direz aussi état d’esprit. Je pense qu’on a clairement franchi un cap dans la qualité au travail de tout le monde. S’il y a un fil conducteur qui relie tous ces hommes, c’est que ce sont tous des bosseurs… Pour moi, c’est un vrai marqueur. »

Pau n’a en revanche pas renforcé sa première ligne. Ce n’est pas un oubli. Le staff considère l’effectif suffisamment fourni et sait que plusieurs possibilités devraient apparaître avec les fins de contrat de 2027.

La priorité reste d’abord de faire progresser les joueurs déjà présents et de conserver ceux sur lesquels le club compte.

Piqueronies détaille sa méthode :

« Ma première mission, c’est de rendre meilleur chacun de nos hommes. La deuxième, c’est de prolonger tous les hommes en qui on croit fort. Et puis, au cas par cas, quand on a un besoin de perfuser l’effectif d’un boost supplémentaire, on va le chercher. »

Pau cherche également à attirer les meilleurs jeunes. Tout ne fonctionne pas, comme le montre le dossier Maël Turpin, mais la Section parvient désormais à recruter des espoirs comme Couty ou Senga-Kouo.

Et Piqueronies apprécie de pouvoir concurrencer les grosses écuries :

« Honnêtement, c’est dur, parce qu’il y a la concurrence pour tout le monde, et elle est terrible. Mais on existe. On ne rafle pas toutes les mises que l’on veut, alors ça me met parfois en colère, ou ça m’attriste. Mais c’est logique dans ce monde concurrentiel. En tout cas, on est très fiers de batailler avec les plus gros, comme Toulouse ou Bordeaux. »

Les retours de Grondona et Pesenti montrent également que Pau n’hésite pas à faire revenir d’anciens joueurs lorsque l’occasion se présente.

Le cas de Baptiste Pesenti était pourtant particulier.

Piqueronies reconnaît que son premier départ avait été difficile à accepter :

« Concernant Baptiste, il y a eu friction au moment du départ, je ne voulais pas qu’il s’en aille, mais je pense qu’il y a beaucoup de respect mutuel au moment de nous retrouver. »

La situation de Grondona était différente. Arrivé comme joker médical, il avait ensuite obtenu un contrat à Bristol que Pau ne pouvait pas lui proposer à l’époque, notamment en raison de son statut non-JIFF. Le contact n’a cependant jamais été coupé.

Pau veut désormais s’installer parmi les meilleurs

Avec ses nouvelles possibilités financières, Pau veut construire un effectif capable de tenir toute une saison au plus haut niveau.

Piqueronies estime qu’une équipe qui veut régulièrement se qualifier doit pouvoir compter sur une cinquantaine de joueurs de qualité. Cela passe par des professionnels confirmés, des jeunes du centre de formation déjà capables de jouer avec les pros et des talents encore plus jeunes préparés pour l’avenir.

La situation financière permet désormais à Pau d’être beaucoup plus ambitieux :

« Nos nouvelles capacités financières nous permettent de batailler avec les meilleurs. »

La prochaine étape est claire : confirmer en Top 14 et essayer également de décrocher une qualification en Champions Cup.

Piqueronies accepte cet objectif, tout en prévenant que reproduire les performances de la saison précédente ne suffira probablement pas.

Le manager palois s’attend à un championnat encore plus compliqué :

« Le championnat sera plus dur cette année, comme tous les ans. Et vous savez comme moi que Vannes, dans leur fonctionnement, font comme si c’était leur troisième année de Top 14. Donc les points ne seront pas répartis de la même manière. Mais j’accepte votre challenge d’être bien meilleur pour se qualifier deux fois ! Même s’il ne faut pas sous-estimer ce que va être cette saison 2026-2027. »

Cette progression augmente forcément la pression autour de la Section. Piqueronies ne le nie absolument pas.

À Pau, ce qui était considéré comme une réussite hier devient désormais le minimum attendu :

« Plus de pression dans l’environnement ? C’est évident aussi. Après, je le vis exactement comme au premier jour. La pression la plus puissante, c’est celle que je me mets moi-même, au regard de mes objectifs. Celle-là n’a pas changé. Je suis dans un projet qui grandit, et en m’engageant ici sur le long terme, j’ai l’ambition de continuer à grandir. Alors ça met plus de pression, oui, parce que ce qu’on a déjà fait n’est plus suffisant. Mais c’est comme ça que je fonctionne. »

Arrivé en 2021, Piqueronies est aujourd’hui totalement associé au projet palois. Une situation qu’il assume, puisqu’il explique que ce qui l’anime est justement de « faire grandir un projet ».

Quant à son nom régulièrement évoqué parmi les possibilités pour succéder un jour à Fabien Galthié à la tête du XV de France, le manager ne veut pas s’y attarder.

Sa réponse est très claire :

« Je n’y prête aucune attention. »

Déjà prolongé à deux reprises par Pau, Piqueronies préfère regarder ce qu’il reste à construire avec la Section.

« Ce qui m’importe le plus, c’est d’être légitime, et j’espère très utile dans l’évolution du club. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
Ne ratez plus aucune actu rugby
Suivre Blog RCT sur Google

1 Commentaire

  1. TOP12 4 septembre 2026 at 01h- Répondre

    entre Total et la flambee des carburants et le Qatar c est sur la vie est belle , et les moyens bientot illimites !!