Un médecin du sport tente d’expliquer l’explosion de blessures en Top 14

Un médecin du sport tente d’expliquer l’explosion de blessures en Top 14

Le jeudi 5 novembre 2026 à 9:13 par David Demri

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Le Top 14 traverse une véritable crise des blessures. Alors que le Stade Toulousain doit accueillir Clermont ce samedi à 14h30, les deux formations sont particulièrement touchées par les absences. Mais le phénomène concerne l’ensemble du championnat : pas moins de 150 joueurs sont actuellement à l’infirmerie, soit un quart des effectifs. Des chiffres particulièrement inquiétants qui interrogent sur les exigences physiques du rugby professionnel.

Les forfaits s’accumulent depuis plusieurs semaines. Anthony Jelonch et Joshua Brennan ont récemment rejoint une liste déjà composée de nombreux internationaux, parmi lesquels Julien Marchand, Thibaud Flament, Emmanuel Meafou, Anthony Jelonch, Matthieu Jalibert ou encore Thomas Ramos.

150 blessés et une situation alarmante à Toulouse

Le bilan dressé avant la neuvième journée de Top 14 donne la mesure du problème.

Sur les quatorze clubs du championnat, huit comptent plus de dix joueurs indisponibles. Clermont déplore douze blessés, tandis que le Stade Toulousain en recense vingt.

Une situation qui s’explique notamment par l’accumulation des rencontres, entre championnat, compétitions européennes et échéances internationales.

Le troisième ligne rochelais Oscar Jegou avait déjà dénoncé cette surcharge à Marcoussis :

« On joue beaucoup trop de matches, ça c’est sûr, faisait remarquer le troisième ligne rochelais Oscar Jegou à Marcoussis. Moi, je le ressens un petit peu, mais je suis jeune donc j’arrive à encaisser. Mais c’est sûr que maintenant, à partir de 25 ans, t’es déjà un joueur de rugby “vieux”. »

« C’est toujours plus vite, plus fort. »

Pour Francis Merle, médecin du sport et membre de la commission des commotions cérébrales de la Fédération française de rugby, le calendrier n’explique pas à lui seul cette multiplication des blessures.

La charge de travail à l’entraînement et l’intensité croissante des rencontres doivent également être prises en considération.

Le spécialiste explique dans La Montagne que les causes sont multiples :

« Les causes sont multifactorielles. Ce qui est avancé dans un premier temps, c’est que les joueurs disputent trop de matches. C’est un fait établi, c’est sûr et certain. Mais personnellement, je pense qu’il y a tellement d’autres facteurs… »

Le comité scientifique commun à la LNR et à la FFR mène d’ailleurs une réflexion sur la charge de travail des joueurs, dont les conclusions sont attendues en fin de saison.

Francis Merle estime qu’une évolution de la préparation physique pourrait être nécessaire :

« Peut-être faut-il repenser certaines charges de travail dès la préparation physique. Quand la fatigue s’installe, la vigilance diminue, ce qui augmente le risque de blessure. D’où l’intérêt d’effectuer un véritable travail de fond sur la charge qui incombe aux joueurs. Le temps de jeu est beaucoup plus important qu’avant, le nombre de plaquages est plus élevé, la préparation physique en amont est plus dense… Bref, c’est toujours plus vite, plus fort. »

Les terrains synthétiques également pointés du doigt

Autre facteur étudié : les changements réguliers de surface entre pelouses naturelles, hybrides et synthétiques.

Si les études évoquées ne démontrent pas nécessairement une augmentation du nombre total de blessures sur les terrains synthétiques, elles mettent en évidence des différences concernant leur nature, leur gravité et les parties du corps touchées.

Francis Merle attire notamment l’attention sur les équipements utilisés par les joueurs :

« Beaucoup de joueurs se plaignent de la dureté du synthétique. Mais il faudrait qu’ils soient chaussés correctement en fonction du terrain sur lequel ils jouent, et ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Beaucoup d’articles intéressants sont sortis sur le sujet et je ne pense pas que l’on se penche suffisamment dessus. »

Entre surcharge du calendrier, intensification des contacts et contraintes liées aux surfaces de jeu, les instances du rugby français sont confrontées à un problème majeur de santé des joueurs.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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1 Commentaire

  1. Alan 5 novembre 2026 at 10h- Répondre

    Il y a un point que personne ne veut évoquer, c’est la consommation excessive d’alcool (bière) après un match souvent avec l’accord des staffs (voir les images de Canal+ dans les vestiaires).

    Les informations suivantes sont issues de l’IA.

    « La consommation d’alcool après un match de rugby (traditionnellement liée à la « troisième mi-temps ») a des effets néfastes directs sur la physiologie et la récupération, contrairement à l’idée reçue qui associe la bière à une boisson régénérante.
    Chez un rugbyman professionnel, la consommation de bière a des conséquences directes sur la performance athlétique, la composition corporelle et la longévité de la carrière. À ce niveau d’élite, où les gains marginaux font la différence, l’alcool représente un compromis majeur entre performance et vie d’équipe. »

    Impact sur la Performance et la Récupération Athlétique
    • Ralentissement de la réparation musculaire : Le rugby professionnel inflige des micro-déchirures musculaires massives induites par les impacts et les courses à haute intensité. La bière bloque la synthèse des protéines nécessaires pour réparer ces fibres, ce qui retarde la fenêtre de surcompensation et prolonge la fatigue musculaire.

    • Risque accru de blessures (Lésions des tissus mous) : L’éthanol provoque une vasodilatation et amplifie la réponse inflammatoire locale. En cas de contusion (« béquille ») ou d’entorse, la consommation de bière augmente l’œdème et saigne le tissu affecté, ce qui rallonge considérablement le délai de reprise du jeu (Return-to-Play).

    • Altération de la charge cognitive et de la motricité : Les fonctions cognitives (temps de réaction, prise de décision sur le terrain, coordination) restent diminuées jusqu’à 24 à 48 heures après une consommation excessive, impactant directement la qualité des entraînements de début de semaine.