Un partenariat de la LNR provoque la colère des clubs de Pro D2 : « On pense tous la même chose ! »

Un partenariat de la LNR provoque la colère des clubs de Pro D2 : « On pense tous la même chose ! »

Le vendredi 5 juin 2026 à 23:54 par David Demri

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Alors que Vannes et Provence Rugby s’apprêtent à s’affronter pour une place en Top 14, un sujet inattendu alimente les discussions depuis plusieurs semaines.

Il ne s’agit ni d’une blessure ni d’une décision arbitrale, mais bien du ballon utilisé lors des phases finales de Pro D2.

Un changement imposé par la Ligue Nationale de Rugby qui ne fait pas l’unanimité auprès des acteurs du championnat.

Jean-Noël Spitzer pousse un coup de gueule

Le manager de Vannes, Jean-Noël Spitzer, n’avait pas caché son agacement avant la demi-finale remportée contre Oyonnax.

« Je peux parler au nom de tous les acteurs, on pense tous la même chose. On nous impose, pour une stratégie commerciale, un autre ballon pour la phase finale. »

Le technicien breton allait même plus loin.

« Tout le monde est au courant, c’est un ballon qui ne plaît pas. Et l’enjeu est trop important : c’est comme si on te disait, d’un seul coup, qu’on allait réduire la taille du terrain. »

Un ballon différent de celui utilisé toute la saison

Le ballon concerné est fabriqué par l’équipementier français BeRugBe, partenaire officiel de la Pro D2 depuis 2021.

Durant la saison régulière, les clubs ont la liberté de choisir leur ballon.

Mais à partir des phases finales, l’utilisation du ballon BeRugBe devient obligatoire.

C’est précisément ce changement en pleine période décisive qui fait réagir plusieurs clubs.

Des sensations différentes pour les joueurs

Selon plusieurs spécialistes du jeu au pied, les caractéristiques de ce ballon diffèrent sensiblement des modèles habituellement utilisés.

Thomas Girard, entraîneur du jeu au pied à Provence Rugby, détaille les particularités de ce ballon dans les colonnes de L’équipe :

« Le toucher est beaucoup moins fin parce que le grip est plus épais et rugueux. Le ballon tient davantage dans le temps, mais il gêne un peu les buteurs puissants. »

Même constat du côté de l’ouvreur vannetais Maxime Lafage.

« Ça change pas mal la donne, parce que la sensation est totalement différente. »

Parmi les différences relevées figurent notamment un ballon plus rigide, des trajectoires au pied légèrement modifiées et des passes parfois moins précises.

Provence Rugby tente de s’adapter

Face à cette contrainte, les Provençaux ont mis en place une méthode particulière à l’entraînement.

Le staff aixois a notamment décidé de surgonfler les ballons durant la semaine afin de les assouplir plus rapidement et d’accélérer leur usure.

Une manière de retrouver des sensations plus proches de celles connues pendant la saison régulière.

La réponse de la Ligue

De son côté, la Ligue Nationale de Rugby rappelle que le ballon respecte parfaitement les normes internationales.

La LNR précise également que « la taille et le poids d’un ballon sont normés par World Rugby » et estime que la situation reste équitable puisque les deux équipes utilisent le même matériel.

L’instance souligne par ailleurs que lors du processus de sélection de l’équipementier, « c’est le ballon BeRugBe qui avait obtenu la meilleure évaluation » à l’issue de tests réalisés à l’aveugle.

Un débat qui ne disparaîtra pas tout de suite

Pour Thomas Girard, le véritable problème n’est pas tant la qualité du ballon que le moment choisi pour l’imposer.

« L’anomalie, c’est surtout de jouer les matches les plus importants de l’année avec un ballon que tu n’as pas apprivoisé. Mais c’est une question d’habitude, et on commence à s’y faire après trois semaines à jouer avec. »

Une chose est sûre : samedi soir à Toulouse, Vannes et Provence Rugby devront composer avec ce ballon controversé pour tenter de décrocher le premier billet d’accession vers le Top 14.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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