« Une hérésie » : World Rugby veut-il vraiment supprimer les mêlées au profit de bras cassés ?
« Une hérésie » : World Rugby veut-il vraiment supprimer les mêlées au profit de bras cassés ?
Le mercredi 25 février 2026 à 22:51 par David Demri
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C’est une bataille invisible, mais capitale pour l’avenir du ballon ovale, qui se joue actuellement à Londres.
Jusqu’à jeudi, les dirigeants du rugby mondial sont réunis pour le « Shape of the Game », un sommet stratégique où chaque nation tente d’imposer sa vision. Sous les dorures londoniennes, deux blocs s’affrontent désormais frontalement.
Le Nord et les Springboks contre le « remuage de cocotier » océanien
D’un côté, la France, l’Afrique du Sud et les nations européennes plaident pour la stabilité. De l’autre, la Nouvelle-Zélande et l’Australie militent pour une révolution radicale des règles.
Pour Yann Roubert, président de la LNR, la position française est claire :
« On est ouvert mais on ne veut pas casser ce qui fonctionne ».
Florian Grill, président de la FFR, entend bien peser dans les débats :
« On est très déterminé. On considère que la France a une vraie légitimité au regard de la qualité de son rugby professionnel et de ses équipes de France. »
La fin programmée des « gros » ?
Le principal point de discorde concerne les phases de conquête, jugées trop chronophages par les nations du Sud. Néo-Zélandais et Australiens souhaitent augmenter le temps de jeu effectif, quitte à sacrifier la mêlée et la touche.
Mathieu Raynal, manager des arbitres professionnels français, détaille les projets en cours dans les colonnes du journal L’équipe :
« Ils s’attaquent aux phases chronophages, aux instants de conquêtes collectives, afin d’augmenter le temps de jeu effectif. Dans certains cas, ils veulent remplacer les mêlées par des bras cassés. À l’heure actuelle, des voix s’élèvent pour l’autorisation d’écrouler les mauls, il faut le savoir. »
Pour les défenseurs du modèle traditionnel, cette évolution masquerait un danger mortel pour la diversité du rugby : l’uniformisation des physiques.
« À terme, le rugby que prônent la Nouvelle-Zélande et l’Australie va uniformiser les profils. On va se retrouver uniquement avec des troisième-ligne ou des centres. Cela aura une conséquence sur la démocratisation de notre sport », prévient Mathieu Raynal. Pour la FFR, le rugby ne doit pas survivre « en singeant le rugby à XIII ».
Le carton rouge définitif en sursis
L’autre grand chantier concerne la discipline. Traumatisée par l’expulsion de Sam Cane lors de la dernière finale mondiale, la Nouvelle-Zélande pousse pour la généralisation du carton rouge de 20 minutes, qui permet de remplacer le joueur exclu après un court délai.
Une hérésie pour le camp français :
« Aujourd’hui, World Rugby souhaite appliquer le carton rouge de 20 minutes au détriment du carton rouge définitif. Cela veut dire qu’on ne verra plus d’exclusion définitive sauf pour des morsures, des coups de poing ou des coups de pied, ce qui n’arrive plus dans le rugby. On pourrait avoir le cas, dès la 5e minute de jeu, d’une charge à l’épaule dans le visage d’un joueur clé qui sortirait avec un enfoncement du plancher orbital. Et vingt minutes plus tard, l’équipe coupable se retrouverait à 15. Ça, ce n’est pas normal. »
Pour la France, maintenir l’exclusion définitive est indispensable pour « tracer une ligne blanche entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas » et protéger l’image d’un sport déjà jugé violent par le grand public.
11 Commentaires


Ca existe déjà et ça s’appelle le jeu à XIII !
Rugby à XIII !
Le terme « jeu » a été introduit par les quinzistes pour dénigrer le XIII qui a été professionnel bien avant le XV
Hormis les boks les nations du sud sont en déficit devant de nos jours. D’où l’intention de changer la règle pour éradiquer les gros et la conquête.
Je pense que ce serait bien de donner le choix au capitaine mêlée ou coup franc.
Je me rappelle avoir vu une finale de PRO D2 durant laquelle une équipe était archi dominée en mêlée et que chaque fois que son adversaire faisait un en-avant ou un maul improductif, ils se retrouvaient avec une mêlée en leur faveur puis une pénalité contre eux.
Prochaine décision , le ballon rond ? et interdit de l’attraper à la main pour éviter les en avant et le mêlées ? … des fous …
Excellent Bougnatix !
On serait un 1er Avril je croirais à un poisson.
Le 50 22 vient déjà du 40 22 du 13, comme le renvoi sous les poteaux. Cela a été bien accepté il me semble.
Ce qui mange du temps de jeu, ce sont les pénalités après une mêlée ou une touche, au lieu d’une pénalité pour un oui ou pour un non, c’est là que je mettrais des bras cassés à la place des pénalités.
Que les matchs se gagnent encore plus en marquant des essais que parce que tu as un très bon buteur ne me dérangerait pas.
Tout-à-fait d’accord. J’avais d’ailleurs exprimé ici mon opinion sur le sujet, par exemple à la suite d’une mêlée gagnée ou d’un grattage réussi, siffler un bras cassé plutôt qu’une pénalité. Rien que ça dynamiserait le jeu, et serait plus juste, parce qu’une pénalité pour un grattage, je trouve ça disproportionné.
Je vous suis dans votre raisonnement, mais je suis partagé. Parfois un grattage est si compliqué à réaliser et si important pour passer devant au score dans un match étriqué que le gratifier d’une pénalité ne me dérange pas, mais parfois, le simple fait de mettre les mains sur le ballon sans réelle opposition octroie le grattage et dans ce cas un simple bras cassé suffirait.
J’ai toujours été pour un aménagement de la mêlée car :
-C’est la plus grosse fatigue enregistrée
-Les joueurs déploient des efforts démesurés pour rien la plupart du temps puisque le ballon est récupéré par l’équipe bénéficiaire de l’introduction
-L’arbitre ne peut surveiller les 2 cotés de la mêlée
-Les pénalités les plus discutables proviennent des mêlées