Vivez les coulisses de la victoires Castraise sur la pelouse de Bayonne
Vivez les coulisses de la victoires Castraise sur la pelouse de Bayonne
Le dimanche 25 janvier 2026 à 9:25 par David Demri
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Le dernier vainqueur à Jean-Dauger en Top 14 s’appelait déjà le Castres Olympique. C’était le 8 juin 2024, une éternité. Ce samedi, les Tarnais ont remis ça à l’issue d’un match fermé au dénouement haletant (10-13), stoppant la série d’invincibilité bayonnaise à domicile en Top14, à 21 matchs.
La folie arrive parfois tout proche du gong. Si la rencontre entre le 9e et le 10e du championnat, sous la pluie et le vent, s’est montrée fermée, le clou du spectacle est arrivé dans les dernières secondes. Précisément à 42 mouvements de trotteuse de la sirène. Bayonne est mené 13-10 et obtient une dernière pénalité très bien placée. Les Bleus et Blancs sont réunis en cercle et prennent la décision de jouer à la main, à cinq mètres de l’en-but, plutôt que de prendre les points.
« Entre un match nul à deux points ou un point de bonus, l’intérêt est plus de gagner ce soir », explique le capitaine Arthur Iturria, pas certain que ses supporters auraient apprécié les voir se contenter d’un partage des points. Le choix est donc fait de lancer le revenant Tevita Tatafu et ses 140kg, pour ses premières minutes de la saison, tête baissée, afin d’enfoncer la défense castraise et prendre les cinq points de la victoire.
Mais les Tarnais, héroïques face au Munster le week-end dernier pour décrocher leur billet en huitièmes de finales de Champions Cup, font corps et ne cessent de repousser l’échéance. La séquence s’allonge, quelques secondes en ressenti pour les Bayonnais, une éternité pour les Castrais.
« Si j’avais pu aller mettre un cierge j’y serais allé »
Sur le banc du CO, Xavier Sadourny est tendu. « Avec les porteurs qu’ils ont je me dis que ça va être compliqué », avouera-t-il après la rencontre. « Je croise les doigts, je ferme les yeux, j’attends que ça passe, si j’avais pu aller mettre un cierge j’y serais allé mais je n’avais pas le temps. »
Après avoir insisté en pick-and-go aux pieds des poteaux, l’Aviron cherche les extérieurs, Joris Segonds décale Yohan Orabé sur sa gauche mais l’arrière, ailier ces derniers temps, commet un en-avant à cinq mètres de l’en-but avant de voir Mattéo Carreras aplatir. Le chronomètre affiche 80’20 et le public de Jean-Dauger, à l’accent prononcé, chante « Il y a essai ».
L’arbitre Benoit Rousselet file consulter la vidéo. Essai annulé mais hors-jeu de Vuatei Karawalevu sur le début de l’action, Bayonne aura une dernière occasion de s’imposer. L’idée étant toujours de gagner, les Basques partent sur le même système. Castres remet les barbelés. « C’est stressant. Je ne vois plus le temps, je suis cramé », explique l’ouvreur castrais Jeremy Fernandez. « On ne se dit pas qu’on peut perdre, on se dit qu’on peut gagner. Si on pense l’inverse c’est fini. »
Pourtant, Bayonne parvient à franchir la ligne d’en-but… sans aplatir. Malgré les doutes du coach bayonnais Grégory Patat. « Rodrigo dit qu’il touche la ligne, les arbitres que non, je pense que la dernière situation mérite d’être checkée même si je ne veux pas me cacher derrière ça. » Bayonne est battu à Jean-Dauger, une première depuis dix-neuf mois et un revers… face à cette même équipe.
Une solidarité remarquée
Une équipe soudée, qui, après les matinées d’entrainement, reste jouer au carte l’après-midi au centre du Lévézou. Un groupe « solidaire, capable de renverser des montagnes« , reconnait le coach Sadourny. « Des gars qui s’apprécient entre eux, c’est presque plus que ça même si je ne vais pas jusqu’à dire de l’amour mais je savais qu’on ne lâcherait pas. » Se savoir être le dernier bourreau d’un adversaire depuis autant de temps a été un sujet de discussion cette semaine.
« On s’est dit qu’on l’avait déjà fait, que c’était le moment opportun pour le refaire », raconte le capitaine du CO Baptiste Delaporte, qui se souvient de sa dernière victoire ici. « Cela fait même trois fois que je viens gagner ici. A l’époque, il y avait des Algeco, on se changeait là (à l’endroit de la salle de presse). Ça ne me rajeunit pas », plaisante-t-il, tout en mettant en relief la longévité de cette invincibilité à domicile de l’Aviron Bayonnais.
« Il y a deux ans pour ceux qui s’en souviennent, c’était les mêmes conditions météo« , rembobine Fernandez. « S’il peut pleuvoir tous les ans quand on vient ici ça m’arrange. » Même si la suite n’avait pas été heureuse. « La dernière fois ça ne nous a pas souri. C’était le dernier match de la saison, on a été qualifié pendant 2’30 et le Racing gagne à La Rochelle au dernier moment alors on ne s’était pas qualifié pour les phases finales. J’espère que cette année ça nous sourira un peu plus. »
Des phases finales que les Bayonnais, 11e, voient s’éloigner. « On s’est réveillé les cinq dernières minutes et ça ne peut pas fonctionner », regrette le capitaine basque Arthur Itturia. « On savait que la petite étoile qu’on avait au-dessus de la tête allait bien tomber un jour car quand tu ne maitrises pas un match pendant 80 minutes, tu n’as pas toujours un essai à la dernière minute qui vient te sauver donc à nous d’en tirer des conclusions. Peut être que ça va nous faire du bien. En tout cas, ça nous a mis une claque. Cette défaite va nous mettre à rude épreuve et on va voir le caractère de chacun. »
Le rebond direct sera compliqué, Bayonne se rendant sur la pelouse du leader toulousain la semaine prochaine. « Parfait pour se relancer non? Chez ce qui se fait de mieux », sourit jaune Iturria, conscient qu’il faudra peut-être attendre la réception du Racing pour relancer la machine et faire retrouver le sourire au public de Jean-Dauger, parti du stade le moral en berne.
Via RMC Sport
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