XV de France : « Il a été touché mentalement », les coulisses de la mise à l’écart de Damian Penaud
XV de France : « Il a été touché mentalement », les coulisses de la mise à l’écart de Damian Penaud
Le samedi 14 février 2026 à 9:01 par David Demri
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Écarté de la liste du XV de France pour le Tournoi des 6 Nations 2026, Damian Penaud vit un coup d’arrêt inédit dans sa carrière internationale. Resté à Bordeaux avec l’Union Bordeaux-Bègles, l’ailier tricolore digère la déception tout en endossant davantage de responsabilités en club. Entre remise en question, envie de revanche et personnalité toujours aussi légère dans le vestiaire, le trois-quarts tente de transformer cette absence en tremplin vers un retour chez les Bleus.
Il s’y était préparé. Lorsque la liste pour le Tournoi des 6 Nations 2026 est tombée, Damian Penaud ne figurait pas parmi les appelés. Une absence forte pour l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles, longtemps cadre du XV de France, meilleur marqueur de l’histoire des Bleus, mais pas vraiment une surprise. L’intéressé était persuadé que son nom ne serait pas prononcé. Reste que voir les Bleus s’avancer sans lui marque forcément un tournant.
Car Penaud n’est pas n’importe qui dans l’histoire récente de l’équipe de France même si ces derniers mois ont été chaotiques. Lors de la dernière tournée d’automne, il avait été l’un des joueurs majeurs à prendre la parole publiquement pour demander au staff une évolution de la philosophie de jeu tricolore. Un positionnement rare, assumé, qui avait laissé des traces. Lors du dernier tournoi en 2025, certaines de ses lacunes avaient été pointées par les entraineurs français lors de la défaite en Angleterre. Depuis, son relationnel avec le sélectionneur Fabien Galthié n’est plus aussi fluide que par le passé. Sans être rompu, le lien s’est distendu.
Le manque des Bleus
Même en sachant qu’il ne serait pas du début de l’aventure, le match contre l’Irlande a été difficile à encaisser. Ce soir de grand match international, l’ailier savait ce qu’il ratait. Maxime Lucu, capitaine de l’UBB et demi de mêlée du XV de France, décrit l’impact mental de cette mise à l’écart.
« On savait que ce match allait faire mal aux têtes parce que t’as envie d’être sur le terrain et de porter le maillot et de vivre ces moments-là. Damian, on sait très bien tout ce qui s’est dit et tout ce qui s’est passé depuis qu’il n’a pas été pris. Il a été touché mentalement. »
Lucu insiste toutefois sur la réaction du joueur : travail, implication, envie de revenir. Le staff des Bleus lui aurait d’ailleurs donné des axes précis d’amélioration. « Il sait ce qu’il a à travailler », souligne le demi de mêlée, qui voit un coéquipier « très concerné aux entraînements » et performant en club, notamment dans le jeu aérien. Le manque ne se limite pas à la compétition. C’est aussi un groupe qui s’éloigne, des habitudes qui changent. « De se retrouver proche de certains mecs ici à Bordeaux qu’il côtoyait moins en voyant qu’en haut il y a l’équipe de France qui se prépare, ce sont des choses que tu dois appréhender différemment », explique Lucu. Une situation nouvelle pour un joueur longtemps installé dans le paysage bleu.
Plus de responsabilités à l’UBB
Penaud s’apprête à affronter Castres samedi à 14h30 avec l’Union Bordeaux-Bègles. Et paradoxalement, cette absence internationale l’a replacé au centre du projet girondin. Lui, dont le caractère n’est pas naturellement celui d’un leader, se voit aujourd’hui responsabilisé. « On lui demande aussi d’être beaucoup plus leader », poursuit Lucu. « Il a eu beaucoup plus de responsabilités sur les entraînements, sur les vidéos, sur les semaines à vivre. On sent qu’il prend aussi du plaisir. Il apprend à vivre différemment et ça va forcément lui servir. »
Une transformation progressive pour un joueur plutôt connu comme « le bon copain » du vestiaire: bon vivant, chambreur, déconneur. Mathis Perchaud, pilier gauche de l’UBB, ne voit d’ailleurs pas de bouleversement radical. « Je trouve que c’est le même Damian. Peut-être qu’il a les boules, mais il ne le montre pas forcément. C’est toujours le même, déconneur, qui met des pièces. Je trouve qu’il n’a pas changé du tout. »
« Il a toujours mangé du caviar! Ces moments peuvent faire du bien »
Du côté du staff bordelais, on insiste davantage sur la dimension introspective que peut provoquer une telle période. Christophe Laussucq, entraîneur de la défense de l’UBB, y voit presque une étape nécessaire dans une carrière jusque-là jalonnée de réussite. « Il a toujours mangé du caviar. Depuis qu’il est tout jeune, il a toujours été mis sur un piédestal. Quelquefois, dans une carrière, c’est bien de passer par des moments un peu de doute pour se remettre en question. »
Pour le technicien, cette mise à l’écart peut devenir un levier: modifier des habitudes, ajuster la préparation, changer certains détails du quotidien. « C’est la première fois, depuis que je le connais, qu’il est pointé du doigt, un peu en échec », poursuit-il, tout en se disant convaincu que l’équipe de France ne pourra pas se passer longtemps d’un tel profil.
Entre remise en question et fidélité à soi-même
Entre la tristesse de ne pas porter le maillot bleu et la nécessité de rebondir, Damian Penaud veut marquer les esprits. Plus impliqué à Bordeaux, il a été invité à développer un leadership qui n’est pas inné chez lui. « Ça lui demande un travail différent de ce qu’il pouvait faire d’habitude », détaille Lucu. « Quand il y a Matthieu (Jalibert), Yoram (Moefana), Nico (Depoortère), ce sont eux qui font tout le boulot. » Il conserve toutefois ce qui fait sa personnalité: la légèreté, la proximité avec ses coéquipiers. Loin des projecteurs internationaux, l’ailier se reconstruit par le jeu et par le collectif. Ses copains de sélection lui manquent. Mais en attendant un éventuel retour, Penaud travaille avec l’espoir de marquer encore l’histoire du XV de France.
Via RMC Sport
3 Commentaires


Et oui, comme Serin, il a ouvert un peu sa gueule et Galthié lui fait payer.
Surtout que Galthié ce n’est pas comme Deschamps au foot ,il ne choisit pas que le nom …
Penaud n’est pas bon en défense, c’est tout !
Dès qu’il sera bon à ce niveau là, il reviendra.