XV de France : « J’en avais marre de porter ce maillot », les aveux de Jalibert !
XV de France : « J’en avais marre de porter ce maillot », les aveux de Jalibert !
Le vendredi 7 août 2026 à 18:53 par David Demri
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Auteur d’une remise en question profonde à l’issue d’une période frustrante sous le maillot bleu, Matthieu Jalibert a franchi un palier décisif. Longtemps étiqueté comme un soliste génial mais parfois indiscipliné tactiquement, le numéro 10 de l’UBB a su canaliser son jeu sans pour autant éteindre sa créativité naturelle.
Une transformation spectaculaire qui bouscule désormais la hiérarchie au sommet du XV de France comme l’explique Midi Olympique.
Le déclic de 2025 : L’électrochoc qui a tout changé
C’est au sortir du Tournoi des Six Nations 2025 que le numéro 10 bordelais a décidé de réinventer son approche du très haut niveau. Relégué dans la hiérarchie derrière Thomas Ramos et privé de sensations, l’ouvreur a fait le choix de la transparence pour amorcer sa mue.
« Je n’avais même pas la médaille de vainqueur, ça voulait tout dire, disait-il dans les colonnes de L’Équipe. J’en avais marre de porter le maillot bleu et de rentrer chez moi en me disant que je n’avais pas joué mon jeu. Je voulais qu’on voie le vrai Matthieu sur le terrain et m’épanouir pleinement au sein du collectif. Alors, je me suis remis en question par rapport à ce que je pouvais apporter, les points sur lesquels on m’attendait. »
Cette prise de conscience s’est traduite par une maturité nouvelle dans la conduite du jeu, un secteur où ses excès d’individualisme lui étaient régulièrement reprochés lors des grandes échéances.
Ancien entraîneur des trois-quarts tricolores, Laurent Labit confirme cette évolution déterminante :
« Quand Matthieu était plus jeune, il y me avait souvent des situations où il cherchait à forcer le jeu avec une initiative individuelle et ça se retournait contre lui. Ce qui a changé depuis deux ans, c’est qu’il a mis de l’ordre dans son rugby. Jouer des matchs de phase finale en Top 14 et en Coupe d’Europe lui a aussi permis de comprendre qu’il était surveillé par des défenses très bien organisées. Et que pour les surprendre, il faut arrêter de prendre une initiative à chaque ballon et savoir se faire un peu oublier. Jusqu’à ce que le bon espace s’ouvre enfin… »
Une « quadruple menace » unique dans le rugby mondial
Si le Bordelais fait désormais l’unanimité, c’est que cette gestion plus sobre du rythme n’a rien enlevé à son pouvoir d’élimination dévastateur. En tournée au Japon, le sélectionneur Eddie Jones n’avait d’ailleurs pas tari d’éloges sur le profil hors norme du tricolore.
L’ex-sélectionneur de l’Angleterre décortiquait ainsi la panoplie du phénomène :
« On dit des très bons attaquants qu’ils sont une triple menace, lorsqu’ils sont capables de s’infiltrer ballon en main dans une défense, aller chercher des solutions autour d’eux par la passe ou en trouver dans le champ profond avec le jeu au pied. Jalibert, lui, incarne même une quadruple menace car ses petits jeux au pied pour lui-même doivent être constamment surveillés. C’est pour cela qu’il est un des joueurs les plus imprévisibles, donc un des plus difficiles à défendre du monde. »
Rigueur tactique et sacrifice défensif
Cette mue s’est également matérialisée dans des secteurs moins visibles mais cruciaux : le jeu au pied d’occupation, la précision sur les renvois et l’engagement en phase défensive. Longtemps pointé du doigt pour son manque d’impact aux plaquages, Jalibert a modifié son hygiène de préparation pour prendre de l’épaisseur physique et répondre présent dans les duels.
Laurent Labit met en avant ces progrès discrets mais essentiels :
« Il a beaucoup progressé dans le jeu au pied tactique, notamment sur les coups d’envoi auxquels il n’attachait pas une énorme importance. Même chose sur les pénaltouches, où il tapait parfois avant que les avants aient annoncé la touche. Il a beaucoup bossé sur ces situations arrêtées pour gagner en longueur et en précision. »
Le principal intéressé ne masque pas sa satisfaction face aux réponses apportées sur le terrain :
« Tout n’a pas encore été parfait mais, dans l’envie que j’y ai mis, je sais que j’ai montré une meilleure image. Je sais que je suis énormément attendu là-dessus, on ne me loupe pas, donc je suis content d’avoir répondu positivement. »
Adoubé par ses partenaires de la ligne d’attaque
Sur le terrain, ce nouveau compromis entre instinct et rigueur fait le bonheur de ses coéquipiers, à commencer par ses plus grands rivaux. Aligné à ses côtés lors des tournées internationales, Romain Ntamack saluait la simplicité des automatismes trouvés avec l’ouvreur de l’UBB.
Le stratège toulousain confiait :
« Avec Matthieu, on n’a fait que la mise en place ensemble. C’était assez court mais avec des joueurs comme ça, c’est quand même assez facile de trouver les automatismes, parce qu’on parle à peu près le même rugby. Ce n’est vraiment que du bonheur de jouer avec un joueur comme lui. »
Même enthousiasme du côté du centre Fabien Brau-Boirie, marqué par la sérénité dégagée par son ouvreur :
« Lorsqu’on a un 10 qui a cette vision du jeu et qui aime jouer, c’est toujours mieux. Quand il arrive à alterner avec les avants, les trois-quarts, à faire jouer après lui, c’est un régal pour nous. Ça donne de la confiance d’avoir un joueur comme ça avec soi. À titre personnel, je sais pertinemment qu’avec un tel ouvreur, je vais avoir des occasions, qu’il va me trouver les bons intervalles et nous permettre de jouer dans l’avancée. C’est assez énorme. Parfois, il est imprévisibles mais même quand il prend ce genre d’initiatives, la plupart du temps, il se débrouille très bien tout seul. »
Il ne reste désormais à Matthieu Jalibert qu’à gommer d’ultimes « péchés de gourmandise » dans les zones de marque pour effacer définitivement les derniers doutes. Un réglage minime pour un joueur qui semble plus que jamais armé pour prendre les clés du XV de France.
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