XV de France : L’appel téléphonique qui a fait basculer la vie de ce joueur australien sur son canapé

XV de France : L’appel téléphonique qui a fait basculer la vie de ce joueur australien sur son canapé

Le vendredi 23 janvier 2026 à 0:45 par David Demri

2 Commentaires

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C’est une histoire comme seul le sport peut en écrire. Tom Staniforth, un joueur de rugby australien de 31 ans qui joue à Castres depuis 2020, va bientôt découvrir le XV de France. Ce qui rend cette nouvelle incroyable, c’est qu’il y a quelques mois seulement, il pensait devoir arrêter sa carrière à cause d’une grave blessure. C’est un véritable miracle sportif qui le mène aujourd’hui vers les Bleus.

Un coup de fil surprise sur son canapé

L’appel est arrivé mardi, alors que Tom était tranquillement chez lui. Un numéro inconnu s’affiche, il décroche : c’est Patrick Arlettaz, l’adjoint de Fabien Galthié. La nouvelle tombe : il fait partie des 42 joueurs choisis pour préparer le match contre l’Irlande le 5 février.

Submergé par l’émotion, le deuxième ligne a eu du mal à réaliser.

Il s’est confié via L’équipe :

« Ce n’est pas facile d’exprimer ce qu’on ressent, de trouver les mots. » Sa première réaction a été d’appeler ses parents restés en Australie. « Mon père était heureux et fier, et aussi très surpris, il ne pouvait pas le croire. Il m’a dit que si je jouais, il ferait le déplacement avec ma mère. »

Tom a aussi partagé sa joie avec les dirigeants de son club et le staff de l’Équipe de France :

« Quand je décroche, il y a Patrick Arlettaz au bout du fil qui me dit que je suis dans les 42. Il a un accent du sud. Mais qui n’a pas d’accent ? Vous avez vu le mien, il est catastrophique. J’étais excité, heureux. C’est vraiment un moment spécial dans ma vie. Je suis tellement reconnaissant. »

Le sacrifice d’une famille et la peur de tout perdre

Reconnaissant envers Castres, il n’oublie pas que le club a pris un risque en allant le chercher. « Je remercie Castres d’avoir changé ma vie, de m’avoir recruté, alors que j’étais un simple joueur de rotation en Australie, je n’étais pas JIFF. Castres a pris un risque. » Mais c’est surtout vers sa femme que ses pensées se tournent aujourd’hui.

« Franchement, dans ma tête, à ce moment, c’est un truc incroyable. J’étais content d’être à côté de ma femme, elle a tellement fait de sacrifices pour moi, pour que j’y arrive, elle a tellement fait d’efforts, elle a accepté de me suivre, de quitter l’Australie, de changer de vie, de route. Tout ça pour moi. Je n’oublierai jamais ce qu’elle a fait durant ces derniers mois, ce fut dur, très dur. »

Le combat contre une cheville « fatiguée »

La saison dernière a été un véritable calvaire. Tom n’a pas pu jouer un seul match, bloqué par une cheville qui ne guérissait pas. Le doute s’était installé.

« J’ai eu peur pour ma carrière, concède-t-il. En mars, je me suis dit que c’était fini. Je ne voyais aucune amélioration durant la rééducation. Ma cheville continuait de me faire mal, j’ai été opéré, elle était fatiguée avec pas mal de problèmes de cartilage. Quand tu parles aux médecins, que tu échanges avec eux et qu’à un moment, il te dise qu’il va falloir peut-être penser à autre chose, à faire autre chose que du rugby. C’est dur. »

Après un rendez-vous médical de la dernière chance en Angleterre, une nouvelle solution a été trouvée :

« Je voulais avoir l’avis d’un deuxième chirurgien, c’était un peu le rendez-vous de la dernière chance. Il m’a dit que cela ne servait pas à grand-chose de refaire la même opération. Quand je suis rentré, c’était horrible, mes beaux-parents étaient là, ils ont essayé de parler d’autre chose, de trouver des sujets de conversation qui pourraient me faire penser à autre chose que le rugby. Avec les médecins, on a finalement trouvé une autre solution et ça a marché. »

Garder les pieds sur terre

Revenu sur les terrains en septembre, il refuse de s’enflammer. S’il a retrouvé sa puissance, il veut surtout aider son club avant de penser à la sélection nationale.

« Je ne sais pas. Je pense qu’il y a encore de la marge. Mais j’ai vraiment eu peur de devoir arrêter. Alors je profite de chaque match, et je ne vais pas vous mentir mais le truc le plus important pour moi, c’est samedi, c’est Bayonne, c’est un match important et on doit enchaîner après ce qu’on vient de faire au Munster. Après, je penserai à Marcoussis. »

Quant à la Coupe du Monde 2027 qui aura lieu dans son pays d’origine, il préfère sourire de la question.

« Vous me demandez si je rêve de l’Australie, mais ce n’est pas possible de rêver de la Coupe du Monde, ce serait stupide. Je viens d’apprendre que j’étais dans la liste des 42, je n’ai même pas encore joué avec cette équipe de France. »

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2 Commentaires

  1. Eddy 23 janvier 2026 at 07h- Répondre

    Ben si sa cheville tient, il y sera…
    Et d’ici là, il sera Français.

  2. Jlr 23 janvier 2026 at 13h- Répondre

    Content pour lui il le mérite.