XV de France : « Sur une autre planète », le nouveau Matthieu Jalibert prêt à écraser la concurrence

XV de France : « Sur une autre planète », le nouveau Matthieu Jalibert prêt à écraser la concurrence

Le mardi 3 février 2026 à 11:58 par David Demri

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Pur talent offensif parfois jugé trop irrégulier ou trop fragile défensivement pour s’installer durablement chez les Bleus, Matthieu Jalibert revient aujourd’hui en équipe de France et portera le n°10 contre l’Irlande ce jeudi (21h10). Plus complet, plus mature, et porté par des performances impressionnantes avec l’Union Bordeaux-Bègles, l’ouvreur girondin s’est nourri de sa période d’absence pour progresser.

Une absence en Bleu qui a servi de déclic

La dernière image de Matthieu Jalibert sous le maillot tricolore n’était pas flatteuse. Titularisé en Angleterre après la suspension de Romain Ntamack, il avait cristallisé les critiques, notamment sur son implication défensive. À sa sortie à la 67e minute, les Bleus menaient encore avant de finalement s’incliner d’un point. Un match charnière dans sa trajectoire. « J’y suis passé aussi par ces critiques-là », confie son ami et coéquipier Maxime Lucu. « Quand il y a des matchs ratés, on est vite dans le viseur en équipe de France. Ça n’a pas été facile à digérer pour Matthieu parce que moi, je bosse au quotidien avec lui. Je sais le travail qu’il met dedans et le joueur que c’est. Il a accepté le fait de passer au travers sur des matchs comme ça. Et d’accepter aussi la critique parce que c’est quelqu’un qui se remet beaucoup en question. »

À Bordeaux, l’ouvreur a alors enclenché un travail de fond. Technique de plaquage, lecture des courses adverses, engagement dans les zones de ruck: un chantier moins visible que ses inspirations offensives, mais assumé. Ses coéquipiers évoquent un joueur plus investi, plus concerné, et surtout plus constant dans les tâches de l’ombre. « Il est beaucoup plus engagé sur les plaquages et il contre-ruck maintenant », ajoute le talonneur Maxime Lamothe. « En ce moment il est sur une autre planète. Il a beaucoup bossé la technique individuelle de plaquage et ça porte ces fruits. Nous, les gros, on essaie toujours de protéger notre 10 en défense mais on est en train de voir qu’il est plus à l’aise avec la défense. »  Là où son profil était parfois résumé à ses fulgurances, il affiche désormais une volonté claire de devenir un ouvreur complet.

Toujours un attaquant d’élite… mais plus seulement

Car Jalibert n’a évidemment rien perdu de ce qui fait sa force première: l’attaque. Depuis le début de saison avec l’UBB, il aligne des statistiques dignes des meilleurs ouvreurs européens. Essais, passes décisives, défenseurs battus, mètres parcourus ballon en main: le Bordelais pèse sur toutes les lignes statistiques offensives du Top 14. Sa capacité à attaquer la ligne, à créer des décalages et à jouer après contact en fait toujours l’un des joueurs les plus imprévisibles du championnat. Mais la différence aujourd’hui se situe dans ses choix. Jalibert semble avoir élargi sa palette. « Il tend vers un jeu un peu plus complet », confirme l’entraîneur de la défense bordelaise Christophe Laussucq. Il ne cherche plus uniquement l’exploit individuel, il gère davantage le tempo, alterne occupation au pied et accélérations soudaines, et s’inscrit davantage dans la dynamique collective. Un signe de maturité qui change la perception de son profil.

Dupont-Jalibert: « Un faux débat » pour Baptiste Serin

Reste néanmoins la question qui accompagne chacune de ses réapparitions en Bleu: sa complémentarité avec Antoine Dupont. Deux profils offensifs, deux joueurs instinctifs, deux leaders techniques. Pour certains observateurs, cette association peut déséquilibrer l’équipe en la rendant trop portée vers l’attaque. Pour d’autres, elle représente au contraire une arme rare à l’échelle internationale.

Un débat que Baptiste Serin balaie presque d’un revers de main. Le demi de mêlée international, qui connaît Jalibert depuis ses débuts à Bègles, estime que le sujet est parfois surjoué. « Je pense qu’on se pose des questions là où il n’y en a pas. Quand tu as un Dupont et un Jalibert, il y a peu de charnières dans le monde qui peuvent aligner deux talents comme ça. Il y a une osmose à trouver, mais elle va être facile. Ce sont deux compétiteurs, deux mecs qui aiment le jeu et qui aiment mettre leurs coéquipiers sur orbite. »

Même son de cloche du côté du principal intéressé. Antoine Dupont, capitaine du XV de France, évoque davantage une continuité qu’un pari. « J’ai joué plein de fois avec lui, je le connais très bien. Il adore ce jeu d’attaque dans lequel je me retrouve beaucoup, donc on a pas mal de similitudes là-dedans, donc c’est facile de se trouver. Cette année, il montre à tout le monde que c’est un grand joueur. On a la même mentalité rugby. » Des déclarations qui viennent appuyer l’idée que leur association n’est pas un frein pour les Bleus.

Un ‘retour’ qui n’en est pas vraiment un selon Galthié

Car s’il est présenté comme un retour, Jalibert n’a en réalité jamais totalement disparu du paysage tricolore selon le staff. Fabien Galthié l’inscrit depuis plusieurs saisons dans son noyau d’ouvreurs identifiés. « Il a toujours été là. Ça fait maintenant six ou sept ans qu’on fonctionne avec trois ouvreurs identifiés et il en fait partie avec Thomas Ramos et Romain Ntamack. Offensivement, avec nous, il a toujours été très bon. »

Le sélectionneur rappelle toutefois que la question de la charnière est éternelle au plus haut niveau. « La compatibilité entre un 9 et un 10, c’est la question qu’on va se poser à chaque début de match. Trouver l’équilibre entre conservatisme et innovation, c’est notre savoir-faire. » Jalibert n’est pas un pari improvisé mais une option travaillée dans la durée pour Galthié même si le joueur a dû digérer les déceptions d’être écarté et a ressenti le besoin de prendre de la distance avec le XV de France lors de la tournée d’automne 2024. « C’est la haute concurrence l’équipe de France », poursuit le sélectionneur. « Un joueur doit être capable de traverser ce type de période de moments difficiles, ce que j’appelle l’ascenseur émotionnel. En sélection, il faut être prêt. Souvent je leur dis, n’importe quand, n’importe qui, n’importe où. Il faut être prêt. »

A 27 ans, l’ouvreur bordelais n’est plus dans la promesse. Il est dans la confirmation. Et si des interrogations subsistent encore, notamment sur l’équilibre parfait de la charnière avec Dupont, une chose semble acquise, le Matthieu Jalibert version actuelle n’est plus simplement un attaquant spectaculaire. L’ouvreur bordelais joue aussi une part importante de son avenir en Bleu. L’ombre de Romain Ntamack, titulaire historique quand il est disponible, plane forcément au-dessus de cette titularisation. En cas de match abouti, dans la gestion comme dans l’impact offensif, il deviendrait difficile pour le staff de le reléguer à nouveau au second plan. Plus qu’une simple opportunité, c’est une fenêtre pour s’installer durablement dans la hiérarchie, et transformer une concurrence annoncée en véritable casse-tête pour le sélectionneur.

Via RMC Sport

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7 Commentaires

  1. Le gaulois 3 février 2026 at 13h- Répondre

    C’est le meilleur !!!

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    • Olive91 3 février 2026 at 14h- Répondre

      Oui c’est le meilleur.Ca ne date pas d’aujourd’hui !Son registre est large avec attrait du jeu feu follet d’attaque.Cela devant ajouter des gamins ds les écoles de rugby.qui porteront son maillot.voulant l’imiter….

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  2. Rct champion 3 février 2026 at 13h- Répondre

    Jalbert ? Il va prendre une cartouche par un troisième ligne irlandais et on ne le verra plus ! C est écrit !

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    • Tachoires 3 février 2026 at 13h- Répondre

      Et surtout ça va être opération porte ouverte

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      • Alcooliqueanonime 3 février 2026 at 14h- Répondre

        Toujours amoureux on dirait

  3. RugbyOuest 3 février 2026 at 14h- Répondre

    @Tachoires => Jalibert n’est probablement pas le meilleur défenseur, l’année dernière la grosse erreur du sélectionneur, c’est de ne pas compensé avec un centre exceptionnellement bon en défense… Cette année, c’est compensé avec Deportere, comme ça l’est à l’UBB. L’année dernière, j’ai aussi trouvé génant dans le jeu les dézonages de Dupont qui parasitaient le jeu en jouant une sorte de 9 et demi. Moi ce que j’aime sur les 10, c’est leur capacité à ouvrir le jeu et à faire jouer, pour ça Jalibert est probablement un des 2 ou 3 meilleur joueur au monde à son poste actuellement. Si j’ajoute en plus les déclarations de Ntamack + Galthié avant le tournoi qui l’ont mis dans des conditions pas ouf et pas de soutiens compensant son point faible, tu avais tout pour annoncer un tournoi très moyen pour le joueur. La plèbe l’a désigné coupable, alors qu’en prenant un peu de hauteur, c’est le système de jeu à l’arrière qui n’était pas au niveau…

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  4. Good Game 3 février 2026 at 15h- Répondre

    On espère un grand Jalibert, un grand Serin, un grand Dupont, un grand Cros, un grand Ollivon, un grand Guillard
    Tous derrière notre équipe

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