Yann Roubert ferme la porte à une mesure réclamée par les joueurs du Top 14

Yann Roubert ferme la porte à une mesure réclamée par les joueurs du Top 14

Le lundi 15 juin 2026 à 20:24 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT
Suivre Blog RCT sur Google

Publicité

Le débat autour du salary-cap continue d’agiter le rugby français. Ces dernières semaines, le président de Provale, Malik Hamadache, s’est prononcé en faveur de l’instauration d’un « marquee player », un dispositif permettant à chaque club de sortir un joueur du calcul de sa masse salariale.

Une proposition qui ne convainc pas Yann Roubert. Le président de la Ligue Nationale de Rugby a expliqué pourquoi il restait opposé à cette évolution.

Yann Roubert rappelle que le sujet a déjà été étudié

Le patron de la LNR assure que cette idée a déjà été débattue par les présidents de clubs.

Il s’est confié dans les colonnes de L’équipe

« Ce sujet n’est pas nouveau. Il est encore entré dans les débats cet automne mais il avait assez vite été évacué et refusé par les présidents. Le marquee player existe à l’étranger. Mais est-ce que ça rend le Championnat d’Angleterre meilleur que les autres ? Je ne suis pas sûr qu’eux-mêmes en soient si convaincus. Chez nous, beaucoup jugent que ce n’est pas dans l’esprit du rugby. »

Un changement de position assumé

Yann Roubert reconnaît avoir été favorable à cette mesure lorsqu’il dirigeait encore le LOU Rugby.

« Oui, effectivement, je l’avais envisagé il y a une dizaine d’années. J’avais sans doute l’espoir de recruter Beauden Barrett, et que mes actionnaires soient aussi disposés à une telle perspective. »

L’ancien président de Clermont l’a fait changer d’avis

Le dirigeant explique avoir été convaincu par plusieurs présidents historiques du rugby français.

« Éric de Cromières, comme d’ailleurs Laurent Marti, était fondamentalement opposé à ce principe du marquee player. Il m’avait convaincu, à une époque où on craignait un risque de triche, en disant : « Tu peux payer 2 millions d’euros un joueur qui en redonnera 500 000 à un autre. C’est très dur à contrôler et à réguler. » Il y a aussi un problème d’équité entre les joueurs. »

Pour Yann Roubert, cette réforme ne concernerait finalement qu’une poignée de joueurs.

« Là où Malik a raison, c’est que les différences de salaires sont déjà connues dans les vestiaires. Est-ce que cela mérite pour autant une telle évolution pour seulement cinq à dix joueurs ? Je n’en suis pas si sûr. Ça doit être tranché de manière collective pour le bien de l’ensemble du rugby professionnel. »

Le Top 14 n’a pas besoin de ce système pour attirer des stars

Le président de la Ligue estime que le championnat français domine déjà largement la concurrence.

« Je ne sais pas si on est le meilleur Championnat du monde mais on est de très loin celui qui attire le plus de monde dans les stades, le plus de téléspectateurs, le plus de sponsors, le plus de revenus et qui distribue le plus à ses clubs et à ses joueurs en termes de masse salariale. »

Selon lui, l’arrivée de quelques stars supplémentaires ne justifie pas un changement de modèle.

« A-t-on vraiment besoin d’un changement de système pour que trois, quatre ou cinq stars de plus viennent en Top 14 plutôt qu’au Japon ou en Angleterre ? Je me réjouis que les stars soient françaises et que les Real Madrid, Barcelone, Arsenal, Manchester City, le Bayern Munich ou le PSG du rugby soient quasiment tous en Top 14. »

Yann Roubert défend le principe de solidarité

Face à ceux qui estiment que certains joueurs mériteraient de gagner davantage, Yann Roubert rappelle que les meilleurs éléments disposent déjà de nombreuses opportunités.

« Les meilleurs joueurs ont déjà les moyens de gagner beaucoup d’argent parce qu’ils ont accès à toutes les entreprises qui ne sont pas parties liées de leur club. »

Le président de la LNR estime surtout que le système actuel protège l’ensemble du rugby professionnel français.

« Effectivement, certains pourraient prétendre à plus s’ils évoluaient dans un autre sport ou avec un autre système. Mais ce principe de solidarité est prépondérant car il permet de faire vivre un écosystème de 2 000 joueurs. »

Il conclut en rappelant l’importance de préserver l’intérêt collectif.

« On parle de joueurs qui gagnent déjà beaucoup d’argent. Et c’est tant mieux parce qu’ils le méritent. Merci à eux d’être solidaires. Le salary-cap est contraignant pour certains mais chacun doit être conscient de l’intérêt général. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

0 Commentaire