Yannick Jauzion se confie sur la montée en puissance des trois-quarts centres en équipe de France
Yannick Jauzion se confie sur la montée en puissance des trois-quarts centres en équipe de France
Le mercredi 4 mars 2026 à 11:13 par David Demri
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Dans le rugby français, il est des noms qui ne s’effacent jamais, même treize ans après avoir quitté le terrain. Yannick Jauzion est de ceux-là. Depuis qu’il a raccroché les crampons un soir de mai 2013, celui que l’on surnommait le « Platane » s’est retiré loin de l’agitation médiatique pour cultiver du ginseng.
Pourtant, dès qu’un jeune joueur de centre transperce une défense avec élégance, son nom ressurgit immédiatement dans toutes les discussions.
Un modèle de perfection devenu une étiquette
À chaque génération, on cherche le « nouveau Jauzion ». Ce fut le cas pour Gaël Fickou à ses débuts, puis pour Nicolas Depoortere ou plus récemment Fabien Brau-Boirie.
Pour Rémi Lamerat, qui a lui-même été comparé à la légende, ce compliment est à double tranchant.
« Quand tu es jeune et que les spécialistes comparent ton style de jeu à une légende de ton poste comme Yannick, qui plus est au top niveau de sa carrière, forcément que ça te fait plaisir », explique-t-il dans L’équipe, tout en nuançant : « Après, ça peut avoir tendance à te biaiser l’esprit. Même si un jeune joueur doit s’approcher d’un modèle, il doit faire avec son caractère, son style, sa personnalité. À trop vouloir désigner un joueur comme le futur untel ou untel, je trouve qu’on en délaisse un peu ce qui fait sa patte. »
Pourquoi Jauzion reste-t-il l’unique référence ?
Si Jauzion occupe une place si particulière, c’est parce qu’il réunissait des qualités rarement vues chez un même homme. Avec son physique impressionnant (1,93 m pour 107 kg), il était capable de briser les plaquages, mais ce sont ses mains et sa vision de jeu qui ont marqué l’histoire. Il jouait toujours la tête haute, cherchant le partenaire démarqué.
Yann Delaigue, son ancien coéquipier, se souvient :
« Yannick se démarquait parce qu’il avait cette étiquette du trois-quarts physique, capable de passer les bras, de faire jouer après lui. »
Pour Lamerat, c’était là sa plus grande force :
« C’était ce pour quoi il était la référence mondiale à ce poste : le jeu vivait toujours après lui. »
Le regard du « Platane » sur la relève dorée
Aujourd’hui, le réservoir français au poste de centre est exceptionnel. Yannick Jauzion observe ces jeunes talents avec beaucoup de bienveillance.
Pour lui, la réussite actuelle vient de la formation commune et de l’émulation entre les joueurs :
« Il y a beaucoup de jeunes talentueux et prometteurs à ce poste. Pendant quelques années, on a recherché de la complémentarité entre les centres, et on ne la trouvait pas forcément. Là, ce sont des jeunes qui ont déjà l’habitude du haut niveau, de jouer ensemble, par exemple dans les équipes de France jeunes. On voit qu’ils se challengers à distance quand ils jouent les uns contre les autres sur les terrains du Championnat. »
Selon l’ancien international, le rôle de centre est devenu l’un des plus complets du rugby moderne :
« Premier ou second centre, ce sont des postes complets. On a besoin d’être bon en attaque, en défense, de savoir organiser le jeu. Ça suit l’évolution globale du rugby avec la vitesse et l’engagement. Et chacun apporte sa touche personnelle. »
Une touche personnelle que Jauzion a portée si haut que, même une décennie plus tard, son souvenir continue de faire rêver les amateurs de beau jeu.
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