Les secrets croustillants de Clermont concernant le recrutement de Christophe Urios
Les secrets croustillants de Clermont concernant le recrutement de Christophe Urios
Le jeudi 15 janvier 2026 à 22:11 par David Demri
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Il y a trois ans jour pour jour, un épisode singulier a changé le destin de Clermont. À la recherche d’un successeur au technicien en place, le club a choisi Christophe Urios. Une décision prise dans l’urgence, au cœur d’un hiver mouvementé, alors que l’équipe cherchait un nouveau cap.
L’histoire retiendra que le scénario qui a conduit à la signature du manager Christophe Urios n’a rien d’un recrutement classique. Alors que l’équipe s’envolait pour l’Afrique du Sud, le club se retrouvait sans entraîneur principal. La transition s’est opérée à distance, dans un silence inhabituel, et l’intérim était assuré du bout du monde le temps de finaliser le dossier en interne.
La Montagne revient sur le recrutement de Christophe Urios, il y a trois ans.
À l’époque, le marché des techniciens disponibles était restreint. Les dirigeants ont multiplié les pistes avant que le nom d’Urios ne s’impose. C’est un ancien vice-président très influent, Jean-Pierre Romeu, qui joue alors un rôle décisif en proposant directement la candidature de l’ex-manager bordelais.
« Quand je lui ai demandé si ça ne l’intéresserait pas de venir à Clermont, il m’a dit “Écoute Jean-Pierre, l’ASM, ça ne se refuse pas”. Deux jours plus tard, je partais avec le président le rencontrer » déclare Jean-Piere Romeu via La Montagne.
La rencontre clé se déroule dans un restaurant discret à mi-chemin entre Clermont et Bordeaux, du côté de Périgueux. Le contact passe.
Jean-Pierre Romeu raconte :
« On avait parlé pendant toute la matinée, rembobine Jean-Pierre Romeu qui remplissait là sa dernière mission pour le club montferrandais en tant que dirigeant. Christophe avait fait bonne impression au président qui, à notre retour, avait proposé son nom au conseil d’administration. Conseil d’administration qui avait alors donné son aval. »
Le conseil d’administration valide. Le club officialise son nouveau coach avec un contrat assorti d’une option.
Avec Urios arrive aussi une rupture assumée. Le club rompt avec l’image policée de son histoire récente pour afficher plus de caractère et d’exposition. Le nouvel homme fort assume son style : « J’ai un fonctionnement où je suis plutôt cash. Sans manquer de respect à personne… Mais comme le disait Jean Cocteau : “Ce que l’on te reproche, cultive-le, parce que c’est toi”. Je suis comme ça. Et je ne serai pas un mou demain. »
Sur le terrain, le chantier est immense. L’état d’esprit, les fondamentaux et l’identité de jeu sont définis comme les trois priorités du projet. Trois ans plus tard, si tout n’est pas encore stabilisé, Clermont a retrouvé de la densité chez ses avants et une capacité à défendre un rugby plus direct, dans la lignée du profil du coach.
Le manager reconnaît d’ailleurs avoir été surpris par l’état de l’équipe à son arrivée. Lors d’un échange public, il confiera : « Clermont a toujours été une équipe qui travaillait beaucoup sur le terrain… Quand je suis arrivé ici, je me suis rendu compte qu’il y avait un monde d’écart avec ce que je voyais à la télé. À Bordeaux, par exemple, on travaillait plus qu’à Clermont. »
Sur le plan comptable, le club a retrouvé les phases finales la saison dernière, après plusieurs années de frustration. Le taux de réussite du technicien est également supérieur à celui de son prédécesseur. Un élément non négligeable dans un environnement qui ne pardonne pas la stagnation.
Signe fort, le président a récemment réaffirmé publiquement sa confiance envers son manager : « Je le dis très officiellement : j’ai totalement confiance dans l’équipe, aussi bien les joueurs que le staff. »
Trois ans après un recrutement mené dans un restaurant de province, l’histoire se poursuit encore aujourd’hui en Auvergne.
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