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Mathieu Raynal peste contre les changements de règles dans le rugby : « On ne peut pas changer sans cesse ! »

Mathieu Raynal peste contre les changements de règles dans le rugby : « On ne peut pas changer sans cesse ! »

Le vendredi 27 février 2026 à 21:49 par David Demri

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Au lendemain du salon « Shape of the Game » organisé par World Rugby, Mathieu Raynal, co-responsable de l’arbitrage français est revenu sur ce sommet, au cours duquel sont discutées les évolutions du jeu.

Sommet dans lequel les représentants français ont exposé et défendu leur vision du rugby.

Mathieu Raynal, qu’est-ce que vous retenez de ce « Shape of the Game »?

On revient avec la satisfaction d’avoir été écoutés, entendus et soutenus dans la vision que nous avons de l’intérêt général de notre sport. World Rugby a créé les conditions de cet échange et ils ont fait preuve d’une qualité d’écoute qui est à mettre au crédit de Brett Robinson et de son équipe. C’est une vraie force pour l’avenir du rugby de réunir plus de 200 personnes issues de toutes les fédérations du monde afin de trouver des consensus.

Comment se déroule ce salon? Ce sont des débats, des tables de discussions?

Le mardi, c’est une séance plénière à laquelle tous les participants prennent part. World Rugby présente l’ensemble des travaux qu’ils ont menés et les différentes orientations qu’ils souhaitent prendre. Le mercredi, on se sépare dans les différentes commissions où on a des débats plus animés qui donnent lieu à des conclusions qui sont restituées le jeudi pour en reparler collectivement. La suite appartient au Board de World Rugby qui validera et communiquera sur les orientations prises dans son comité directeur en juin.

Vous avez pu exposer toutes vos observations?

On avait énormément travaillé en amont. Les équipes de la FFR avaient analysé avec beaucoup de minutie les 400 pages de documents envoyés par World Rugby sur les résultats de leurs études. On avait donc un argumentaire très précis sur plusieurs points que nous avons exposé.

Vous sentez qu’il y a un changement dans le poids de la France dans les discussions sur la scène internationale?

C’était une volonté forte de Florian Grill. Je pense qu’on ne peut le faire qu’en travaillant de manière constante avec World Rugby comme on le fait depuis 2 ans. Ça demande beaucoup de présence dans les commissions, ça nous pousse à être force de proposition et, tout en respectant la vision des autres, ça nous amène à défendre nos positions avec beaucoup de conviction.

Au-delà de ce travail, notre force vient aussi de l’unité affichée par la LNR et la FFR. Il y a par exemple eu lors de ce sommet, une présentation du modèle d’organisation de notre rugby en France, de l’école de rugby à l’équipe de France, en passant par les clubs professionnels. Ce sont Yann Roubert (président de la LNR) et Jérémy Lechat (Directeur général de la FFR) qui s’en sont chargés. C’était en dehors des heures de réunion, de 8h à 8h30 du matin et les gens étaient libres d’y venir ou pas. On s’est retrouvés avec presque 200 personnes dans la salle.

Et World Rugby est à l’écoute?

Oui et on les remercie pour l’ouverture dont ils font preuve. On échange énormément avec eux, on partage beaucoup de données sur nos travaux, on expérimente des règles dans nos championnats. Donc ils voient que l’on travaille. Et ils savent aussi que l’on restera très attentif à la préservation de l’intérêt général de notre sport

Vous aviez aussi beaucoup communiqué en amont, sur les sujets sur lesquels vous étiez en désaccord. Ça a eu du poids?

Il y a certains sujets dont la communauté rugby et ses fans doivent aussi s’emparer. Le rugby de demain concerne tout le monde. Si des principes fondamentaux de notre sport peuvent être abimés c’est l’affaire de tous. Communiquer pour que les gens qui aiment ce sport aient conscience des enjeux nous semblait important.

Et a priori, il n’y aura pas de révolution dans les règles à la sortie de ces discussions?

Le processus institutionnel est assez long et suit son cours. Nous avons exposé nos visions notamment sur les phases de conquête, sur la sécurité et sur la philosophie générale. Ce sont parfois de petites victoires mais qui ont une importance pour le futur.

Avant le Shape of the Game, la philosophie parlait de « récompenser l’attaque » et pour nous ça ne respectait pas le principe d’équité. La défense et l’attaque doivent avoir les mêmes chances de lutter pour la conquête du ballon. Aujourd’hui dans la philosophie générale que World Rugby souhaite appliquer aux règles du jeu, apparaissent « sécurité des joueurs », la notion de « contest » et donc d’équité dans la lutte et ensuite la « continuité du jeu ». A chaque fois qu’une nouvelle règle sera poussée à l’avenir, on fera donc référence à cette philosophie générale. Vous comprenez bien que si elle n’avait pas été modifiée elle représentait un potentiel souci pour l’avenir.

Et sur le carton rouge?  On sait que vous n’êtes pas favorables à la quasi-disparition du rouge définitif dans les rencontres…

Il y a eu énormément de débats là-dessus. On a aussi exposé notre vision, on l’a argumentée, elle a été partagée par bon nombre de fédérations et il reviendra à World Rugby de décider ce qu’ils feront. S’ils poursuivent l’expérimentation, on sera attentifs à ce qui sera rajouté ou supprimé dans cette expérimentation afin respecter les discussions qui ont eu lieu et les positions qui se sont dessinées lors du Shape of the Game.

Il y avait également la question du temps passé en conquête (mêlée et touche) que veulent réduire les Nations du Sud?

On est allés à Londres pour défendre des positions mais aussi pour écouter l’avis des autres. On sait qu’ils ont cette volonté-là, de continuité du jeu, d’un jeu plus rythmé. On n’a jamais dit qu’on était contre. Nous sommes aussi pour un rugby très spectaculaire, on ne veut simplement pas que la continuité du jeu se fasse au détriment de la sécurité des joueurs ou de l’équité dans la lutte. À partir du moment où cet ordre de principe-là est respecté, on est très favorables à discuter de la continuité du jeu.

Et vous travaillez à des propositions?

Oui on s’est déjà réunis avec les entraîneurs de Top 14 et de Pro D2 mercredi soir pour un groupe de travail afin d’évoquer tous les points sur lesquels on pouvait améliorer le rythme des matchs. Ils sont venus avec beaucoup de propositions. Ça nous permet, en amont de notre propre « Shape of the Game » français, qui aura eu lieu le 13 mars à Marcoussis, d’arriver déjà avec pas mal d’idées et de données.

Est-ce que vous n’avez pas le sentiment qu’avec toutes ces nouvelles règles qui émergent chaque année, il y a un risque de perdre le spectateur?

Oui, c’est le débat. Ils sont enclins à modifier certaines règles pour rendre notre sport plus attractif et pour gagner de nouveaux spectateurs. Mais ce que leur ont expliqué Florian Grill et Yann Roubert c’est qu’en France, on a un modèle qui fonctionne tel qu’il est et qui fonctionne même très bien. Il faut être vigilant parce qu’on a un sport qui est complexe et qui a besoin d’évoluer, il y a donc une vraie nécessité de réfléchir en permanence dessus. Mais il ne faut pas oublier de rechercher une certaine stabilité. Chaque fois qu’on poussera une règle à l’avenir, il faudra qu’elle réponde à un des principes fondamentaux de notre sport qui est la sécurité, l’équité ou la continuité du jeu.

On ne peut pas sans cesse changer pour changer, il faut que ça ait un vrai intérêt pour le jeu, il faut que ça soit argumenté, il faut qu’on ait des datas dessus et il faut qu’il y ait un consensus de l’ensemble des nations. Ce n’est qu’à ce prix-là qu’on trouvera le juste équilibre.

Via RMC Sport


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. GéGé 28 février 2026 at 05h- Répondre

    entièrement d’accord avec lui

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  2. Bougnatix 28 février 2026 at 10h- Répondre

    Il a raison . C’est Bruxelles qui s’occupe du rugby aussi ? … pour notre plus grand malheur.