Fickou et Ramos prennent une décision forte : « Le seul risque que je prends, c’est d’être mauvais et de me faire critiquer »
Fickou et Ramos prennent une décision forte : « Le seul risque que je prends, c’est d’être mauvais et de me faire critiquer »
Le vendredi 7 août 2026 à 7:56 par David Demri
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À 32 ans pour l’un, 31 ans pour l’autre, Gaël Fickou et Thomas Ramos auraient pu choisir la voie la plus simple. Continuer dans un environnement qu’ils connaissent parfaitement, entourés de repères, avec un statut déjà solidement installé. Pourtant, les deux internationaux français ont pris une décision qui va profondément bouleverser leur carrière.
Fickou a quitté le Racing 92 pour revenir au Rugby Club Toulonnais, là où son histoire avait commencé sans jamais vraiment s’écrire chez les professionnels. Ramos, lui, rejoindra le Racing 92 en 2027 après plus de quinze années passées au Stade Toulousain, son club de toujours.
Deux trajectoires très différentes. Mais une même volonté : continuer à avancer plutôt que s’installer dans le confort.
Deux choix qui vont à contre-courant
Dans le rugby moderne, les joueurs qui approchent de la trentaine privilégient souvent la stabilité. Après des années au plus haut niveau, beaucoup cherchent un environnement maîtrisé afin de prolonger leur carrière dans les meilleures conditions.
Fickou et Ramos ont fait le choix inverse.
Le premier abandonne son statut de leader installé au Racing pour retrouver une terre où les attentes seront immenses.
Le second quitte le club dont il est devenu l’un des symboles les plus forts pour repartir presque de zéro dans un nouveau projet.
Deux décisions qui traduisent une même ambition : continuer à se challenger.
Gaël Fickou revient là où tout avait commencé
Le retour de Gaël Fickou à Toulon possède une dimension particulière.
Originaire de La Seyne-sur-Mer, formé dans le Var, il avait pourtant quitté le RCT à seulement 18 ans pour rejoindre Toulouse.
À l’époque, Toulon possédait un effectif rempli de stars internationales et les perspectives de temps de jeu étaient limitées.
Avec le recul, l’international français assume totalement cette décision.
Il l’expliquait récemment à Var-Matin :
« J’étais très loin dans la hiérarchie. J’aurais beaucoup moins joué. Au vu de l’ambition que j’avais de performer très tôt, j’ai choisi de partir. »
Un choix qu’il ne regrette toujours pas.
Il poursuit :
« À Toulouse, j’ai matché directement. Ce choix, il n’y a pas à le contester. Je me suis régalé là-bas. Je pense que c’était le mieux pour m’épanouir et avoir la carrière que j’ai. Même si je sais que ça ne fait pas plaisir aux supporters, si c’était à refaire, je referais la même chose. La vérité est celle-ci. Je ne regrette rien. »
Un joueur qui ne voit plus le rugby de la même manière
Quatorze ans plus tard, le contexte est totalement différent.
Le Rugby Club Toulonnais s’est profondément transformé et Fickou revient avec une expérience immense acquise à Toulouse, au Stade Français, au Racing 92 et en équipe de France.
Surtout, il estime avoir changé dans sa manière d’aborder son métier.
Il explique désormais analyser le rugby avec davantage de recul :
« Je vois ce sport comme un jeu d’échecs, une stratégie d’usure. Et puis, en tant qu’humain, je suis affirmé. Je sais qui je suis, le rôle que j’ai, ce que je peux apporter. Je connais mes forces et mes fragilités. »
Cette maturité explique aussi son retour.
Il sait que les attentes seront énormes sur la Rade.
Mais cela ne l’effraie pas.
Il l’assume pleinement :
« Le seul risque que je prends, c’est d’être mauvais et de me faire critiquer. Mais ça, c’est la vie. »
Au-delà du projet sportif proposé par Pierre Mignoni, ce retour lui permet également de retrouver sa famille, ses proches et un environnement auquel il reste profondément attaché.
En toile de fond, une autre ambition apparaît : retrouver rapidement le XV de France après avoir manqué le dernier Tournoi des Six Nations.
Thomas Ramos quitte le cocon toulousain
Le choix de Thomas Ramos est différent, mais tout aussi fort.
L’arrière international aurait facilement pu terminer sa carrière au Stade Toulousain.
Formé au club, devenu l’un des leaders du vestiaire, multiple champion de France et d’Europe, meilleur réalisateur de l’histoire du XV de France, il incarnait parfaitement la génération dorée toulousaine.
Son départ vers le Racing 92 constitue donc une véritable rupture.
Il renonce à un environnement où tout lui était familier.
Au Racing, il ne sera plus simplement un enfant du club.
Il deviendra la tête d’affiche d’un nouveau projet.
Une prise de risque assumée
Sportivement, le défi est immense.
À Toulouse, Ramos bénéficiait d’automatismes construits depuis plus de quinze ans avec ses partenaires.
Il possédait une relation privilégiée avec le public et évoluait dans un système parfaitement adapté à ses qualités.
Tout cela devra être reconstruit.
Le Racing, de son côté, compte faire de lui le nouveau leader de son projet sportif.
Après les départs de plusieurs cadres, le club francilien souhaite bâtir une nouvelle dynamique autour de l’international français.
Ramos y trouvera également davantage d’opportunités pour évoluer régulièrement à l’ouverture, un poste qu’il affectionne particulièrement.
Une génération qui refuse de s’installer
Les parcours de Gaël Fickou et Thomas Ramos racontent finalement la même histoire.
À un moment où beaucoup auraient privilégié la sécurité, ils ont choisi de se remettre en question.
L’un revient dans son club de cœur en sachant que la moindre contre-performance sera scrutée.
L’autre quitte le club de sa vie pour écrire un dernier grand chapitre ailleurs.
Dans les deux cas, le risque est réel.
Mais ces choix traduisent aussi une ambition intacte.
À plus de trente ans, ni Fickou ni Ramos ne semblent vouloir vivre sur leurs acquis. Ils préfèrent continuer à se mettre à l’épreuve, persuadés que c’est encore le meilleur moyen de progresser… et de rester au plus haut niveau à l’approche de la Coupe du monde 2027.
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