Judicaël Cancoriet se livre sur son enfance, ses blessures et son arrivée au RCT

Judicaël Cancoriet se livre sur son enfance, ses blessures et son arrivée au RCT

Le jeudi 13 août 2026 à 9:12 par David Demri

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Avant de s’engager jusqu’en 2029 avec le Rugby Club Toulonnais, Judicaël Cancoriet a construit son parcours loin des projecteurs. Né à Sarcelles, passé par Massy, Clermont puis La Rochelle, le troisième ligne arrive sur la Rade avec une solide expérience du très haut niveau.

Derrière ce joueur réputé discret se cache aussi une histoire marquée par des souvenirs difficiles, un profond attachement à son club formateur et une détermination qui ne l’a jamais quitté.

Des débuts à Sarcelles entre passion du sport… et premières blessures

Le jeudi 25 avril 1996, « Judi » voit le jour à Sarcelles.

Très vite, le jeune garçon, « un peu plus costaud » et « un peu plus grand que les autres », découvre plusieurs disciplines comme le judo et le karaté avant de trouver sa voie dans le rugby.

Mais son enfance sportive est aussi marquée par des épisodes qui le feront grandir beaucoup trop tôt comme il l’explique pour Var-matin :

« Je me rappelle qu’au judo, certains parents ne voulaient pas que je tourne avec leurs enfants. Alors que pourtant, on avait le même âge. Et même plus tard au rugby, à la fin des matches, certains nous demandaient, avec Sekou [Macalou, joueur du Stade français également formé à Sarcelles, Ndlr], nos licences pour vérifier nos âges. C’est super violent et blessant. Nous, on jouait juste à un jeu où on était censés s’amuser. C’est choquant même si, au fond, ça te force à grandir et à découvrir la réalité des choses. »

Les repas du mardi, un souvenir aussi fort que les premiers titres

Si certaines images restent douloureuses, d’autres continuent d’illuminer son visage lorsqu’il évoque Sarcelles.

Avant même les victoires, ce sont des moments de vie qui lui reviennent.

« Le repas du mardi, gratuit, à la maison du rugby. »

Une initiative qui dépassait largement le simple cadre sportif.

« C’était une initiative du club… et c’était génial. Ça permettait de rester avec les copains. On pouvait profiter ensemble, manger un morceau et surtout rigoler. Avec le recul, c’était hyper enrichissant pour nous tous. »

Les premiers succès ont ensuite renforcé cet attachement.

« Le premier titre avec Sarcelles, champion du Val-d’Oise, c’était quelque chose ! On était en poussins je crois… mais c’était fou. On jouait quand même des gros clubs du 95 et réussir à ramener ce petit bouclier et une médaille chacun, c’était vraiment cool. »

Même la natation n’a pas réussi à l’éloigner du rugby

À mesure que les entraînements s’enchaînent, les blessures et les vêtements sales finissent par inquiéter sa mère.

Elle tente alors de lui proposer une toute autre discipline.

« À un moment donné, elle en a eu marre. Que ce soit les tournois, affaires sales, les blessures, les coups, le fait de me voir par terre dans les rucks… Elle m’a demandé si je ne voulais pas faire de la natation. »

La réponse du jeune Sarcellois est immédiate.

« Refus catégorique de mon côté. À ce moment-là, j’avais dix ou onze ans et surtout aucune envie d’aller nager dans un bassin… et encore moins d’arrêter le rugby. Alors j’ai lavé mes affaires (sourire) et j’ai continué. »

Un choix qui le mènera successivement au Pôle Espoir de Lakanal, à Massy, où il dispute ses premiers matches professionnels à seulement 18 ans, puis à Clermont. Avec l’ASM, il décroche notamment le titre de champion de France en 2017 face… au Rugby Club Toulonnais.

Le maillot des Bleus qui restera toujours à part

Quelques mois après ce Bouclier de Brennus, Judicaël Cancoriet découvre le XV de France.

Sa première sélection contre la Nouvelle-Zélande demeure l’un des moments les plus forts de sa carrière, notamment grâce à un détail très particulier.

« On jouait avec la nouvelle génération de maillots, C’est-à-dire avec nos noms inscrits dessus, mais aussi celui des clubs de toute la France. Et de voir Sarcelles sur le mien… c’était fou. C’est un maillot qui compte encore plus que d’autres. »

Ce maillot occupe encore aujourd’hui une place très particulière dans sa famille.

« J’en ai donné un à ma mère, parce qu’il y a son nom dessus, et j’ai gardé l’autre. »

Un « nouveau challenge » sur la Rade

Après son passage à Clermont, puis deux saisons à La Rochelle, Judicaël Cancoriet était en quête d’un « nouveau challenge ».

Il débarque aujourd’hui à Toulon avec sa femme et leur fille Ellia, fort d’une expérience acquise au plus haut niveau.

À bientôt 30 ans, celui qui estime avoir « déjà atteint tous ses objectifs très tôt dans sa carrière » entame un nouveau chapitre sous les couleurs rouge et noire.

Réputé pour son sérieux, sa polyvalence et son sens du collectif, le troisième ligne possède désormais une nouvelle ambition : mettre son expérience au service du Rugby Club Toulonnais et s’imposer comme l’un des hommes de confiance de Pierre Mignoni.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Max083 13 août 2026 at 09h- Répondre

    Certainement la bonne pioche de l’année !!
    Bonne saison Judicaël

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