Maxime Petitjean : « Ce parcours, je le dois à Toulon et en particulier à Patrice Collazo »
Maxime Petitjean : « Ce parcours, je le dois à Toulon et en particulier à Patrice Collazo »
Le samedi 15 août 2026 à 17:25 par David Demri
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En quelques saisons, Maxime Petitjean est devenu une référence dans le domaine du jeu au pied.
Désormais entraîneur du Rugby Club Toulonnais et du XV de France, le technicien continue pourtant de remettre son travail en question. Son objectif : ne jamais tomber dans la routine et poursuivre sa progression.
Une méthode qui évolue en permanence
Après six saisons passées sur la Rade, Maxime Petitjean est convaincu d’une chose : un entraîneur ne peut pas proposer les mêmes contenus année après année.
Pour maintenir l’intérêt des joueurs, il estime indispensable d’innover constamment.
Le technicien explique via Midi Olympique pourquoi il cherche sans cesse à renouveler ses séances.
« Sur mon approche tactique et ma façon d’amener mes exercices. Cela fait six ans que je suis à Toulon : si je répétais toujours les mêmes ateliers, les joueurs se lasseraient. Il faut apporter de la nouveauté. Aussi, je ne me cantonne pas au jeu au pied : j’interviens aussi sur les trois-quarts. Ces trois dernières années, Andrea (Masi) me laissait beaucoup la main sur les situations de surnombre ou des compétences hors kicking.
Cette saison, Franck Azéma m’accorde encore plus de responsabilités : nous échangeons énormément sur les lancements de jeu, les lancements après mêlée et la conception des séances. C’est capital pour mon développement de coach global, et ça nourrit directement ma spécialité. J’ai la chance d’avoir côtoyé des managers de très haut niveau depuis mes débuts à Toulon — de Patrice Collazo qui m’a fait venir, jusqu’à Pierre Mignoni et Franck. J’essaie de picorer le meilleur partout. Mon objectif est d’être le meilleur dans mon domaine, que ce soit avec Toulon ou le XV de France, et toutes ces expériences m’enrichissent énormément. »
S’inspirer des autres sports
Cette volonté de progresser ne se limite pas au rugby à XV.
Petitjean n’hésite pas à observer d’autres disciplines pour enrichir son approche, une habitude qu’il a notamment développée aux côtés de Frédéric Michalak.
Le coach toulonnais raconte où il puise aujourd’hui ses nouvelles idées.
« J’avais beaucoup échangé avec Fred Michalak lorsqu’il entraînait avec moi à Toulon. Il s’inspirait énormément du rugby à XIII et de l’AFL (football australien) et m’avait montré des choses très enrichissantes. Pendant la tournée en Australie, j’ai vu mes premiers matchs de XIII en vrai. C’est intéressant d’observer leur gestion de la cinquième tenue, où le coup de pied est obligatoire : il y a des astuces, surtout près des zones de marque, dont je vais m’inspirer. L’AFL est une mine d’or, particulièrement pour travailler les réceptions de ballons hauts, un secteur sur lequel je bosse aussi beaucoup à Toulon. »
Toulon, le meilleur terrain d’apprentissage
Son passage chez les Bleus lui a confirmé que sa méthode pouvait fonctionner au plus haut niveau.
Mais Maxime Petitjean rappelle que tout ce qu’il a construit en sélection est directement issu de son travail quotidien avec le Rugby Club Toulonnais.
Le technicien estime que son expérience sur la Rade lui a permis d’aborder sereinement le très haut niveau international.
« La manière dont je travaille à Toulon fonctionne bien, donc je n’ai pas voulu dénaturer mon approche en sélection. Au RCT, j’ai la chance de côtoyer au quotidien des joueurs de classe mondiale comme Melvin Jaminet, Baptiste Serin, Tomás Albornoz ou Paolo Garbisi. Avec le XV de France, on franchit encore un cap, mais le très haut niveau reste similaire. La grande différence, c’est qu’en club, on doit aussi développer de jeunes joueurs. En sélection, tu n’es pas là pour former des joueurs de cette classe : on est exclusivement dans le réglage de micro-détails. Et puis, je ne suis pas arrivé les mains dans les poches non plus. Avant le rassemblement, j’avais analysé le jeu de chaque joueur. Dès les premiers échanges, quand je leur citais une situation bien précise sur un match récent pour leur montrer ce qui pouvait être ajusté, ils ont compris que j’avais bossé mon sujet, j’étais plus crédible. »
Le fruit de plusieurs années de travail
Derrière cette ascension, Maxime Petitjean n’oublie pas le chemin parcouru.
Avant de rejoindre définitivement Toulon, il multipliait les allers-retours entre Aurillac et la Rade, convaincu que ces sacrifices lui permettraient de progresser.
Aujourd’hui encore, il mesure le chemin accompli.
« Évidemment, c’est une grande fierté pour moi et pour ma famille. Mais je n’ai jamais voulu brûler les étapes. Je me souviens que sur la saison 2020-2021, je faisais les allers-retours chaque semaine entre Aurillac et Toulon : je partais le mardi à 16 h après l’entraînement, je faisais 5 h 30 de route pour arriver à 23 h à Toulon, et après ma journée au RCT le mercredi, je rentrais le soir même. Je n’avais aucun jour de repos, ça a été mon quotidien pendant un an, avant de m’installer définitivement à Toulon à temps plein avec ma famille en 2021-2022. Il faut savoir ce qu’on veut. Si on veut progresser et avoir encore plus, il faut travailler. Peut-être que si je n’avais pas fait ces efforts quand j’étais à Aurillac, je n’en serais pas là. »
Une reconnaissance qu’il associe enfin au Rugby Club Toulonnais, où tout a véritablement commencé.
« Ce parcours, je le dois aussi à Toulon, et en particulier à Patrice Collazo qui est venu me chercher alors que j’étais en Pro D2 à Aurillac. C’était un superbe témoignage de confiance, et c’est aussi grâce à lui que j’en suis là. Je dois énormément au RCT : si j’avais été dans un autre club, peut-être qu’on ne m’aurait jamais libéré pour rejoindre les Bleus. J’en suis pleinement conscient. Mon ambition reste la même : continuer à progresser pour devenir le meilleur dans mon domaine et leur rendre la monnaie de leur pièce. »
1 Commentaire


Apparemment nous avons de supers coachs il faudrait maintenant que les joueurs se bougent…