Romain Ntamack savoure son retour en équipe de France mais reste déçu de l’ambiance Australienne
Romain Ntamack savoure son retour en équipe de France mais reste déçu de l’ambiance Australienne
Le vendredi 28 août 2026 à 9:44 par David Demri
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Romain Ntamack aborde cette nouvelle saison avec une philosophie désormais bien différente. Après une fin d’exercice particulièrement réussie avec le Stade Toulousain puis un retour avec le XV de France en juillet, l’ouvreur tricolore veut avant tout prolonger le plaisir retrouvé ces derniers mois.
À l’horizon se profile pourtant une échéance majeure : la prochaine Coupe du monde. Mais après les épreuves traversées ces dernières années, et notamment son forfait pour le Mondial 2023, le Toulousain ne veut surtout pas recommencer à construire des plans plusieurs mois à l’avance.
Une fin de saison intense avant de retrouver les Bleus
Depuis son retour à la compétition au mois de mars, Ntamack a énormément enchaîné. Une succession de rencontres qui ne lui a laissé que peu de répit, mais qu’il considère également comme un signe particulièrement positif concernant son état de forme.
L’ouvreur retient surtout le bonheur ressenti durant cette période et sa capacité à multiplier les matches.
Il s’est longuement confié pour Midi Olympique :
« C’était beaucoup de bonheur pour moi, de plaisir aussi pris sur tous les matchs que j’ai pu jouer, particulièrement en fin de saison. J’étais très content, d’autant que ça s’est terminé avec cette « tournée » avec l’équipe nationale. Certes, il me tardait un peu de partir en vacances, parce que je n’avais pas arrêté depuis mi-mars. Mais si j’ai enchaîné autant de matchs, c’est que je me sentais bien, que j’étais en forme. J’espère rester dans cette continuité. »
Cette séquence s’est achevée par un rendez-vous particulièrement attendu. Absent lors du Tournoi, Ntamack avait très envie de retrouver le XV de France et a pu découvrir pour la première fois l’hémisphère Sud avec les Bleus.
Malgré la fatigue accumulée, il décrit ce retour en sélection comme une véritable bouffée d’oxygène.
« Oui, c’était une dernière bouffée d’oxygène avant de partir en vacances. Même si la saison avait été longue, j’avais hâte de retrouver le maillot de l’équipe de France, qui plus est dans un pays comme l’Australie, que j’avais envie de découvrir. »
Le Toulousain a également apprécié de retrouver la vie d’un groupe France composé de visages familiers, mais aussi de joueurs qu’il connaissait moins.
« J’ai ressenti beaucoup d’enthousiasme en côtoyant tous les mecs du groupe. Il y en avait certains que je connaissais déjà bien, d’autres un peu moins, et c’était vraiment agréable de passer ces trois semaines superbes. Avec en plus, deux victoires à la clé (contre l’Australie et le Japon, NDLR) auxquelles j’ai participé. J’ai l’impression que le groupe s’est régalé à se retrouver au bout du monde et à faire de bons matchs. C’est positif pour la suite. »
La Coupe du monde ? Ntamack refuse désormais de regarder aussi loin
Pour un international français, difficile pourtant d’ignorer ce qui se profile. La saison doit progressivement conduire les Bleus vers la Coupe du monde et chaque performance pourrait compter dans la construction du groupe.
Ntamack connaît cependant mieux que beaucoup d’autres la fragilité de ce genre de projections. En 2023, une grave blessure au genou l’avait contraint à déclarer forfait quelques semaines seulement avant le Mondial organisé en France.
Cette expérience, ajoutée aux difficultés rencontrées depuis, a profondément modifié sa manière d’envisager la suite de sa carrière.
Il ne veut désormais penser qu’au prochain entraînement, au prochain match et aux échéances immédiates.
« Non, je ne me projette pas vraiment sur l’avenir, et je me concentre plutôt sur l’instant présent, sur le week-end qui arrive. Mon objectif, c’était de faire une bonne préparation, de bien attaquer la première journée de Top 14 et de lancer la saison. Je ne me projette pas plus loin. »
Et lorsqu’il explique les raisons de cette prudence, Ntamack se montre particulièrement clair.
Ce qu’il a traversé au cours des deux dernières années lui interdit presque de considérer quoi que ce soit comme acquis.
« En tout cas, mon histoire, depuis deux ans, ne me permet pas de me projeter. Je prends les choses comme elles viennent, au jour le jour. C’est comme ça que j’ai retrouvé le plaisir aux entraînements, sur les matchs, sur chaque instant en fait. Depuis que j’ai repris en mars, ce n’est que du bonheur, alors j’ai juste envie de continuer sur ce que j’ai fait la saison dernière. »
« Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir »
Le mot revient constamment dans son discours : le plaisir. Au-delà des titres, des échéances internationales ou de la prochaine Coupe du monde, Ntamack semble surtout heureux d’avoir retrouvé des sensations qu’il n’avait plus connues depuis longtemps.
Et ce sentiment ne dépend même plus uniquement du résultat.
Il assure avoir réussi à ressentir cette satisfaction personnelle jusque dans certaines défaites.
« Oui, parce que cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir sur le terrain, que ce soit dans des victoires ou des défaites. Même sur certains matchs qu’on a perdus, malgré la déception, je suis sorti en ayant la satisfaction d’avoir retrouvé ce plaisir personnel. »
Son ambition immédiate apparaît finalement beaucoup plus simple : jouer, profiter de ses partenaires et savourer les environnements exceptionnels dans lesquels il a la chance d’évoluer.
« J’ai juste envie de rester là-dessus, de m’amuser avec mes copains sur le terrain, de profiter de jouer dans des stades magnifiques, avec des supporters exceptionnels, à domicile ou à l’extérieur. En réalité, j’ai envie de jouer au rugby, tout simplement, et de ne pas me prendre la tête. »
Reste évidemment une donnée impossible à totalement maîtriser : son corps.
Après les blessures qui ont perturbé son parcours, Ntamack sait que sa disponibilité physique sera déterminante.
« Je vais encore une fois croiser les doigts pour que le physique tienne. Je travaille dur pour ça et on verra où ça me mène. »
En Australie, Ntamack n’a pas encore ressenti la folie du Mondial
Son passage estival en Australie lui aura malgré tout permis de découvrir le pays qui accueillera la prochaine Coupe du monde. Et à un peu plus d’un an de la compétition, Ntamack n’a pas forcément constaté une effervescence gigantesque autour du rugby à XV.
Il faut dire que les Bleus évoluaient notamment à Brisbane, où le rugby à XIII occupe une place considérable.
Le Français reconnaît avoir davantage ressenti la passion locale pour le XIII que l’impatience autour de la future Coupe du monde de rugby à XV.
« Je ne sais pas. On était dans une ville de rugby à XIII (à Brisbane, NDLR), donc on sentait surtout beaucoup d’engouement autour du rugby à XIII. Je ne peux pas dire que j’ai senti une énorme effervescence pour le rugby à XV. »
Un élément lui a néanmoins démontré que les Wallabies pouvaient toujours mobiliser leur public : le match contre la France s’est disputé à guichets fermés.
« Même si, pour notre match contre les Wallabies, le stade était à guichets fermés. On voyait bien que les Australiens étaient derrière l’équipe, donc je pense que ça promet quand même une belle Coupe du monde là-bas. »
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