Il allait signer à Leicester : en trois jours, Hamish Watson a finalement choisi Castres : « C’est un peu dingue ! »

Il allait signer à Leicester : en trois jours, Hamish Watson a finalement choisi Castres : « C’est un peu dingue ! »

Le dimanche 30 août 2026 à 13:00 par David Demri

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Hamish Watson ne devait absolument pas jouer à Castres cette saison. À 34 ans, l’international écossais aux 60 sélections était même sur le point de s’engager pour une année avec Leicester.

Puis Dalton Papali’i s’est gravement blessé au tendon d’Achille. En seulement quelques jours, le CO a contacté Watson et l’Écossais a accepté de bouleverser sa vie pour réaliser un vieux rêve : évoluer en Top 14.

Arrivé comme joker médical, Watson ne considère pourtant pas son passage dans le Tarn comme une simple parenthèse. Le troisième ligne veut prouver qu’il possède toujours le niveau pour évoluer au plus haut niveau et découvrir pleinement un championnat français qu’il observait depuis longtemps.

« J’ai répondu oui, à 100 % »

Tout s’est joué extrêmement rapidement. Watson était en vacances et n’avait encore rien signé avec Leicester lorsque son agent lui a présenté l’opportunité castraise.

L’Écossais n’a pratiquement pas hésité. Il s’est longuement confié pour La Dépêche

« Hyper rapide oui, voire un peu dingue. J’allais signer avec Leicester (pour un an). En l’espace de trois jours, Dalton (Papali’i) se blesse malheureusement au tendon d’Achille. Castres cherchait alors un troisième ligne, et je n’avais encore rien paraphé. Mon agent m’a contacté afin de savoir si ça m’intéressait. J’ai répondu oui, à 100%. J’ai toujours voulu évoluer en France, même quand j’étais plus jeune. Pour moi, le Top 14 est le meilleur championnat du monde. J’ai donc eu un entretien avec Castres, puis les choses se sont enchaînées rapidement. Ce fut d’ailleurs assez délicat à gérer car j’étais en vacances. Il a fallu organiser mon arrivée, car j’avais peu de temps pour dénicher une école à mes enfants, trouver une maison, une voiture. Le club a été d’un formidable soutien et m’a tellement bien accueilli. »

Ce désir de découvrir la France n’est pas nouveau. Watson avait déjà eu des possibilités de rejoindre le Top 14 par le passé, avec notamment des approches de Clermont et du Rugby Club Toulonnais.

À 34 ans, quitter la Grande-Bretagne et l’environnement dans lequel il avait construit toute sa carrière représentait forcément un changement considérable. Mais la rapidité avec laquelle tout s’est déroulé lui a finalement évité de trop réfléchir.

Et même avec plusieurs semaines pour prendre sa décision, son choix aurait été identique.

« C’est une décision importante certes. Mais une chose que j’ai toujours voulu faire. J’avais déjà eu des opportunités, mais ça ne s’était finalement jamais concrétisé (Clermont et Toulon l’avaient notamment approché il y a quelques saisons). Édimbourg a toujours été attentionné envers moi, du moins jusqu’à l’an dernier. Il était aussi important pour moi de porter le maillot de l’Écosse, et tout était bien organisé là-bas. Au final, je pense que la bonne chose était d’avoir peu de temps, 24 ou 48 heures, pour me décider à signer ou non au CO. Normalement, tu réfléchis en décembre afin de déterminer où tu seras l’année suivante. En fait, c’était plutôt cool, rafraîchissant, que tout se déroule si vite. Toutefois, si j’avais eu plus de temps pour ma réflexion, je serais tout de même venu. »

Watson découvre une ville totalement tournée vers son club

Le changement ne se limite évidemment pas au rugby. Watson connaissait peu Castres avant de s’y installer. Sa famille devant le rejoindre quelques semaines plus tard, l’Écossais a même eu le temps de découvrir seul sa nouvelle ville.

Et notamment ses restaurants.

Avec une conséquence plutôt amusante : certains restaurateurs castrais ont rapidement commencé à le reconnaître.

« Déjà, je ne connaissais pas vraiment Castres, même si j’y étais venu jouer avec Édimbourg. Je n’avais vu qu’une petite partie de la ville. Mais j’aime bien. Après, c’est différent car ma famille n’est pas encore présente : ma femme et mes trois enfants arrivent samedi (entretien réalisé jeudi 27 août). Donc j’ai été seul pendant quelques semaines, et j’ai exploré la ville et testé de très bons restaurants. J’ai beaucoup mangé, et les propriétaires d’établissements ont commencé à savoir qui j’étais (rires). J’ai ressenti énormément de gentillesse, on voit que le CO compte beaucoup pour les habitants. Ça se remarque immédiatement. Je suis impatient de disputer mon premier match à Pierre-Fabre. »

L’ambiance française constitue également une découverte. Watson avait déjà joué en France comme adversaire, mais il découvre désormais cette passion de l’intérieur.

Une différence qu’il remarque particulièrement par rapport aux ambiances britanniques.

« Oui. Même si on a une super atmosphère à Édimbourg et Leicester. Quand vous affrontez Northampton ou des équipes de ce style, il y a beaucoup de monde au stade. Or, la principale différence, c’est que les fans français sont très passionnés. J’avais entendu parler de la part de coéquipiers, avant de jouer pour la première fois en France, que l’ambiance était bruyante, que ça chantait beaucoup. C’est incroyable. »

Cette dimension populaire colle parfaitement à l’image que Watson s’était construite du CO avant son arrivée : une équipe travailleuse dans laquelle le collectif passe avant les individualités.

Un environnement dans lequel il pense pouvoir rapidement se reconnaître.

« Je connaissais la façon dont l’équipe joue, ça bosse fort. Ça me correspond. Je suis un bourreau de travail, et je crois que c’est une des valeurs du CO. Chacun se démène pour les autres. Il n’y a pas de superstars mais tous sont de super joueurs. Et puis, lorsque j’ai signé ici, j’ai vu que c’était une petite ville, de 40 000 habitants, mais qu’il y avait quand même près de 12 000 personnes au stade le week-end. C’est un lien assez particulier que tu as avec les supporters. »

Son intégration semble déjà particulièrement réussie. Watson vient même de commencer les cours de français et a trouvé un terme plutôt inattendu pour décrire ce qu’il découvre.

Son professeur lui demandait de définir la culture française. L’Écossais a choisi un mot : « chaleureuse ».

« Très bien. C’est marrant parce que dans le cours de français que je viens d’avoir – mon premier –, on devait rédiger quelques mots sur ce qu’on pensait de la culture française. J’ai écrit : chaleureuse. Ça a fait marrer mon prof, car personne ne dit ça normalement (rires). Mais la façon dont j’ai été reçu ici a tellement été top. Même ceux qui ne parlaient pas anglais ont fait des efforts pour essayer de m’aider. Idem quand je me promène en ville. »

À 34 ans, son expérience facilite forcément cette adaptation à un environnement totalement nouveau.

Watson ne cherche surtout pas à modifier sa personnalité pour trouver sa place dans le vestiaire castrais.

« Oui je pense. Même si je n’avais jamais quitté Édimbourg avant Leicester, je crois que l’expérience aide à savoir qu’on n’est pas là pour montrer une personnalité qui n’est en réalité pas la nôtre. Tu sais quoi apporter à l’équipe, dans les vestiaires. Tu dois être toi-même, autant que possible. »

« Je ne suis pas à Castres pour me reposer »

Reste désormais le terrain. Avec 60 sélections internationales et une longue carrière au plus haut niveau, Watson arrive forcément avec un statut.

Mais la pression extérieure ne semble pas particulièrement l’inquiéter.

Les attentes qu’il se fixe lui-même sont encore supérieures à celles que pourraient avoir les supporters ou le staff.

« Il y en aura certainement quand le championnat aura commencé. Les gens veulent me voir bien jouer, et c’est compréhensible. Le plus important, il me semble, est l’attente que tu mets sur toi-même. Comme je l’ai dit auparavant, mon vœu est de rendre la confiance au club, d’être bon pour l’équipe. Peut-être y aura-t-il des attentes, mais elles ne seront jamais plus grandes que celles que je fais peser sur moi. »

Et l’une des qualités qui ont construit sa réputation devrait parfaitement correspondre à l’identité du CO : son activité défensive. Avec l’Écosse, Watson avait notamment réalisé une impressionnante série de 24 rencontres sans manquer un plaquage.

L’intéressé considère surtout cette agressivité défensive comme une obligation inhérente à son poste.

« Peut-être. Je ne sais pas. En fait, quand tu es flanker, tu dois être bon là-dedans, non ? Tu es l’un des leaders défensifs, tu dois montrer l’exemple, montrer aux autres que tu es prêt à mettre ton corps en première ligne afin d’aider l’équipe. C’est une chose que je ne fuis pas. »

Hamish Watson arrive donc dans le Tarn avec une idée assez claire de ce qu’il veut apporter. À 34 ans, il ne vient ni découvrir tranquillement la France ni terminer paisiblement sa carrière : il veut encore démontrer qu’il peut évoluer au meilleur niveau et rendre au Castres Olympique la confiance placée en lui.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Eric 30 août 2026 at 14h- Répondre

    Belle recrue.
    Bon vent à lui.
    Eric