« Des fautes grossières » : la mise au point salée sur le manque de maîtrise des Toulonnais
« Des fautes grossières » : la mise au point salée sur le manque de maîtrise des Toulonnais
Le mardi 22 septembre 2026 à 1:31 par David Demri
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Le Rugby Club Toulonnais possède la meilleure réussite du Top 14 au plaquage, une mêlée capable de provoquer des pénalités et affiche une discipline plutôt maîtrisée. Pourtant, après trois journées, le RCT n’a toujours pas gagné.
Dans le podcast « Crunch », les journalistes de L’Équipe ont identifié plusieurs explications tactiques à ce paradoxe : une occupation très faible, une volonté importante de relancer depuis son camp, des rucks trop lents et surtout une incapacité à conserver immédiatement le bénéfice des points inscrits.
Le constat est d’autant plus frustrant que certaines bases du jeu toulonnais fonctionnent. Le problème semble davantage se situer dans la manière d’exploiter ces fondations et dans la maîtrise de certains moments clés.
« Ils marquent des points mais ils en prennent dans la foulée »
Une faiblesse revient notamment depuis le début de la saison : Toulon éprouve des difficultés à gérer les séquences qui suivent immédiatement ses points.
La défaite contre La Rochelle a offert l’exemple le plus frappant de ce problème. Lorsque le RCT parvenait à marquer, il rendait presque immédiatement des points à son adversaire.
Les journalistes de L’Équipe y voient notamment un manque de lucidité :
« Le principal défaut du RCT cette saison c’est qu’ils marquent des points mais qu’ils en prennent dans la foulée. Contre La Rochelle, c’était caricatural. Dès qu’ils marquaient des points, ils en prenaient dans la minute suivante. C’est un problème de lucidité. »
Une difficulté qui empêche Toulon de véritablement capitaliser sur ses temps forts et de prendre durablement le contrôle de ses rencontres.
Seulement 40 % d’occupation
L’autre chiffre particulièrement révélateur concerne l’occupation.
Le RCT évolue beaucoup dans son propre camp et affiche seulement 40 % d’occupation. Un choix qui découle en partie du nouveau projet de jeu : avec les qualités de relance dont dispose son effectif, Toulon souhaite conserver le ballon et construire davantage à la main plutôt que de systématiquement utiliser le jeu au pied pour sortir de son camp.
Ce projet demande cependant du temps avant d’être totalement maîtrisé.
Les journalistes décrivent une équipe qui assume pour l’instant une prise de risque importante :
« Ils jouent beaucoup chez eux, ils sont à 40% d’occupation seulement, ils jouent très peu au pied pour se dégager. C’est parce qu’ils ont vu qu’ils ont les joueurs pour relancer les ballons et ils ont un projet de jeu ambitieux qu’ils essaient de mettre en place. Tout cela met du temps à être assimilé. On va voir si ça va payer. »
Cette ambition offensive ne se traduit d’ailleurs pas encore suffisamment au tableau d’affichage.
Une excellente défense mais seulement la 10e attaque
C’est tout le paradoxe du début de saison toulonnais.
Selon les statistiques évoquées dans « Crunch », le RCT n’est que la dixième attaque du championnat. Dans le même temps, plusieurs indicateurs défensifs et collectifs sont particulièrement encourageants.
Toulon affiche notamment 93 % de réussite au plaquage, ce qui place le club en tête dans ce domaine. Sa mêlée fonctionne et permet de récupérer des pénalités. La discipline n’apparaît pas non plus comme un problème majeur avec une moyenne de dix fautes par rencontre.
Sur le papier, Toulon possède donc plusieurs fondations solides sans parvenir à les convertir en victoires :
« Mais c’est seulement la 10ème attaque du Top 14 et en défense ils sont plutôt correctes. Mais ils ne marquent pas beaucoup. Ils veulent vraiment jouer depuis leur camp alors qu’ils ont une bonne assise sur les bases, ils ont une bonne mêlée, ils gagnent des pénalités, ils ont une défense individuellement avec 93% de plaquages, ce sont les leaders. Et en discipline, ils font 10 fautes par match en moyenne donc c’est bien. Tout cela ne leur permet pourtant pas de gagner. »
Des rucks trop lents et une agressivité encore mal dosée
Les difficultés ne se limitent pas à l’occupation.
Baptiste Serin avait lui-même souligné que les trois défaites toulonnaises ne s’expliquaient pas exactement de la même manière. Les journalistes identifient néanmoins un problème dans la qualité des rucks, avec des ballons qui ne sortent pas suffisamment proprement et rapidement.
Face à La Rochelle, Toulon avait également été pénalisé sur plusieurs déblayages.
Ils y voient les symptômes d’une équipe qui cherche encore le bon dosage dans son engagement :
« Serin disait que sur les trois défaites il y avait toujours une raison différente. Ils ont des rucks pas propre et très lents. Contre La Rochelle, ils font des fautes de déblayages, ils vont trop loin, un mauvais dosage de l’agressivité, entre l’envie de trop bien faire, ce sont des fautes grossières qu’une équipe sûre de son rugby ne fait plus. Pour l’instant, ça fait trois défaites avec à chaque fois très peu d’écart au score. »
Ces faibles écarts rendent les erreurs de maîtrise d’autant plus coûteuses.
Deux défaites particulièrement difficiles à digérer
La défaite concédée à Mayol contre La Rochelle possède une dimension particulière puisqu’elle est intervenue devant le public toulonnais.
Mais le scénario vécu à Castres peut se révéler tout aussi frustrant. Le RCT a longtemps eu la rencontre en main et disposait encore d’une occasion de l’emporter dans les dernières minutes.
Pour les journalistes, les deux revers font mal pour des raisons différentes :
« Psychologiquement, la défaite à domicile contre La Rochelle est peut-être la défaite la plus difficile à accepter. Mais celle contre Castres est aussi très difficile car ils avaient le match en main, ils ont mené tout le match, ils avaient les opportunités même en fin de match pour l’emporter. Donc cette défaite fait mal car ils ne se sont pas payés. »


Analysé très lucide.
Arrêtons de se cacher essentiellement derrière l’arbitrage.