Gaël Fickou très ému en conférence de presse : « C’est lui qui m’a fait venir ici »
Gaël Fickou très ému en conférence de presse : « C’est lui qui m’a fait venir ici »
Le samedi 10 octobre 2026 à 22:28 par David Demri
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La victoire du Rugby Club Toulonnais contre le Racing 92 (29-15) avait une saveur forcément particulière pour Gaël Fickou. Très proche de Pierre Mignoni, qui l’a convaincu de rejoindre Toulon, le trois-quarts international Français n’a pas caché son émotion après une semaine extrêmement difficile.
Pour lui, les joueurs avaient une responsabilité : répondre sur le terrain après le choix effectué par leur ancien directeur du rugby.
Le succès contre le Racing ne fera évidemment pas disparaître tout ce qui s’est passé ces derniers jours. Mais il offre au moins au RCT une première réponse sportive.
Pour Gaël Fickou, cette rencontre devait aussi permettre de rendre hommage à Pierre Mignoni.
« C’est lui qui m’a fait venir ici »
La relation entre les deux hommes dépasse le simple cadre professionnel. Fickou rappelle que Pierre Mignoni a directement joué un rôle dans sa décision de rejoindre le XV de la Rade.
Son départ l’a donc profondément affecté.
« Oui, ce n’était pas une semaine facile pour nous. On a eu une grosse remise en question suite à notre prestation contre Montpellier. Il y a eu le départ de Pierre Mignoni, c’est quelqu’un de très important, quelqu’un que j’admire et avec qui j’ai une superbe relation. C’est lui qui m’a fait venir ici et c’est pour lui que je suis venu ici donc je suis forcément très touché et très affecté. On avait vraiment tous à coeur de faire un énorme match pour nous, pour nos supporters mais aussi pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club car il a tout gagné avec ce club, il a grandi ici. Ce n’était vraiment pas évident. Parfois tu as des pertes et c’est un soulagement et parfois tu as des pertes et c’est une vraie perte. »
Le centre Toulonnais considère surtout que Mignoni a pris une décision forte dans l’espoir de provoquer une réaction.
Une forme de sacrifice que le groupe ne veut pas laisser sans lendemain.
« On avait à coeur de faire un grand match pour lui, pour lui montrer notre état d’esprit et qu’il n’a pas fait ça pour rien. J’espère que ce n’est que le début, c’est ce que l’on s’est dit à la fin du match et c’est ce qu’on va faire toute la saison. On va penser à lui car il s’est sacrifié pour nous, pour créer cet électrochoc et créer ce changement. Tout n’a pas été parfait, il faut être honnête. Mais il y a eu du mieux dans l’agressivité et l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi. C’est un mélange de tout ça. C’était une semaine très compliquée et difficile à vivre mais c’est dans les moments difficiles que l’on forge son caractère et qu’on rebondit. J’espère que ça va nous servir toute la saison. »
Des retrouvailles très particulières avec le Racing 92
Cette rencontre avait également une dimension personnelle pour Fickou puisqu’il retrouvait le Racing 92.
Mais compte tenu de l’actualité Toulonnaise, ses retrouvailles avec son ancien club sont finalement passées au second plan. Une situation qui ne lui a pas déplu.
Fickou ne cache toutefois pas son attachement aux Franciliens.
« J’étais très content que mes retrouvailles avec le Racing soient éclipsées car on a parlé d’autre chose cette semaine. C’est bien car je n’aime pas avoir trop la lumière sur moi. Tu deviens une cible après. C’est un collectif donc c’est bien que l’on ait parlé de plein de choses et pas seulement de cet affrontement face à mon ancien club. Mais c’est toujours particulier. Quand je suis arrivé au Racing 92, ce sont devenus mes coéquipiers, comme des frères. Donc aujourd’hui, je joue pour mon club de coeur et ça fait toujours bizarre de jouer contre son ancien club, un club que j’apprécie énormément avec tout ce qu’ils ont fait pour moi. Des choses reviennent en tête pendant la semaine, mais tu as à coeur de faire un gros match et de tout donner pour gagner et montrer que tu as fait le bon choix. »
Sa connaissance du Racing a d’ailleurs directement servi dans la préparation de la rencontre.
« Je les connais par cœur »
Toulon a été immédiatement mis sous pression mais a résisté avant de progressivement prendre le contrôle du match.
Fickou savait notamment qu’il ne fallait surtout pas subir les impacts face à la puissance Francilienne.
L’agressivité défensive constituait l’une des clés du plan Toulonnais.
« J’ai senti que l’on était dedans. On rate un peu notre entame à cause du coup d’envoi et du vent. Mais on a montré un énorme état d’esprit, on n’a pas pris d’essai, on n’a pas lâché, on est monté très fort. J’avais préparé ce match depuis longtemps, je les connais par coeur, j’ai joué plus de cinq ans là-bas donc je connais tout le monde. Je savais qu’il ne fallait pas les attendre car ils ont tellement de qualité et tellement de puissance qu’il fallait être agressif. Et ça a payé sur ce match, on l’a vu. On a remporté beaucoup de duels et de plaquages offensifs. Il faut continuer sur cette voie là. »
« Il va nous manquer »
Fickou insiste cependant sur un élément : tout n’a pas été réglé en une soirée.
Le contenu doit encore progresser. En revanche, l’état d’esprit affiché constitue à ses yeux une base indispensable.
Il est également revenu sur l’empreinte beaucoup plus large laissée par Mignoni au sein du club.
« Il faut souligner notre état d’esprit. Concernant le jeu, on va s’améliorer et il y a plein de choses à revoir. C’est une certitude. Mais le rugby n’est pas une science parfaite donc quand tu as l’état d’esprit et l’attitude, ça fait beaucoup de choses. C’était une semaine très particulière, Pierre est quelqu’un de particulier ici, il a tout gagné et il a fait énormément, pas seulement pour l’équipe professionnelle. Il y a plein de choses qu’on ne voit pas comme le RCT Passion et tous les jeunes. Ca dépassait beaucoup plus que son rôle de manager car il vivait pour le club. Donc on a tous une pensée pour lui, on l’apprécie tous, on l’aime énormément et il va nous manquer. On lui souhaite le meilleur. Il fallait réagir et maintenant il faut gagner des matches et redevenir compétitifs. Ce soir on l’a été. »
Dans sa carrière, Gaël Fickou a déjà vécu plusieurs changements importants dans des staffs. Mais jamais avec un tel attachement personnel.
« Des pertes il y en a eu plein mais comme Pierre, c’est rare. Car un homme qui donne autant pour un club, c’est rare. J’ai vécu Lancaster que j’apprécie énormément aussi ou Guy Novès en équipe de France. Il y en a eu aussi au Stade Français. Ce n’est pas la première fois que je vis cela mais c’est la première fois avec autant d’émotion et autant d’affection pour la personne. »
« Les coaches étaient à la hauteur et nous n’étions pas à la hauteur »
Le discours devient ensuite beaucoup plus dur envers les joueurs.
Gaël Fickou reprend à son compte le constat dressé par le président et refuse de faire porter aux entraîneurs la responsabilité des performances précédentes.
Pour l’international Français, les joueurs doivent regarder la réalité en face.
« Le président l’a très bien dit : ça peut choquer et irriter parfois, mais nous sommes de grands garçons et il faut voir la vérité en face. Les coaches étaient à la hauteur et nous n’étions pas à la hauteur. C’est à nous de nous remettre en question, de remporter les duels physiques. Ce ne sont pas eux qui sont sur le terrain. Ce soir on l’a fait mais ce n’est qu’une étape. Il reste encore énormément de matches, on va garder énormément d’humilité. On est très content d’avoir gagné et d’avoir renoué avec notre public. »
Les Anglais et Ollivon particulièrement salués
Dans cette réaction collective, Fickou a également apprécié l’apport des joueurs Anglais du RCT.
Il estime que leur impact a permis à Toulon d’avancer des deux côtés du ballon.
« Je pense que notre stratégie était la bonne. Nos Anglais ont été ultra performant, ils nous ont mis dans l’avancée défensivement et offensivement. Ils sont très précieux pour nous. Tout le monde a été à la hauteur ce soir. On a gagné nos collisions, on a mis l’état d’esprit, défensivement on a mis la pression sans attendre. Il faut continuer car chaque match est une remise en question. »
Charles Ollivon reçoit également un hommage particulièrement appuyé.
« Charles Ollivon, c’est un grand joueur et dans les grands matches il se révèle. Je n’ai aucun doute sur lui car quand il faut s’envoyer, il est toujours là. C’est un humain que j’apprécie énormément et il le montre au quotidien. Il a un état d’esprit remarquable. C’est un immense joueur. Ca ne me choque pas qu’il soit à ce niveau là. C’est son niveau, il est extraordinaire. »
« Soit on est des hommes et on assume »
Pour terminer, Gaël Fickou revient à la responsabilité collective.
Le départ de Pierre Mignoni ne doit pas, selon lui, servir de simple électrochoc pendant une semaine. Il attend désormais que les joueurs assument durablement ce qu’implique le maillot Toulonnais.
Son message est particulièrement fort.
« On a un groupe de leaders fort avec beaucoup d’expérience. Pierre Mignoni a pris ses responsabilités et c’était à nous de prendre nos responsabilités. Soit on est des hommes et on assume, on porte un maillot avec beaucoup de valeur et d’histoire et il faut le respecter. Je voulais que tout le monde se sacrifie, qu’on donne tout et ne pas tricher. Ils ont fait ça et je suis très fier de cela. J’espère que ça va perdurer. »


Il semble que Fickou prend la défense en charge, cela ne m’étonne pas, il le faisait en équipe de France. Qu’ils continuent à monter fort en défense lors de tous les matchs et on verra que nous auront des résultats positifs.