ASM Clermont : Le flop incroyable d’un international argentin qui n’a joué que trois minutes
ASM Clermont : Le flop incroyable d’un international argentin qui n’a joué que trois minutes
Le vendredi 6 novembre 2026 à 11:37 par David Demri
Publicité
L’arrivée d’Ofa Tu’ungafasi à Clermont suscite une véritable curiosité. Le pilier droit néo-zélandais de 34 ans, fort de 68 sélections avec les All Blacks et vice-champion du monde en 2023, a rejoint l’ASM comme joker médical pour les trois prochains mois. Un renfort prestigieux pour un club particulièrement touché par les blessures. Mais l’histoire clermontoise rappelle qu’un recrutement en cours de saison peut aussi bien déboucher sur une immense réussite que sur un échec retentissant. De Davit Zirakashvili à Fritz Lee, en passant par Agustin Creevy et Luke McAlister, les exemples ne manquent pas.
Arrivé mercredi à Clermont, Ofa Tu’ungafasi a participé jeudi à son premier entraînement avec ses nouveaux partenaires. Son éventuelle participation au déplacement à Toulouse, samedi à 14h30, restait toutefois suspendue à une autorisation attendue par le club. Avec plus de 150 rencontres de Super Rugby disputées sous les couleurs des Blues d’Auckland, le Néo-Zélandais possède un CV particulièrement impressionnant.
Davit Zirakashvili, le joker médical devenu légende
Parmi les plus grandes réussites de l’ASM dans ce domaine, Davit Zirakashvili occupe une place à part comme l’explique La Montagne.
En 2004, le pilier géorgien n’a que 21 ans lorsqu’il débarque en Auvergne pour remplacer Martin Scelzo, blessé au genou. Repéré à Aubenas, en Fédérale 1, il représente alors un pari audacieux pour le club.
Mais ce recrutement provisoire va se transformer en une aventure exceptionnelle.
Zirakashvili restera finalement seize saisons à Clermont, de 2004 à 2020, disputant 333 rencontres sous le maillot auvergnat. Il participera notamment aux deux titres de champion de France remportés en 2010 et 2017, ainsi qu’aux succès européens de 2007 et 2019.
Avec ses 53 sélections internationales, le Géorgien s’imposera comme l’un des piliers droits les plus redoutables du championnat.
Fritz Lee, recruté pour trois mois et resté douze ans
Autre réussite spectaculaire : Fritz Lee.
En novembre 2013, le troisième ligne samoan arrive à Clermont pour compenser la blessure d’Elvis Vermeulen. Peu connu à son arrivée, il va rapidement convaincre grâce à sa puissance, sa vitesse et son activité défensive.
Initialement recruté pour seulement trois mois, Fritz Lee restera finalement douze saisons à l’ASM, jusqu’en 2025.
Devenu un joueur incontournable, il portera également le brassard de capitaine à plusieurs reprises.
Son parcours démontre qu’un joker médical peut parfois devenir l’une des pièces maîtresses d’un effectif pendant plus d’une décennie.
Luke McAlister, un immense CV mais une aventure décevante
Tous les joueurs prestigieux recrutés en cours de saison n’ont cependant pas connu la même réussite.
En novembre 2017, Clermont fait appel à Luke McAlister pour compenser les blessures de Camille Lopez et Patricio Fernandez.
L’ancien international néo-zélandais, fort de 30 sélections, arrive en provenance de Toulon après avoir notamment brillé avec le Stade Toulousain.
Mais le joueur n’a plus le rendement qui avait fait sa réputation.
Dès sa deuxième apparition sous le maillot clermontois, il se fracture la main lors d’un déplacement à Agen.
Il ne disputera finalement que dix rencontres avec l’ASM avant d’annoncer sa retraite, dont il sortira quelques mois plus tard pour évoluer au Japon.
Agustin Creevy, seulement trois minutes avec Clermont
L’histoire la plus étonnante concerne probablement Agustin Creevy.
En 2010, le talonneur argentin débarque à Clermont comme joker médical de Willie Wepener.
Malgré le potentiel du joueur, son passage en Auvergne sera extrêmement bref.
Creevy ne disputera que trois petites minutes sous le maillot clermontois.
Le 30 octobre 2010, il entre en jeu face au Stade Français, en troisième ligne, à la place d’Alexandre Lapandry.
Il participe alors au départ d’une action spectaculaire de cent mètres, conclue par Vincent Debaty, devenue l’un des essais les plus célèbres de l’histoire du club.
L’Argentin ne sera pourtant pas conservé. Il poursuivra ensuite une carrière internationale remarquable, avec 82 sélections mentionnées dans ce bilan.
Des jokers médicaux eux-mêmes victimes de blessures
Clermont a également connu des situations particulièrement malheureuses avec certains renforts.
En septembre 2001, le pilier portugais Nelio De Sa arrive pour renforcer l’effectif, mais une hernie cervicale vient rapidement compromettre son passage.
Il ne disputera finalement que 18 minutes en deux apparitions.
Lors de la saison 2020-2021, le talonneur sud-africain Reinach Venter connaîtra une mésaventure similaire.
Recruté pour remplacer Yohan Beheregaray, il se blesse au pectoral lors d’un exercice de musculation et ne totalisera que 47 minutes de jeu en trois rencontres.
Nathan Charles, quatre matchs et un titre de champion de France
Le parcours de Nathan Charles constitue un autre cas particulièrement singulier.
Arrivé en septembre 2016 pour remplacer John Ulugia, le talonneur australien ne dispute que quatre rencontres avec Clermont avant de quitter le club en décembre.
Son passage est pourtant associé au titre de champion de France remporté par l’ASM en 2017, qui figure à son palmarès.
L’ancien international australien, qui a poursuivi sa carrière malgré la mucoviscidose, a par ailleurs récemment révélé être également atteint de la maladie de Charcot.
Ofa Tu’ungafasi face au défi clermontois
Avec l’arrivée d’Ofa Tu’ungafasi, Clermont espère désormais renforcer durablement sa première ligne pendant une période compliquée.
Le Néo-Zélandais possède une expérience internationale considérable, mais devra rapidement s’adapter aux exigences du Top 14 et au fonctionnement de sa nouvelle équipe.
Son recrutement rappelle surtout une réalité bien connue en Auvergne : le prestige d’un joueur ne garantit pas sa réussite, tandis que certains renforts initialement méconnus peuvent devenir de véritables légendes du club.

