Les frères Willis, Sinckler, Ludlam et Ribbans privés de l’équipe d’Angleterre : Benjamin Kayser pousse son coup de gueule

Les frères Willis, Sinckler, Ludlam et Ribbans privés de l’équipe d’Angleterre : Benjamin Kayser pousse son coup de gueule

Le vendredi 6 novembre 2026 à 12:00 par David Demri

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David Ribbans avec Toulon

L’Angleterre continue de se priver de plusieurs joueurs majeurs évoluant en Top 14 en raison de sa politique de sélection, qui réserve le XV de la Rose aux joueurs engagés dans des clubs anglais. Une situation difficile à comprendre pour Gaël Fickou et Benjamin Kayser. Dans le podcast Rugby Confidential, les deux anciens internationaux français ont longuement évoqué cette règle, pointant notamment les performances remarquables des frères Willis, mais également celles de plusieurs joueurs du Rugby Club Toulonnais. Pour Benjamin Kayser, l’Angleterre se pénalise elle-même alors que son rugby traverse une période délicate.

Le sujet est particulièrement sensible depuis les départs vers le championnat français de plusieurs internationaux anglais. Jack Willis à Toulouse, Tom Willis à Bordeaux, Kyle Sinckler, Lewis Ludlam et David Ribbans à Toulon : autant de joueurs performants en Top 14 qui ne peuvent pas prétendre à une sélection avec l’Angleterre tant que cette règle demeure en vigueur.

Gaël Fickou impressionné par les Anglais de Toulon

Gaël Fickou estime que le débat ne doit pas se limiter aux frères Willis. Selon lui, plusieurs joueurs du RCT affichent également un niveau de performance qui pourrait leur permettre de retrouver le XV de la Rose.

L’ancien capitaine des Bleus se montre particulièrement élogieux envers Kyle Sinckler, Lewis Ludlam et David Ribbans :

« On parle des frères Willis mais il y aussi Kyle Sinckler qui est un tueur à gage au poste de pilier droit, il performe en Top 14, il enchaine les matches, il recule rarement en mêlée, il est ultra dominateur, il est complet, il est technique. Tu as aussi Lewis Ludlam qui est énorme. Il a une trentaine de sélections. Il y a David Ribbans qui marche sur tout le monde tous les week-ends. »

Des performances qui illustrent, selon les deux consultants, les bénéfices que les joueurs anglais peuvent retirer de leur expérience dans le championnat français.

« Ils se tirent une balle dans le pied »

Benjamin Kayser comprend la volonté de la Fédération anglaise de protéger son championnat en conservant ses meilleurs éléments sur son territoire. Mais il estime que l’interdiction totale de sélectionner les expatriés constitue une erreur majeure.

L’ancien talonneur international explique pourquoi cette politique lui paraît contre-productive :

« Ils grandissent, ils sont heureux d’être à Toulon et ça fait d’eux de meilleurs joueurs. Ils murissent, ils apprennent des autres et s’enrichissent d’une autre culture. Pour sauver ton championnat, tu es obligé de te dire que les meilleurs joueurs doivent jouer en Angleterre. Mais qu’ils n’aient pas mis une règle à partir de 50 sélections c’est accepté, ils se tirent une balle dans le pied. »

Pour Kayser, cette situation est d’autant plus incompréhensible que le rugby anglais traverse des difficultés sportives et économiques.

Il rappelle notamment les périodes compliquées traversées par le XV de la Rose :

« L’Angleterre tremble. S’ils ne marquent pas un essai à la 78ème minute contre le France, ils étaient sur une série de 12 défaites. C’était du jamais vu, ils avaient perdu contre les Fidji à la maison et c’était très compliqué pour eux. La France leur avait mis 53 à 13, c’était incroyable. Il y a cet Angleterre qui se cherche, qui ne sait pas où elle va, avec un championnat très fluctuant et avec peu de moyens économiques. Et pourtant, ils se rajoutent cette barrière de ne pas sélectionner les joueurs évoluant à l’étranger. Donc les gens ne comprennent pas. »

Les frères Willis au cœur du débat

Les situations de Jack Willis et Tom Willis cristallisent particulièrement les critiques.

Le premier s’est imposé comme un joueur incontournable du Stade Toulousain, tandis que le second a choisi de rejoindre l’Union Bordeaux-Bègles après avoir évolué avec les Saracens.

Benjamin Kayser considère notamment que Tom Willis possède un profil dont l’Angleterre ne peut pas raisonnablement se passer :

« Jack Willis ça a été très dur à avaler et Tom Willis pour moi c’est une obligation qu’il soit à la Coupe du monde. Est-ce qu’ils sont trop têtus pour changer la règle ? Ce serait une bonne nouvelle pour l’équipe de France. »

L’ancien international français insiste également sur l’attachement des joueurs anglais à leur nouvelle vie dans l’Hexagone.

Il estime que le cas de Tom Willis représente une perte particulièrement douloureuse pour le rugby anglais :

« C’est un affront car Jack Willis tu as l’impression qu’il a vraiment fait sa vie en France, il y a un attachement émotionnel. Mais Tom Willis c’est du très très récent et il faisait partie de l’équipe d’Angleterre. Il a laissé tomber le maillot pour repartir à Bordeaux. »

« Jack Willis c’est quand même le meilleur troisième ligne Européen »

Au-delà de la question des sélections, Benjamin Kayser pointe les difficultés structurelles du rugby anglais, confronté à une puissance économique bien différente de celle du Top 14.

Il estime que les clubs anglais cherchent encore un modèle capable de rivaliser avec le championnat français :

« Ce qui est très compliqué, c’est que le rugby anglais tremble avec une force économique qui n’est pas du tout comparable avec celle du Top 14. Ils se cherchent encore dans la formule. Est-ce qu’il faut faire une ligue fermée pour trouver un très gros sponsor ? C’est une des conditions de Red Bull dans Newcastle. Car la deuxième division Anglaise ce n’est pas la Pro D2 du tout ! Il y a vraiment un rugby étatique dans certains grands clubs qui restent de gros clubs Anglais. »

Kayser poursuit en soulignant les limites économiques du rugby français, malgré son attractivité :

« Le rugby Anglais est à la peine, il essaye de copier le Top 14 mais le Top 14, sans quelques mécènes, ce n’est plus le Top 14. C’est une économie qui dépense de l’argent qu’il n’a pas, qui se débrouille pour le trouver et qui cherche des solutions. Mais il y a une ferveur qui vend et les joueurs adorent être ici, les supporters adorent aller voir les matches et le rugby Anglais n’arrive pas à nous copier car ils ont mis trop d’importance sur l’équipe nationale. »

Pour l’ancien talonneur, le niveau atteint par Jack Willis depuis son arrivée à Toulouse démontre pourtant que l’expatriation peut favoriser la progression des internationaux anglais.

Il se montre particulièrement admiratif devant les performances du troisième ligne toulousain :

« Il y a donc une extrême frustration de se dire que Jack Willis c’est quand même le meilleur troisième ligne Européen et il est devenu encore meilleur à Toulouse. Mais en même temps, il joue avec Antoine Dupont, Thomas Ramos, Romain Ntamack, il se régale, il gagne des titres, sa famille est heureuse. »

Enfin, Benjamin Kayser revient sur les qualités de Tom Willis et sur le vide laissé par son départ des Saracens :

« Et Tom Willis, sur le profil de 8 perforateur et un peu à la Dallaglio, il n’y a personne. C’est vraiment le joueur qu’il leur fallait. Ca a été un crève coeur pour le rugby Anglais et notamment pour les Saracens qui commencent à renaitre. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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2 Commentaires

  1. stef83 6 novembre 2026 at 12h- Répondre

    heureusement sinon quelle équipe pour samedi ? triste pour eux mais ils le savent et c’est leur choix

  2. JP2683 6 novembre 2026 at 12h- Répondre

    Laissons les faire ………. nous ça nous arrange .