L’avis très tranché de Christophe Urios sur les plaquages pivotants interdits par World Rugby

L’avis très tranché de Christophe Urios sur les plaquages pivotants interdits par World Rugby

Le samedi 7 novembre 2026 à 9:57 par David Demri

Publicité

C’est un changement important qui entre en vigueur en plein milieu de la saison de Top 14. Depuis le 1er novembre, World Rugby interdit les plaquages pivotants ainsi que les plaquages effectués avec un ou deux genoux à terre, désormais considérés comme des gestes dangereux. Une évolution destinée à renforcer la sécurité des joueurs, mais qui semble encore méconnue de certains acteurs du championnat. À Clermont, Christophe Urios a notamment reconnu que le sujet n’avait pas encore été abordé avec son groupe.

Les nouvelles dispositions, annoncées début octobre par World Rugby, doivent être appliquées ce week-end par les arbitres de Top 14. Pourtant, lors de la conférence de presse précédant le déplacement de Clermont à Toulouse, le centre Mathys Belaubre a découvert cette évolution réglementaire en répondant à une question des journalistes.

« Vous m’apprenez quelque chose »

Interrogé par La Montagne sur la préparation de l’ASM à ces nouvelles interdictions, Mathys Belaubre n’a pas caché sa surprise.

Le trois-quarts centre clermontois a reconnu ne pas avoir été informé de ces modifications :

« Vous m’apprenez quelque chose, on n’a pas eu de communication particulière à ce sujet. »

Christophe Urios a confirmé que son staff n’avait pas encore évoqué ces nouvelles règles avec les joueurs :

« On n’en a pas encore parlé. Mais ce sera évoqué auprès du groupe demain matin. »

Cette situation ne semble toutefois pas inquiéter particulièrement le staff auvergnat.

À Clermont, les techniques de plaquage désormais interdites ne font pas partie des gestes habituellement enseignés aux joueurs.

Clermont n’utilisait déjà pas ces techniques

Koula Tukino, responsable des skills collision à l’ASM, privilégie depuis longtemps les plaquages réalisés en restant sur ses appuis.

Pour l’ancien troisième ligne, cette approche présente des avantages aussi bien sur le plan de l’efficacité défensive que de la sécurité.

Le technicien clermontois explique pourquoi il n’a jamais encouragé ces techniques :

« Ce n’étaient pas des techniques de plaquages que nous avions l’habitude de travailler. En termes d’efficacité, mais aussi pour la sécurité qui est ma priorité, j’ai toujours préféré que mes joueurs restent sur leurs appuis pour défendre. La qualité des contacts est en plus bien meilleure selon moi. »

Certains joueurs ayant évolué dans d’autres clubs ont néanmoins conservé des habitudes différentes, que le staff clermontois tente de corriger quotidiennement.

Mathys Belaubre espère donc que le travail effectué à l’entraînement permettra d’éviter les sanctions :

« Vu qu’on bosse toute la semaine et depuis le début de saison pour ne pas avoir ce genre d’attitude, j’ose espérer qu’on ne se fera pas sanctionner ce week-end pour ce genre de geste. »

Un premier carton jaune déjà contesté en Pro D2

Pour accompagner cette évolution réglementaire, Mathieu Raynal, responsable de la cellule de haute performance de l’arbitrage, a transmis aux clubs de Top 14 et de Pro D2 un document explicatif accompagné de vidéos.

Mais les premières applications de ces nouvelles dispositions montrent que leur interprétation pourrait encore susciter des discussions.

Jeudi soir, lors de la rencontre entre Agen et Biarritz, Yann Lesgourgues a reçu un carton jaune pour un plaquage considéré comme pivotant par l’arbitre M. Lac.

Une décision ensuite désavouée par Mathieu Raynal lui-même, laissant apparaître de possibles différences d’appréciation entre les arbitres.

« C’est hyper dangereux » : Christophe Urios évoque la blessure de Tolofua

Malgré ces interrogations sur l’application des règles, Christophe Urios soutient pleinement la volonté de World Rugby de mieux protéger les joueurs.

Le manager clermontois a notamment rappelé la grave blessure subie par Selevasio Tolofua lors d’un match de préparation contre le Stade Français, le 23 août dernier.

Le troisième ligne centre avait été victime d’une entorse de la cheville et d’une fracture du péroné, entraînant une absence estimée à six mois.

Christophe Urios estime que ces nouvelles interdictions sont indispensables pour éviter ce type de blessure :

« Ils ont totalement raison parce que ce sont des plaquages terribles pour les joueurs. Nous, en match de préparation, on a par exemple perdu “Sele” (Tolofua) pour six mois à cause de ce type de plaquage. C’est hyper dangereux. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
Ne ratez plus aucune actu rugby
Suivre Blog RCT sur Google

0 Commentaire