« À la 3ème défaite, il faut commencer à faire les cartons » : Saint-André cash sur le métier de manager

« À la 3ème défaite, il faut commencer à faire les cartons » : Saint-André cash sur le métier de manager

Le mardi 22 septembre 2026 à 8:20 par David Demri

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Patrice Collazo, Ronan O’Gara et Joan Caudullo viennent tous de prolonger leur engagement pour plusieurs saisons. Une tendance désormais largement répandue en Top 14, où presque tous les managers sont contractuellement installés dans la durée.

Mais Philippe Saint-André prévient : dans un métier directement dépendant des résultats, la date inscrite sur un contrat n’offre aucune garantie de rester en poste jusque-là.

Les dernières saisons l’ont largement démontré. Plusieurs techniciens disposant encore d’un engagement de longue durée ont été écartés après une série de résultats insuffisants. Une réalité qui contraste avec la volonté actuelle des présidents de sécuriser leurs staffs.

Collazo, O’Gara et Caudullo sécurisés sur plusieurs saisons

Plusieurs clubs ont récemment choisi la continuité.

Patrice Collazo a obtenu trois années supplémentaires, tandis que Ronan O’Gara a prolongé pour quatre ans. Joan Caudullo vient lui aussi de rempiler pour deux saisons supplémentaires, avec une importante revalorisation salariale.

À ce jour, Christophe Urios à Clermont et Laurent Travers à Bayonne sont les deux managers mentionnés comme arrivant au terme de leur contrat en juin prochain. Tous les autres disposent d’un engagement plus long.

Sur le papier, le poste de manager paraît donc particulièrement sécurisé dans le championnat français. Philippe Saint-André, aujourd’hui à Aix-en-Provence après avoir notamment remporté le Bouclier de Brennus avec Montpellier en 2022, invite pourtant à relativiser fortement cette stabilité.

L’ancien manager sait qu’une prolongation ne signifie pas nécessairement que l’entraîneur restera jusqu’au terme prévu. Il s’est confié pour Midi Olympique :

« Cela ne veut pas dire, malheureusement pour eux, que tous iront au bout de leur contrat »

« À la troisième défaite de suite, il faut commencer à faire les cartons »

Saint-André connaît parfaitement la pression associée à cette fonction, même s’il n’a lui-même jamais été écarté de ses postes à Bourgoin, Toulon, Montpellier, Gloucester ou Sale.

La situation d’un manager peut évoluer extrêmement rapidement. Quelques mauvais résultats suffisent parfois pour que la confiance d’une direction soit remise en question, indépendamment de la durée restante du contrat.

Philippe Saint-André résume avec humour la règle qu’il applique dans sa vie personnelle :

« J’ai l’habitude de dire à mon épouse qu’à la troisième défaite de suite, il faut commencer à faire les cartons »

Derrière la formule se cache une réalité beaucoup moins légère.

Pour l’ancien sélectionneur, cette instabilité fait partie intégrante du métier :

« Nous faisons un métier précaire et on doit vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

Les exemples se multiplient en Top 14

Les dernières saisons confirment cette fragilité.

Franck Azéma à Perpignan et Grégory Patat à Bayonne ont ainsi perdu leur poste malgré des engagements portant sur la durée.

La saison précédente avait déjà été particulièrement mouvementée. Laurent Labit et Karim Ghezal avaient quitté leurs fonctions au Stade Français, Fabien Gegenbacher avait connu le même sort à Lyon, Stuart Lancaster au Racing 92 et Jeremy Davidson à Castres.

Patrice Collazo avait également appris durant l’été qu’il n’entrait plus dans les plans de Montpellier.

Autant de situations qui rappellent qu’en Top 14, un contrat de plusieurs saisons offre une sécurité financière et juridique, mais ne garantit jamais à un manager de rester aux commandes de son équipe jusqu’à sa dernière année.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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