Après deux ans de silence, Reece Hodge raconte enfin son terrible calvaire
Après deux ans de silence, Reece Hodge raconte enfin son terrible calvaire
Le jeudi 10 septembre 2026 à 9:29 par David Demri
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Reece Hodge n’a plus disputé un match de rugby depuis juin 2024. Après trois saisons et seulement sept apparitions avec Bayonne, l’international australien raconte pour la première fois la blessure, les rechutes et les périodes mentalement éprouvantes qui ont bouleversé sa carrière.
Pendant plusieurs mois, toutes les demandes d’entretien avaient été refusées par l’Aviron. Une fois libéré de son contrat, Hodge avait accepté de sortir du silence, tout en demandant un peu de temps avant de raconter son parcours.
L’Australien avait alors simplement repoussé le rendez-vous de quelques semaines :
« Ça ne me pose pas de problème mais je suis dans une période très chargée. Peut-on faire ça après le 15 juillet ? »
Une troisième IRM révèle la gravité de sa blessure
Fin août, l’ancien joueur des Melbourne Rebels a finalement accepté de revenir sur ses deux dernières saisons dans les colonnes de Midi Olympique. Malgré la longueur de sa convalescence, il assure percevoir enfin une amélioration.
Hodge se montre prudemment optimiste concernant l’évolution de son genou :
« Je vais un peu mieux que ces derniers mois… Les deux dernières saisons ont été très difficiles pour moi. J’ai la sensation que je vois, enfin, des progrès au niveau de mon genou. »
Son calvaire a débuté en juin 2024 contre Oyonnax. Touché aux adducteurs et à un genou après un plaquage, le joueur ne pensait initialement pas souffrir d’une blessure aussi importante.
Les examens successifs ont fini par révéler des dégâts qui ont nécessité une opération :
« Face à Oyonnax, en juin 2024, je me suis blessé aux adducteurs et à un genou après un plaquage. Au début, on pensait que ce n’était pas si grave mais la troisième ou quatrième IRM a montré les dégâts dans le genou. Je me suis fait opérer fin février 2025. La rééducation a été très compliquée. Il y a eu des hauts et des bas, des périodes où je pensais que je n’étais pas loin de reprendre et je rechutais… Là, je reprends la course sur le terrain après un mois de protocole ATG. Je ne sais pas ce qui m’attend, mais j’espère que je vais continuer à progresser. »
L’Australien ne souhaite pas communiquer la nature précise de sa blessure ni exposer publiquement les éléments médicaux de son dossier.
Interrogé sur le diagnostic exact, il pose clairement une limite :
« Je ne préfère pas trop en parler, c’est de l’ordre du médical. »
Des reprises peut-être engagées trop rapidement
À plusieurs reprises, l’entourage du club avait laissé entendre que Hodge était proche de recourir. Ces annonces n’avaient jamais débouché sur un véritable retour et le joueur avait connu plusieurs rechutes.
Il refuse toutefois d’alimenter une polémique sur la gestion de sa convalescence par Bayonne :
« Non, pas forcément. Je ne préfère pas exprimer exactement ce qu’il s’est passé car c’est entre le club et moi. Des fois, nous avons peut-être progressé un peu trop vite. Ça ne sert à rien de revenir sur ça. »
Malgré les échecs successifs, Hodge assure ne jamais avoir considéré sa carrière comme définitivement terminée. Il s’est accroché à l’idée qu’il pourrait un jour retrouver les terrains.
Le joueur a concentré toute son énergie sur le maintien d’un état d’esprit positif :
« C’est dur de vivre cette situation. Je ne me suis jamais dit que je n’allais plus jouer au rugby. J’ai mis toute mon énergie afin de garder un état d’esprit positif, ça ne servait à rien d’être négatif. Je préférais garder l’espoir et avancer comme ça. »
Un accompagnement psychologique organisé par l’Aviron
Comme tous les joueurs bayonnais victimes d’une blessure de longue durée, Hodge a été suivi par un psychologue. Il l’a rencontré quatre ou cinq fois afin de faire régulièrement le point.
Le club lui a également permis de rentrer deux semaines en Australie. Ce changement d’environnement lui a offert une pause bienvenue alors que sa rééducation ne produisait plus les résultats espérés.
Hodge reconnaît avoir traversé des périodes extrêmement difficiles sans pour autant souffrir de dépression :
« Oui, l’Aviron a un très bon processus pour les joueurs blessés. Tous les absents pour une longue durée doivent voir un psychologue. Je l’ai vu quatre ou cinq fois pour faire le point. Je n’étais pas en dépression mais mentalement et physiquement, il y a eu des périodes très difficiles. Le club s’est aussi très bien comporté en me laissant rentrer deux semaines en Australie pour voir ma famille et continuer la rééducation. Là-bas, c’était l’été. Ça m’a permis de me rafraîchir. C’est le psychologue qui me l’a suggéré. Nous étions en plein hiver ici. Je faisais ma demi-journée au club, dans la même salle de musculation, avec des résultats qui ne progressaient pas. C’était une bonne idée pour ma santé mentale et physique. »
Jusqu’à quatre heures de rééducation par jour
Durant les premiers mois, l’Australien a tout fait pour conserver un lien avec le groupe professionnel. Il assistait aux réunions consacrées à l’attaque et participait aux échanges entre les leaders.
Ses journées étaient alors partagées entre le travail collectif et un programme physique particulièrement lourd :
« Au début de ma blessure, je suis resté avec l’équipe le maximum possible. J’allais à toutes les réunions sur la stratégie de l’attaque, celles avec les leaders, pour être connecté avec l’équipe, rester dedans. Il y avait une à deux heures de réunion et trois ou quatre heures de rééducation. À la maison, je faisais de la mobilité, des petits exercices… Au bout de dix-huit mois, j’ai vraiment ciblé la rééducation plutôt que les réunions. »
Cette épreuve n’est pas la première très longue indisponibilité de sa carrière. À 19 ans, une blessure à la cheville l’avait déjà privé de compétition pendant 500 jours.
Cette ancienne expérience nourrit aujourd’hui sa conviction que ses efforts finiront par être récompensés :
« À 19 ans, je me suis blessé à une cheville en Australie. J’ai passé cinq cents jours sans jouer. C’était avant de signer avec les Melbourne Rebels. Là, c’est plus long, mais je sais que le travail paye toujours. Je reste convaincu que je vais y arriver. C’est pour ça que je garde un état d’esprit positif. »
« Deux ans de galère », mais aucune volonté de s’apitoyer
Hodge a reçu de nombreux messages de ses proches en Australie. Sa femme et sa famille l’ont également accompagné pendant cette convalescence interminable.
L’international refuse néanmoins de présenter sa situation comme plus difficile que celle de personnes confrontées à des problèmes professionnels ou financiers.
Il explique pourquoi il n’a jamais voulu baisser la tête malgré les épreuves :
« J’ai beaucoup échangé avec des mecs en Australie. Ils m’ont soutenu avec des appels le matin dans la voiture, lorsque j’étais sur le chemin de l’entraînement. Ma famille et ma femme étaient là. Toutefois, je sais que j’ai la chance d’être rugbyman professionnel. Oui, j’ai vécu une période difficile mais des gens aimeraient bien être payés pour faire de la rééducation tous les jours. J’ai toujours gardé ça en tête. Ça a été deux ans de galère mais j’ai de la chance. En Australie, j’ai passé un an et demi à être blessé à une cheville, sans pouvoir suivre un programme professionnel. J’ai vu mes potes des moins de 20 ans signer dans des clubs pros. J’ai connu plus dur. Je sais que des gens travaillent fort et gagnent beaucoup moins d’argent. C’est un fait. Des gens aimeraient être à ma place. C’est pour ça que je n’ai jamais baissé la tête. »

