Après Thomas Ramos, Toulouse tient-il déjà son futur numéro 15 ?

Après Thomas Ramos, Toulouse tient-il déjà son futur numéro 15 ?

Le mardi 11 août 2026 à 20:06 par David Demri

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e départ de Thomas Ramos vers le Racing 92 à l’issue de la saison 2026-2027 laissera un immense vide au Stade Toulousain. Meilleur réalisateur de l’histoire du club, leader du vestiaire et cadre du XV de France, l’arrière international sera difficile à remplacer. Blair Kinghorn, Juan Cruz Mallia ou encore Ange Capuozzo apparaissent comme des candidats naturels à sa succession. Mais un autre nom pourrait rapidement s’inviter dans la discussion : celui de Matias Remue.

À seulement 23 ans, le Belge poursuit sa progression au sein du centre de formation toulousain. Encore peu connu du grand public, il intrigue pourtant ceux qui l’ont accompagné depuis ses débuts. Tous dressent le portrait d’un joueur au potentiel rare, capable de faire basculer un match sur une inspiration.

Un talent qui ne laisse personne indifférent

Avant de rejoindre Toulouse, Matias Remue s’était déjà fait remarquer sous les couleurs des Brussels Devils.

Son ancien entraîneur, Sébastien Guntz, se souvient d’un joueur capable d’oser ce que les autres n’imaginaient même pas.

Dans Midi Olympique, il raconte notamment une action qui l’a marqué :

« En 2021, on recevait la franchise des Lusitanos en Super Cup (l’équipe portugaise qui constituait la grosse base de l’équipe nationale qualifiée pour la Coupe du Monde 2023, N.D.L.R). C’était un match en nocturne, avec des conditions météo très difficiles où les Portugais nous mettaient vraiment en difficulté par leur maîtrise technique et leur vitesse. Et là, on a deux gamins de 18 ans qui n’ont aucune crainte, beaucoup de respect mais qui jouent leur rugby de façon très relâchée, comme s’ils étaient dans leur club avec leurs potes à côté. »

Les deux jeunes en question sont Matias et son frère jumeau Florian.

Quelques instants plus tard, l’arrière belge réalise une action qui résume parfaitement son tempérament.

Guntz poursuit :

« Je me souviens que sur un jeu au pied des Portugais, alors que le ballon faisait plusieurs rebonds, Matias s’était retrouvé isolé face aux ailiers dans un « un contre trois ». Tout le monde s’attendait à ce qu’il reste dans l’occupation après une longue course, mais lui avait décidé de relancer. Il avait fait mine de revenir au centre, mis un appui fort pour reprendre le couloir des 5 mètres, débordé trois Portugais, tapé un petit jeu au pied par-dessus le demi de mêlée en fermeture, récupéré le ballon et cela avait fini par une occasion d’essai dans les 22 mètres portugais alors que la situation était très mal embarquée. »

Avant de conclure :

« Il était coutumier de ce genre de coup d’éclat. »

Un joueur qui réfléchit le rugby

Au-delà de ses qualités offensives, Matias Remue impressionne aussi par sa compréhension du jeu.

Le sélectionneur de la Belgique, Laurent Dossat, estime même que sa maturité dépasse largement son âge.

Il explique :

« C’est un garçon qui, pour son âge, fait preuve d’une maturité assez exceptionnelle. Il a une réflexion sur le jeu, une réflexion tactique et stratégique que je trouve hors norme pour un garçon de son âge. »

Cette curiosité permanente est l’une de ses grandes forces.

Dossat poursuit :

« S’il y a quelque chose qui ne lui va pas ou qu’il ne comprend pas, il a besoin de savoir pourquoi on le fait. C’est vraiment génial pour un sélectionneur ou un coach d’avoir des personnes qui sont actrices et non consommatrices du projet. »

Le Stade Toulousain l’a transformé

Depuis son arrivée dans la Ville rose, Matias Remue a franchi un cap dans son professionnalisme.

Son ancien entraîneur constate une évolution importante dans son approche quotidienne.

Sébastien Guntz explique :

« Sa plus grande évolution réside dans son exigence professionnelle envers lui-même. Quand il était jeune, il avait tendance à ne retenir que le positif et à minimiser ses erreurs. Aujourd’hui, il a une autocritique exacerbée et se focalise sur ce qu’il aurait pu mieux faire. »

Aux côtés de Thomas Ramos, Juan Cruz Mallia ou encore Romain Ntamack, le Belge a découvert les exigences du très haut niveau.

« Thomas Ramos restera Thomas Ramos »

Le départ annoncé de l’international français ouvre forcément le débat sur sa succession.

Mais pour Laurent Dossat, il serait dangereux de vouloir faire de Matias Remue un simple clone de Thomas Ramos.

Il prévient :

« Comme Thomas, il a cette polyvalence 15-10. Mais Thomas Ramos reste Thomas Ramos et Matias Remue sera Matias Remue ! Il ne faut pas lui demander d’être le nouveau Thomas Ramos, Matias doit continuer à jouer avec ses qualités, sa personnalité, son historique et sa vitesse d’appuis sans chercher à l’imiter. »

Le sélectionneur belge rappelle néanmoins que son joueur doit encore accumuler de l’expérience.

Il poursuit :

« Il a un côté tactique qui est très bon, mais il faut vivre les situations pour être encore meilleur. Il faut qu’il enchaîne les matchs pour engranger de l’expérience et espérer avoir la longévité et la constance d’un Thomas Ramos de la 1ère à la 80e minute. »

Une progression qui passe aussi par la patience

Dans un effectif aussi dense que celui du Stade Toulousain, les occasions sont rares.

Pourtant, Matias Remue n’a jamais changé d’attitude.

Laurent Dossat salue son état d’esprit :

« À chaque apparition au Stade Toulousain, il a su saisir sa chance. Il n’a pas toujours eu du temps de jeu, il a mangé son pain noir lui aussi, mais il n’a pas râlé. Il a bossé, il a continué. Parfois on en discutait, il se disait : « Ce n’est pas encore pour moi » et il restait dans sa bulle sans se plaindre. Il avançait, et ça, c’est la marque des grands. »

La succession est ouverte

Remplacer Thomas Ramos ne sera simple pour personne.

Entre Blair Kinghorn, Juan Cruz Mallia, Ange Capuozzo et les autres solutions déjà présentes dans l’effectif, la concurrence sera féroce.

Mais Matias Remue possède un profil différent. Plus instinctif, capable d’éliminer sur un appui ou de créer une action de nulle part, il continue de grandir dans l’un des environnements les plus exigeants du rugby mondial.

Il lui reste désormais à transformer ce potentiel en temps de jeu régulier. Si cette étape est franchie, le Stade Toulousain pourrait bien avoir trouvé, sans faire de bruit, l’un des prétendants les plus crédibles à la succession de Thomas Ramos.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Bougnatix 11 août 2026 at 20h- Répondre

    Pas de soucis pour le ST , ils ont des bons joueurs en 15 mais qui du niveau de Ramos ?

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