« On sait déjà qui peut arriver chez les pros dans trois ans » : les confidences de Cédric Beal
« On sait déjà qui peut arriver chez les pros dans trois ans » : les confidences de Cédric Beal
Le mardi 11 août 2026 à 20:12 par David Demri
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Former des joueurs pour l’équipe première ne s’improvise pas. Au Rugby Club Toulonnais, ce travail débute bien avant l’entrée au centre de formation et s’inscrit dans une stratégie pensée sur plusieurs années. Derrière les signatures professionnelles et les jeunes qui émergent progressivement avec les Rouge et Noir, le club a construit un véritable plan de succession.
Invité des Causeries de la Rade, Cédric Beal a longuement détaillé la philosophie mise en place au RCT. Entre identité toulonnaise, formation, accompagnement scolaire et anticipation des futures générations, le directeur du centre de formation a dévoilé les coulisses d’un projet pensé sur le long terme.
Former un joueur, c’est d’abord lui transmettre l’identité du RCT
Pour Cédric Beal, la formation ne commence pas sur le terrain.
Avant même de parler rugby, le club cherche à transmettre ce qui fait l’identité du Rugby Club Toulonnais.
Il explique :
« C’est important d’avoir les joueurs jeunes comme on le fait avec le projet RCT Passion. On essaye d’avoir uniquement des jeunes issus de notre région. Quand on recrute à l’extérieur, il faut aller chercher ce côté identitaire chez un garçon. Vous l’avez vu avec Corentin Mézou qui a resigné pour les années à venir. C’est très parlant la vidéo qui a été faite. D’où il vient, il y a des valeurs similaires à celles d’ici. Sans parler de son club, juste sa région. Tu peux aller le chercher naturellement chez le garçon. »
Cette transmission ne passe pas par des activités festives.
Le RCT préfère immerger ses jeunes dans l’histoire même de leur futur club.
Beal poursuit :
« Et tout part du staff. Quand des jeunes arrivent, durant la présaison, il y a des journées cohésion qui sont faites et ce n’est pas d’aller faire la fête, c’est totalement faux. C’est monter le Faron et avoir quelqu’un avec nous qui nous raconte l’histoire de Toulon quand tu es tout en haut. Où tu te situes et qu’est-ce-que tu vois. On fait des « Toulon express » avec des points de relais et de passage partout dans la ville. Et ils apprennent l’histoire de Toulon. Il y a plein de choses à voir et le staff leur donne ces valeurs. »
Une cohésion qui commence par le staff
Pour Beal, impossible d’exiger certaines valeurs des joueurs si les entraîneurs ne les incarnent pas eux-mêmes au quotidien.
Le fonctionnement interne du staff est même présenté comme le point de départ de tout le projet.
Il insiste :
« Il ne faut pas se tromper sur ces valeurs. C’est la même chose sur l’état d’esprit et la cohésion d’équipe. Ils doivent d’abord voir qu’il y a une vraie cohésion dans le staff. Tout part de là. Si nous on transpire la bienveillance, le travail et la bonne énergie et la bonne convivialité, ils reçoivent cela et ça leur donne envie d’être comme nous. C’est ça la réussite du staff construit par Pierre Mignoni. »
Un plan de succession qui s’étend des U14 jusqu’aux professionnels
L’autre particularité du projet toulonnais réside dans son anticipation.
Le club ne travaille pas uniquement sur la saison en cours, mais planifie déjà les générations à venir.
Beal dévoile :
« On a un plan de succession qui va des U14 jusqu’aux pros. On sait que dans trois ans, tel joueur va émerger en pro, dans deux ans un joueur va émerger en Crabos, un autre en Espoirs. L’histoire de la vie fait qu’il va réussir ou pas, mais ce plan de succession est déjà créé depuis quelque temps grâce au projet RCT Passion. »
Cette vision à long terme influence même le recrutement.
Il poursuit :
« Parfois, on ne recrute pas à un joueur à un poste pour faire le dos rond et on trouve un joueur en interne pour faire la bascule. »
Dix-huit professionnels formés en quatre ans
Les résultats commencent d’ailleurs à se voir.
Le responsable du centre de formation met en avant le nombre de joueurs passés professionnels ces dernières saisons, que ce soit au RCT ou dans d’autres clubs.
Il révèle :
« Depuis quatre ans, on a signé 18 joueurs professionnels. Que ce soit chez nous ou des joueurs qui ont signé pro ensuite ailleurs. Mais on a signé 18 joueurs pro qui sont sortis de notre centre de formation. Donc en quatre ans, tu fais le calcul. On n’est pas mal. »
Et le travail est loin d’être terminé.
Beal poursuit :
« L’année prochaine, on a normalement six mecs qui pourraient passer pro, mais il faut qu’ils travaillent et qu’ils confirment. Mais en moyenne, c’est 5 sur 25. C’est beaucoup et peu à la fois. C’est par génération. Tu as 25 mecs sur 5 années d’âge. Il faut qu’ils comprennent que c’est difficile de devenir jouer pro. »
Tous ne joueront pas en Top 14… et ce n’est pas un échec
Pour le dirigeant toulonnais, la réussite d’un centre de formation ne se mesure pas uniquement au nombre de joueurs qui évoluent ensuite en Top 14.
Former un joueur capable de construire sa vie grâce au rugby reste également une réussite.
Il conclut :
« C’est pour cela qu’il y a le double projet et nos clubs partenaires. Parfois tu formes un joueur pendant trois ou quatre ans et tu sais qu’il n’a pas le niveau Top 14 mais finalement tu l’envoies en Nationale ou en Nationale 2, on rend aux clubs partenaires ce qu’ils nous ont donné. Donc c’est une réussite aussi car le mec qui signe en Nationale 2, il a son taff, il a validé un bac +3 ou un Master, il joue en Nationale 2, il ne vit pas forcément du rugby mais il touche quand même un petit salaire et il a un boulot à côté, est-ce qu’on a bien formé ou pas ? Oui. Maintenant, on veut aussi des joueurs pro mais la réalité est là. Tu ne peux pas former uniquement des joueurs de Top 14 car tu ne sais pas ce qui peut se passer dans la vie d’un joueur. »
2 Commentaires


Si cet article pouvait clouer le bec de certains pisses-vinaigre….
Mais arrêtez un peu avec ça. Avec ce type de réflexion, le pisse-vinaigre, c’est vous.
Si je ne suis pas d’accord avec les choix stratégiques de PM, je suis un pisse-vinaigre pour vous ? Depuis quand avoir un avis différent est-il une tare ? L’intérêt de penser différemment est d’en débattre, pas de s’insulter, merci.