Baptiste Couilloud : « Le week-end précédent, je m’étais fait marcher sur la tête par Josh Tuisova »
Baptiste Couilloud : « Le week-end précédent, je m’étais fait marcher sur la tête par Josh Tuisova »
Le jeudi 17 septembre 2026 à 10:12 par David Demri
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Éloigné des terrains pendant sept mois en raison d’une commotion cérébrale, Baptiste Couilloud a craint que sa carrière ne s’arrête brutalement. Le demi de mêlée du LOU a finalement effectué son retour lors de la large victoire remportée contre le Racing 92.
Le joueur de 29 ans a disputé 60 minutes dans les Hauts-de-Seine et enchaînera samedi face à Pau, à Gerland. Son temps de jeu restera étroitement surveillé, mais sa présence produit déjà un effet très important sur ses partenaires.
Deux violents chocs à la tête en une semaine
La dernière apparition de Baptiste Couilloud remontait au 31 janvier, sur la pelouse de La Rochelle. Plaqué par Levani Botia, le joueur aux 17 sélections avec le XV de France avait immédiatement compris que son état n’était pas normal.
Le Lyonnais conserve un souvenir très précis de l’action à l’origine de sa sortie.
« Je me souviens de tout. Je revois bien l’action où je me fais plaquer par Levani Botia qui me tape la tête. En me relevant, j’avais une vision floue m’obligeant à sortir à la mi-temps. »
Ce choc ne serait cependant pas l’unique cause de sa longue absence. Une semaine auparavant, Couilloud avait déjà été touché à la tête lors d’un déplacement du LOU au Racing 92.
Le demi de mêlée pense que l’accumulation des impacts a considérablement aggravé la situation.
« J’ai compris que quelque chose n’allait pas. Même si l’impact a été conséquent ce jour-là, c’est sans doute la succession des chocs à la tête que j’avais subis précédemment qui est à l’origine de ma longue indisponibilité. Le week-end précédent, je m’étais fait marcher sur la tête par Josh Tuisova au Racing. »
La peur de devoir arrêter sa carrière
La convalescence s’est prolongée pendant sept mois. Suivi régulièrement par le corps médical, Baptiste Couilloud a dû patienter avant d’obtenir l’autorisation de reprendre progressivement le rugby.
Le joueur souligne l’attention dont il a bénéficié pendant toute cette période.
« J’ai été suivi de très près tout au long de ma convalescence. »
L’incertitude entourant son état a néanmoins provoqué une immense inquiétude. Dans son entretien accordé au Progrès, le Lyonnais a reconnu « avoir vraiment eu peur de devoir arrêter le rugby ».
Une crainte particulièrement forte pour un joueur né à Lyon, formé au LOU et qui a déjà disputé 196 rencontres sous les couleurs de son club pour 82 essais inscrits.
Son retour sera organisé par étapes
Le staff lyonnais se réjouit de pouvoir de nouveau compter sur son demi de mêlée, mais refuse de lui imposer immédiatement un rythme trop important. Karim Ghezal souhaite construire sa reprise selon une progression précise.
L’entraîneur du LOU confirme que Couilloud disputera une deuxième rencontre consécutive contre Pau.
« C’est à l’image du protocole commotion, il y aura des étapes. Il vient de jouer soixante minutes, il rejouera ce week-end. »
Cette nouvelle apparition ne signifie pas que le demi de mêlée participera à l’ensemble des prochaines rencontres. Son temps de jeu et sa récupération feront l’objet d’une vigilance particulière.
Karim Ghezal demande de la patience avant de retrouver Couilloud dans la plénitude de ses moyens.
« Nous sommes très contents qu’il redevienne un joueur de rugby, qu’il enchaîne et qu’il joue des matches. À nous, ensuite, de gérer sa charge. Il n’a pas joué depuis sept mois, donc il ne va pas enchaîner dix matches d’affilée. Soyons indulgents quand il aura des moments plus difficiles. Il ne disputera pas les douze matches du bloc. »
Couilloud manque encore de jambes
Pour son retour au Racing, Baptiste Couilloud a rapidement retrouvé ses repères. Il a même été tout près de marquer avant d’être repris sous les poteaux, alors que l’essai semblait lui être promis.
Le demi de mêlée reconnaît que ses capacités physiques ne sont pas encore totalement revenues.
« Par manque de jus. Avant ma blessure, je n’aurais pas été repris. »
Son influence sur le collectif lyonnais n’a en revanche pas attendu. Karim Ghezal a immédiatement constaté un changement d’attitude chez les autres joueurs dès que Couilloud est entré en action.
L’entraîneur mesure déjà l’impact produit par le retour de son patron.
« Ils sont 10 % plus concentrés, plus présents. »
Une aura immédiatement retrouvée
Gabin Lorre confirme l’importance du demi de mêlée dans le fonctionnement de l’équipe. L’arrière lyonnais estime que plusieurs joueurs profitent directement de sa présence pour élever leur propre niveau.
L’ancien Biterrois décrit un partenaire particulièrement attendu par le vestiaire.
« Je le trouve très performant. Beaucoup de joueurs attendaient son retour. Ça aide beaucoup d’entre nous à performer autour de lui. C’est un honneur d’évoluer avec quelqu’un comme lui. »
Couilloud possède selon lui « une aura de leader, de capitaine ». Une influence qui n’avait d’ailleurs jamais totalement disparu pendant sa convalescence.
Malgré son indisponibilité et les symptômes provoqués par sa commotion, le demi de mêlée continuait à suivre le travail de ses partenaires et à leur transmettre ses observations.
Gabin Lorre raconte l’implication conservée par Couilloud loin des terrains.
« Avant le match au Racing, je l’ai senti très impliqué, à la vidéo ou en-dehors du terrain. Mais c’était déjà le cas pendant sa blessure. Quand sa tête le laissait tranquille, il venait, il avait son cahier, donnait deux ou trois conseils. »
Le patron a immédiatement repris la main
Son retour sur le terrain a encore renforcé cette implication. Lors de la dernière mise en place précédant le déplacement au Racing, Couilloud n’a pas hésité à interrompre certains lancements pour corriger ses partenaires.
L’arrière du LOU a immédiatement perçu le retour du véritable guide de l’équipe.
« J’ai senti la bascule quand il est rentré sur le terrain. Lors de la mise en place vendredi, avant le match au Racing, il était très concerné. Il a arrêté et fait recommencer les lancements à deux ou trois reprises en disant que nous nous étions trompés. »
Sous contrat avec Lyon jusqu’en juin 2030, Baptiste Couilloud veut désormais démontrer « qu’il y a une belle équipe de rugby à Lyon ». Le choc contre Pau pour la première place du Top 14 lui offrira immédiatement un nouveau test.

