Bernard Laporte sur la finale du RCT perdue en 2016 : « Tout ça, c’est de la branlette espagnole ! »

Bernard Laporte sur la finale du RCT perdue en 2016 : « Tout ça, c’est de la branlette espagnole ! »

Le mercredi 24 juin 2026 à 17:54 par David Demri

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Dix ans après la terrible désillusion vécue au Camp Nou de Barcelone face au Racing 92, Bernard Laporte n’a rien oublié. L’ancien manager du Rugby Club Toulonnais est revenu sur cette finale perdue (21-29), disputée le 24 juin 2016, qui marquait également son dernier match à la tête du club varois.

Et malgré le temps qui passe, un sentiment demeure.

« Un goût amer » et « une sensation d’inachevé »

Pour Bernard Laporte, cette finale reste associée à une immense frustration.

L’ancien entraîneur du RCT ne cache pas sa déception dans les colonnes de Var-matin :

« C’était mon dernier match avec Toulon. Même si je n’y pensais pas beaucoup, je savais que je partais. J’aurais bien voulu qu’on finisse sur une victoire. Le souvenir que j’en ai, c’est un goût amer. Et un sentiment bizarre, aussi. Une sensation d’inachevé. »

Pourtant, le Racing 92 avait évolué en infériorité numérique pendant plus d’une heure après l’expulsion de Maxime Machenaud.

Mais selon Laporte, le problème était ailleurs.

« On a tactiquement très mal joué »

L’ancien sélectionneur du XV de France estime que son équipe a totalement dévié du plan prévu à la pause.

Il pointe clairement une erreur stratégique.

« On mène à la mi-temps et on se dit : « Attendez les mecs, arrêtons de jouer depuis notre camp, continuons à occuper, allons chez eux pour construire, on va marquer ». Et on fait le contraire ! »

Puis il poursuit :

« On s’est fait prendre, contrer… J’ai envie de dire qu’on a tactiquement très mal joué. »

« À certains postes, on n’était pas une grande équipe »

Interrogé sur les raisons de cet effondrement malgré un effectif rempli de stars, Bernard Laporte livre une analyse particulièrement directe.

Il n’épargne pas totalement son équipe.

« Je pense que c’est justement dû à cette erreur tactique. On s’est trompé. Donc, même à un de plus, tu n’y arrives pas. »

Avant d’ajouter une phrase qui risque de faire réagir les supporters toulonnais.

« À ce moment-là, on n’est pas une grande équipe. Ce n’est pas vrai. Du moins, à certains postes, on n’était pas une grande équipe… »

« On n’a pas tout fait pour gagner ce match »

Malgré la douleur de cette défaite, Bernard Laporte refuse de rejeter la faute sur ses joueurs.

Mais il reconnaît que le RCT est passé à côté de son rendez-vous.

« Quand tu es entraîneur, tu gagnes et tu perds avec eux. Il n’y a pas de soucis. »

Puis il lâche :

« Ce qui est sûr, c’est que ce match, on n’a pas tout fait pour le gagner. C’est une évidence. »

La fameuse histoire des crampons de Chilachava

Impossible d’évoquer cette finale sans repenser à l’épisode devenu mythique de Levan Chilachava.

À moins de trois minutes du terme, le Rugby Club Toulonnais obtient une mêlée à 5 mètres de l’en-but Francilien. Bernard Laporte demande alors à son pilier Levan Chilachava d’entrer en jeu pou contrer le solide Ben Tameifuna à gauche.

Problème : Levan Chilachava a retiré ses crampons. Le temps que le Géorgien les remettent, l’arbitre décide de faire jouer la mêlée. Le RCT perd la mêlée et donc la finale du Top 14.

Une anecdote qui fait désormais sourire Bernard Laporte.

Avec humour, il explique ce qu’il changerait aujourd’hui.

« J’aurais dit à tous les joueurs : « Vous gardez vos crampons jusqu’à la fin, on ne sait jamais ! » »

Avant de conclure sur une note plus légère.

« Quand on se voit avec Levan, on en rigole. À chaque fois, je lui dis : « Tu as les crampons aujourd’hui Levan ? » Et il explose de rire. »

Aussi, Bernard Laporte explique ne pas avoir voulu recadrer ses joueurs à l’issue de la finale : 

« Tu n’as pas envie d’engueuler les mecs pour ton dernier match. Ma réaction a été liée au fait que j’arrête. Bien sûr que si j’avais continué l’aventure, ça n’aurait pas été le même discours… Là, tu te dis juste que tu as manqué l’occasion de gagner. Voilà, c’est la vie. On se l’est mangé. Terminé. Et puis, je m’aperçois que certains joueurs sont partis de Toulon et qu’ils n’ont joué nulle part après… »

Pour conclure, il affirme ne plus penser à cette finale : 

« Je n’y pense pas le matin en me levant. Vous savez que vous allez mourir vous aussi? Comme tout le monde. Vous le savez. C’est le plus important. Le reste, ça ne compte pas. Ça fait chier quand tu perds, tu es content quand tu gagnes. Mais ce n’est pas parce que tu gagnes que tu es le meilleur du monde. Et ce n’est pas parce que tu perds que tu es le plus nul. Surtout en finale. Tout ça, pardonnez-moi l’expression, mais c’est de la branlette espagnole. C’est comme ça. On n’y pense plus. Et quand on se voit avec Levan Chilachava, on en rigole. À chaque fois, je lui dis: « Tu as les crampons aujourd’hui Levan? » Et il explose de rire. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. RCT_Yoda 24 juin 2026 at 18h- Répondre

    En attendant, on a perdu une belle occasion de gagner un Brennus cette année-là.

    • Eddy 24 juin 2026 at 19h- Répondre

      La pénalité sifflée contre Gorgodze en fin de 1er nous fait très mal à la fin, car 2 points ou 5 points d’écart c’est pas la même sous les poteaux du Racing.
      Cette pénalité était une farce grossière du grand Raynal…