« Ca fait 3 ans qu’il n’a pas fait tomber un ballon, on va pas lui en vouloir non ? », Piqueronies défend l’un de ses internationaux
« Ca fait 3 ans qu’il n’a pas fait tomber un ballon, on va pas lui en vouloir non ? », Piqueronies défend l’un de ses internationaux
Le dimanche 14 juin 2026 à 12:42 par David Demri
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La belle histoire de la Section Paloise s’est arrêtée aux portes des demi-finales du Top 14. Battus au Hameau par le Racing 92 (33-31), les Béarnais ont vu leur parcours prendre fin au terme d’un barrage longtemps indécis.
Invaincus à domicile durant toute la saison régulière, les Palois ont finalement cédé lors du match le plus important de leur exercice. Une immense déception pour Sébastien Piqueronies, qui a livré une analyse lucide et sans détour après la rencontre.
Les détails qui ont coûté la qualification
Le manager de la Section Paloise estime que la rencontre s’est jouée sur très peu de choses.
« Mon sentiment c’est qu’on a joué enfin un match de phase finale et un match de phase finale c’est finalement très équilibré, c’est finalement un match où chaque équipe se rend coup pour coup et malheureusement ce match on l’a perdu. »
Piqueronies reconnaît que son équipe avait néanmoins les moyens de faire basculer la rencontre.
« Alors on aurait pu le gagner, je pense, on aurait pu le perdre, mais ce qui est sûr c’est qu’on l’a perdu. Alors comment on l’a perdu ? Déjà nos deux entames nous coûtent très cher en nombre de points. »
Il regrette également plusieurs situations mal négociées dans les moments clés.
« Et puis je pense que la précision sur certains ballons, ce ruck où on dégueule un ballon, -7 points, les deux rucks bout de ligne de deuxième mi-temps où on se fait contester et où on perd deux possessions. Peut-être que notre manque de précision dans cette intensité-là fait que aujourd’hui on est dans le camp des déçus. »
Un point fort devenu une faiblesse
L’un des plus grands regrets de Piqueronies concerne un secteur habituellement maîtrisé par son équipe.
« C’est frustrant de faire plutôt une saison remarquable sur les conquêtes aériennes, sur les coups d’envoi, sur la capacité à dominer le secteur aérien et à dominer tous les deuxièmes ballons, sur les rebonds au sol, et puis sur le moment capital, sur le moment le plus important, de passer un peu à côté. »
Le manager béarnais estime que son équipe a été moins performante sur ses fondamentaux.
« C’est surtout frustrant pour nous d’être moins bon aujourd’hui sur notre point fort. »
Pourquoi les trois-quarts ont été moins visibles
Piqueronies ne pense pas que le problème soit venu directement de sa ligne arrière.
« Quand tu défends, tu touches d’abord des zones avant de toucher les ballons. Et il est vrai qu’on a plus défendu souvent qu’attaqué le ballon. Donc si nos trois-quarts ont eu un peu moins de ballons, c’est que le peu de possession qu’on a eu, on s’en est séparé facilement par des fautes de main ou des turnovers. »
Le technicien palois estime que son équipe a trop souvent subi territorialement.
« Et c’est que globalement rideau contre rideau on a eu moins de possession que les Parisiens, et souvent des possessions plus basses. Tu sais, le fait de ne pas dominer nos coups d’envoi comme d’habitude fait que quand même, territorialement, on a démarré de très loin, et donc on y laisse de l’énergie. »
Pour lui, ce secteur a directement influencé le déroulement de la rencontre.
« Il faut pas non plus se tromper, on a laissé beaucoup d’énergie parce que notre territoire a été moins efficace que d’habitude, et ça c’est dû à la faiblesse de nos coups d’envoi, clairement. »
« J’ai trouvé mes hommes culottés »
Malgré l’élimination, Piqueronies refuse de remettre en cause l’état d’esprit de ses joueurs.
« J’ai globalement trouvé mes hommes culottés, audacieux aujourd’hui, mais effectivement moins précis techniquement, moins réalistes, moins opportunistes, moins justes. »
Le manager a également défendu l’un de ses joueurs après une erreur décisive : Théo Attissogbe.
« Tu sais, Théo, ça fait trois ans qu’il a pas fait tomber un ballon, on va pas lui en vouloir non ? »
Il a ensuite donné des nouvelles du joueur concerné.
« Il est gêné avec sa cheville. Tu as remarqué qu’il a pas joué les deux derniers matchs. Il était apte selon nous à jouer, et puis il a eu une vive douleur très tôt qui s’est stoppée, donc il est re-rentré, mais bon comme tu as vu c’est un peu du bricolage. »
Le staff va désormais faire un point médical complet.
« Donc on va prendre soin de lui et dès demain on va bilanter plus précisément tout ça, parce que je pense malheureusement qu’il a besoin de repos. »
Le Racing a-t-il dominé Pau physiquement ?
Piqueronies refuse l’idée d’une domination écrasante des Franciliens dans les duels.
« Tu sais, les 13 autres équipes de Top 14 souffrent au contact face à Manu, Romain Tao… Ça s’appelle le rugby. Le point fort des Franciliens effectivement c’est d’avoir des gros porteurs de balle. »
Pour lui, le problème se situe davantage dans l’organisation collective.
« C’est pas grave d’être dominé au contact, à condition d’avoir une organisation suffisante pour gagner au moins les efforts de course, et plaquer le plus haut possible, et puis circuler vite pour attaquer le deuxième ballon. »
L’entraîneur béarnais ne considère pas que son équipe a souffert dans ce secteur.
« Le Racing effectivement est très efficace sur ses portées de balle, mais souffert… Non. J’ai pas vu un mec traverser le terrain sur 70m, il a fait 4m et après ils ont marqué sur les temps d’après. »
Piqueronies revient alors sur un autre secteur habituellement performant.
« Je crois surtout que la recette d’aujourd’hui c’était d’être capable de mieux plaquer bas. Globalement on a une saison où on plaque bas de manière efficace, de manière complétée, et aujourd’hui on a échappé des plaquages. »
Le constat est clair pour le technicien palois.
« Je retiendrai que là où on est fort traditionnellement – nos coups d’envoi – là où on est courageux, efficace, précis traditionnellement – nos plaquages – je dirais pas qu’on a été faible mais on a été un peu moins bon peut-être aujourd’hui, et en face effectivement il y avait des clients. »
Une immense déception avant tout
Au moment d’évoquer le bilan de la saison, Piqueronies a eu du mal à cacher son émotion.
« Honnêtement, j’ai vraiment du mal à te tirer un bilan tant je suis déçu. »
Le manager de la Section n’a pas cherché à minimiser sa frustration.
« Je suis très très très déçu, parce que je peux te garantir que tous ensemble on avait vraiment vécu cette semaine comme une semaine de qualification, comme une semaine où on voulait gagner un match. »
L’ambiance vécue autour de l’équipe avait renforcé les espoirs béarnais.
« On a senti un mot incandescent aujourd’hui, on se sentait portés, et on se rend compte que nous qui voulions un mot invincible dans le pire moment, dans celui qu’on voulait absolument, on le lâche. Donc honnêtement, permets-moi de ne même pas penser à n’importe quel bilan et d’accepter ma déception. »
L’avenir est déjà en marche à Pau
Il sait toutefois que cette qualification ne garantit rien pour l’avenir.
« Ce qu’il y a de certain c’est que nous qualifier cette année ne nous garantit pas du tout d’avoir une saison stable l’année prochaine. C’est la raison pour laquelle l’inter-saison est déjà planifiée, le bloc des dix premiers matchs est déjà planifié. »
Piqueronies insiste sur l’importance du redémarrage.
« Il va être pour nous capital de très très bien gérer l’inter-saison, de très très bien redémarrer dès le 20 juillet. »
Deux matchs amicaux sont déjà prévus pour préparer le prochain exercice.
« On va jouer Vannes et on va jouer Bordeaux. »
L’ambition est désormais de s’installer durablement parmi les meilleures équipes du championnat.
« Maintenant se qualifier durablement, c’est notre ambition, et on sait très bien que c’est un drôle de défi. »
Le message envoyé à son groupe est déjà très clair.
« Le plus difficile nous attend, donc il faudra à la rentrée qu’on soit pas nous-mêmes mais qu’on soit bien meilleurs, c’est sûr. »
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