« Ce n’est tout simplement pas possible » : En colère, Christophe Urios hausse encore le ton après la claque

« Ce n’est tout simplement pas possible » : En colère, Christophe Urios hausse encore le ton après la claque

Le samedi 19 septembre 2026 à 23:28 par David Demri

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Christophe Urios n’a pas attendu longtemps avant d’envisager des changements à Bayonne. Après la lourde défaite de Clermont (46-24), le manager auvergnat a livré une analyse particulièrement sévère de la première période de son équipe. Manque d’engagement, de précision, de volonté et même défaillances mentales : le technicien n’a quasiment rien apprécié des quarante premières minutes.

Menée 27-10 à la pause, l’ASM a montré un tout autre visage au retour des vestiaires avant de connaître une nouvelle fin de rencontre compliquée. Urios avait d’ailleurs décidé de procéder à huit changements d’un coup pour provoquer un électrochoc.

« J’aurais presque pu coacher à la 30e minute »

Le manager clermontois a reconnu avoir envisagé d’intervenir encore plus tôt.

Pour Urios, le problème ne se limitait pas à quelques imprécisions techniques. Il a surtout vu une équipe incapable de mettre l’intensité attendue.

Le constat du manager de l’ASM sur la première période est particulièrement dur :

« Écoutez, on ne fait pas une bonne première mi-temps. J’étais déçu de la première mi-temps. J’aurais presque pu coacher à la 30e minute, vous voyez… Je me suis retenu. Je trouvais qu’on avait manqué d’engagement, de précision, de volonté aussi. Tu ne peux pas prendre deux ou trois essais de cent mètres où il ne se passe pas grand-chose. Ce n’est pas possible, quoi ! Cela montre qu’on avait des défaillances, d’abord mentales. Quand tu ne montes pas, que tu ne chasses pas, que tu ne mets pas de pression, ça pose un problème. »

Clermont a également laissé échapper trop de ballons dans les zones où il aurait pu concrétiser sa domination.

Urios explique alors pourquoi il a décidé de prendre un risque important avec son banc :

« On a perdu je ne sais pas combien de ballons dans la zone de décision sur le premier quart d’heure. On était en dedans. L’essai juste avant la mi-temps nous tient en vie. Le discours à la pause, c’était qu’il fallait marquer vite, parce que je savais qu’ils pouvaient penser que le match était gagné. C’était un pari de marquer vite et de changer tout le monde, quitte à prendre des risques sur la fin de match, et on l’a un peu payé d’ailleurs. Mais bon, la vie est un risque… »

« On jouait à notre niveau en fait ! »

La réaction attendue est arrivée dès le début de la deuxième période.

Clermont a retrouvé un jeu beaucoup plus direct, de l’avancée et davantage d’efficacité dans les collisions. Pour Urios, cette séquence a surtout montré ce que son équipe aurait dû proposer dès le coup d’envoi.

Le technicien oppose clairement les deux visages affichés par ses joueurs :

« Le début de la deuxième mi-temps est pas mal… On jouait à notre niveau en fait ! C’était un jeu simple, direct. On ne se compliquait pas la vie. On gagnait les collisions. On peut me dire ce qu’on veut, mais en première mi-temps, tu perds toutes les collisions, tu n’avances jamais, tu n’as pas des ballons qui vont vite. C’est tout le contraire de ce que l’on voulait et tout le contraire du début de la deuxième mi-temps. »

La dynamique clermontoise a ensuite été freinée par un deuxième carton rouge et la blessure de Kevin Noah.

Urios y voit un nouveau tournant de la rencontre :

« Je me suis posé la question de savoir s’il fallait coacher vite. Je trouvais que les gars allaient amener cette énergie, c’est ce qui s’est passé. Après, le deuxième tournant du match est le deuxième carton rouge, et la blessure de Kevin Noah qui se blesse à peu près au même moment. Après, ça a été beaucoup plus difficile… »

« Deux matches qu’on en prend quarante à l’extérieur »

Au-delà de cette rencontre, Christophe Urios commence surtout à identifier un problème dans les déplacements de son équipe.

L’ASM a eu des opportunités à Bayonne mais n’a pas suffisamment concrétisé ses temps forts. Lorsque l’Aviron a accéléré, Clermont a ensuite complètement perdu le contrôle pendant une dizaine de minutes.

Et Urios refuse de banaliser le nombre de points encaissés loin de ses bases :

« Oui, on dominait, c’est vrai. On jouait une équipe qui doutait et on avait fait le pari de lancer le jeu, de jouer, de même prendre les pénaltouches s’il y en avait, mais ce n’était pas très engagé, direct ou tranchant. On a perdu trois ballons dans la zone des 22 mètres. Je veux bien qu’ils aient de bons gratteurs, mais on était plutôt éparpillés sur le terrain. Oui, on a dominé le match sans mettre de points. La seule occasion où ils viennent chez nous, en première mi-temps, ils marquent un essai. Après, il y a ces dix minutes où c’est le trou noir. On perd le fil, on prend deux essais de cent mètres. Il faudra que l’on soit capables de faire autre chose à l’extérieur. Ça fait deux matchs qu’on en prend quarante à l’extérieur. Ce n’est, tout simplement, pas possible. »

Quant aux enseignements tirés sur la profondeur de son effectif, Christophe Urios préfère pour l’instant ne rien dévoiler.

Interrogé sur les réponses obtenues, il ferme rapidement la porte :

« Oui, mais vous comprenez bien que je les garde pour moi. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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