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« Cela a été vraiment dur… j’ai ressenti énormément de déception » : Un joueur du XV de France se livre

« Cela a été vraiment dur… j’ai ressenti énormément de déception » : Un joueur du XV de France se livre

Le jeudi 23 avril 2026 à 7:00 par David Demri

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Le troisième ligne international français, Paul Boudehent s’est longuement confié dans les colonnes de L’équipe.

Aligné à de nombreux reprises en deuxième ligne cette saison, le joueur du XV de France a pu retrouver sa place en troisième ligne contre l’UBB.

Il savoure : 

Honnêtement, j’étais très content, parce que c’est mon poste avant tout. J’ai quand même terminé deuxième-ligne en fin de match. Je suis content de dépanner. Tant que je suis sur le terrain, c’est le plus important. Après, j’estime que là où je suis le meilleur, là où j’aide le plus l’équipe, c’est en troisième ligne. En deuxième ligne, je ne fais que dépanner.

Après avoir joué neuf de ses dix dernières titularisations en seconde ligne, il a dû retrouver ses réflexes de troisième ligne contre les girondins. Extrait:

Là, ce week-end, j’ai eu des mauvais réflexes par exemple. Des trucs tout cons. J’ai été un peu aspiré au centre du terrain, là où normalement, je dois être davantage dans les couloirs, sur les extérieurs. Il y a des moments où je me suis dit : « Attends, je joue troisième-ligne aujourd’hui, il faut que je reste là ! » J’avais tendance à vouloir enrouler fort, dans le sens. Je me suis fait la réflexion trois ou quatre fois pendant le match.

Il rappelle que les deux postes sont quand même très différents. Extrait:

Ce sont quand même deux métiers différents. Mais tu peux avoir des joueurs capables de faire les deux. Il y en a plusieurs au club. Cette saison, ceux qu’on a le plus vu faire la navette, c’est Judicaël Cancoriet et moi. Dans le sens inverse, Ultan Dillane, Charles Kante Samba et Kane Douglas, de manière plus exceptionnelle, peuvent le faire. Pour passer de troisième à deuxième ligne, il ne faut pas être trop léger. Tes piliers vont le sentir en mêlée. Après pour sauver les meubles, tu peux mettre n’importe quel troisième-ligne en deuxième ligne, mais ce n’est pas l’idéal.

Des mecs de 2 m et 120 kg, ça ne court pas les rues. Alors que des mecs de 1,90 m à 110 kg (lui fait 1,92 m pour 107 kg), tu en as cinq fois plus. C’est ce qui pousse les entraîneurs à faire ce choix. Si tu veux un bon numéro 4 JIFF (issus de la filière de formation française), ce n’est pas évident parce qu’ils sont tous sous contrat. Quand tu veux en recruter un, ça devient tout de suite très compliqué. C’est pour ça qu’il y a des changements de postes qui sont un peu forcés.

Et s’il devait jouer au poste de centre ? 

Techniquement, je peux jouer centre. Mais là, c’est vraiment sauve-qui-peut ! Si je commence à basculer à ce poste, c’est qu’il y a eu 4 blessés, 8 commotions, et c’est vraiment la guerre derrière. (Rire.)

Tous ces changements de postes, je trouve ça génial parce que ça te sort un peu de la monotonie. Sinon tu fais tout le temps un peu la même chose, toutes les semaines. C’est comme un bol d’air frais. Les courses, tu les fais différemment, tu ne réfléchis plus de la même manière. Ça te stimule. Évidemment, je préfère jouer troisième-ligne. Mais quand je changeais, que je passais à l’aile ou au centre, j’étais trop content.

En plus, tu as tout à gagner, parce qu’au pire, tu fais une erreur. Quand je me retrouve à dépanner à l’aile, je ne défends pas vraiment comme un ailier. On ne devrait pas se trouver des excuses comme ça, mais la vérité, c’est que tu es dans une situation où on te pardonne certaines erreurs. Je ne suis pas vraiment ailier, je suis là pour dépanner. Donc, en fait, je n’ai aucune pression. Si tu fais bien les choses, tu es le king. Et si tu trompes, ce n’est pas grave. 

Pour lui, être polyvalent n’est surtout pas un problème : 

J’estime que j’avais comme un devoir de reconnaissance envers le club. Quand je suis arrivé à La Rochelle (en 2017), honnêtement, je n’avais pas le niveau. Le staff, en espoir, puis en pro, a été très patient avec moi, parce que je n’étais pas forcément le plus simple à gérer. Ils ont pris le temps, ils ont persévéré à vouloir me former. Alors qu’ils n’étaient pas obligés de le faire, ils ont fait le choix de me garder. Cette année, si j’avais voulu penser qu’à moi, j’aurais refusé de jouer deuxième ligne. Mais le club avait besoin de moi.

Le Stade Rochelais m’a beaucoup donné. C’était le moment de rendre. Alors oui, j’entends quand on dit qu’il faut penser à soi, à sa carrière, parce que ça va vite. Et c’est vrai. Mais en même temps, si on n’avait pas été patient avec moi, si le club n’avait pas cru en moi, il ne serait même pas question de se dire que c’est court une carrière. Nous, les joueurs, on est dans une position où on nous donne en permanence. On prend. Là je me suis dit que c’était aussi le moment de donner.

Lorsque le journaliste lui rappelle qu’il n’a pas joué avec l’équipe de France lors du dernier Tournoi des Six-Nations, il réagit : 

Ouais… C’est dans un coin, on va dire. Je préfère y aller par étapes, pendre les week-ends les uns après les autres. Je vais tout faire pour être prêt. Mais je ne fais pas de plan sur la comète. Si ça doit se faire, ça se fera. J’ai eu pas mal de pépins physiques cette année. J’ai enchaîné deux blessures en janvier (cervicales) puis en mars-avril (genou). Entre-temps, il y a eu le Tournoi des Six Nations où j’étais avec les copains à Marcoussis mais sans participer… Là, ç’a été vraiment, vraiment dur. J’ai ressenti énormément de déception…


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. HL1315 23 avril 2026 at 11h- Répondre

    9 fois deuxième ligne sur 14 matchs, 4 fois 4, 5 fois 5, ce n’est plus du dépannage, c’est de la polyvalence.
    1,92 107 kg, cela laisse entrevoir des possibilités de polyvalence pour Zingone et Shioshvili.
    Zingone 1,97 118 Kg
    Shiosvili 1,93 ou 1,96 selon les sources 117 Kg.