Cette méthode utilisée par les clubs du Top 14 peut faire gagner un match dans les dernières secondes
Cette méthode utilisée par les clubs du Top 14 peut faire gagner un match dans les dernières secondes
Le samedi 30 mai 2026 à 10:37 par David Demri
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À l’approche des phases finales, chaque détail compte. Et dans les clubs du Top 14, un travail bien particulier occupe désormais une place importante dans les entraînements : préparer à l’avance les scénarios de fin de match.
Pénalité à jouer ou à tenter ? Touche ou jeu à la main ? Comment réagir après un carton rouge à cinq minutes de la fin ? Autant de situations que les staffs cherchent à anticiper avant même qu’elles ne se produisent.
Préparer le chaos avant qu’il n’arrive
Dans la plupart des clubs, ces exercices sont intégrés à la grande opposition de la semaine.
L’objectif est simple : placer les joueurs dans des situations proches de celles qu’ils pourraient rencontrer lors d’un match décisif.
Julien Dumora, entraîneur des trois-quarts du Castres Olympique, résume parfaitement cette philosophie dans les colonnes de L’équipe :
« L’idée est de préparer les joueurs à ce qui pourrait se passer dans le money-time. Pour que, le jour où ça arrivera ou que ça se reproduira, ils aient les idées suffisamment claires pour adopter la bonne attitude. »
À Clermont, les entraîneurs imaginent régulièrement des scénarios très précis.
« Par exemple, on bénéficie d’une pénalité sur la ligne de ses 40 m alors qu’on joue à 14 contre 15 et qu’on a 2 points d’avance à deux minutes de la fin. Quel lancement de jeu annoncer ? », explique Frédéric Charrier.
Réduire « la fenêtre du chaos »
Du côté de Perpignan, Laurent Labit est également un adepte de cette méthode.
« On est capables d’y mettre trois ou quatre séquences scénarisées de deux minutes sur un thème bien précis. »
L’ancien entraîneur du XV de France estime que ce travail permet surtout de mieux gérer les moments les plus tendus.
« Une fin de match serrée, c’est toujours le chaos. Disons qu’en faisant ça, on réduit un peu la fenêtre du chaos. »
À Montpellier, les joueurs sont parfois confrontés à des situations déjà vécues.
« Il reste une minute et on a une pénalité en bonne position pour gagner le match. Est-ce qu’on essaie de prendre les points ? Et si oui et qu’on rate la pénalité, comment se place-t-on sur le renvoi de l’adversaire ? », détaille Joan Caudullo.
Les exemples qui ont changé l’histoire
Parfois, les scénarios travaillés à l’entraînement se reproduisent presque à l’identique en match.
Julien Dumora se souvient notamment du barrage remporté par Castres à Toulouse en 2018.
« Dans les jours qui précédaient, on avait travaillé l’éventualité d’une fin de partie qu’on devait gérer avec un joueur en moins. Et sur ce match, notre talonneur Jody Jenneker a justement pris un carton rouge. Du coup, on avait su comment faire. »
Laurent Labit évoque également un souvenir marquant avec le XV de France en Australie.
« On s’était dit dans la semaine que si on menait d’une courte tête et qu’on obtenait une pénalité dans les deux dernières minutes, on éviterait d’aller en touche parce que les Australiens étaient très bons dans ce domaine. On avait travaillé ce scénario et c’est exactement ce qui s’est produit. »
Le facteur humain reste essentiel
Malgré tout ce travail, aucun staff ne prétend pouvoir tout prévoir.
Pour Sébastien Piqueronies, manager de Pau, le plus important reste de placer les joueurs dans des contextes proches de la réalité.
« Une fin de match est un plein concentré de stress. Il faut donc pousser nos joueurs à vivre ces climats-là pour que cette expérience les aide à mieux décider le Jour J. »
Car même avec la meilleure préparation du monde, certains scénarios restent impossibles à anticiper.
Comme le rappelle Romain Ntamack :
« Tout ne se passe pas toujours comme prévu. Et c’est alors à nous, les joueurs, de nous adapter à la situation. »
À l’heure où la moindre décision peut faire basculer une saison entière, cette préparation des dernières minutes est devenue une arme de plus dans l’arsenal des clubs du Top 14.
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