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« Cette opération n’avait jamais été faite dans le monde du rugby » : Halagahu était tout proche d’arrêter sa carrière

« Cette opération n’avait jamais été faite dans le monde du rugby » : Halagahu était tout proche d’arrêter sa carrière

Le mercredi 8 avril 2026 à 9:38 par David Demri

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Le deuxième ligne du Rugby Club Toulonnais, Matthias Halagahu a repris la compétition après de longs mois d’absence en raison d’une blessure à un pied.

Interrogé dans les colonnes de Var-matin, le joueur formé au RCT explique précisément le mal qui l’a empêché d’enchainer les matches.

Ainsi, il indique avoir été victime d’une rupture de la plaque plantaire ainsi que d’une arthrose dégénérative.

Dans le même temps, il a dû se faire opérer du ménisque.

Autant d’interventions chirurgicales qui l’ont freiné dans sa progression.

Son dernier match avant sa blessure, c’était contre Castres, le 13 septembre dernier. Il s’en rappelle. Extrait:

« J’avais pris la décision de me faire opérer avant Castres. La semaine précédant ce match, j’étais monté à Lyon voir le chirurgien [Ronny Lopes, le même professionnel ayant opéré Antoine Frisch, Ndlr]. Il y a eu une grosse discussion entre les spécialistes, le staff et moi-même. Cette opération n’avait jamais été faite dans le monde du rugby.

Mais, inconsciemment, je savais que ça me pendait au nez. J’avais de plus en plus de mal à enchaîner. La douleur était constante. Quand j’ai senti que mon niveau allait chuter, j’ai pris cette décision. Mais au moment où le chirurgien m’a présenté le protocole, il m’a dit qu’il ne me garantissait pas de rejouer au rugby au haut niveau. Et honnêtement, là, je me suis vu arrêter. »

Il a cependant été obligé de se faire opérer sans quoi, il n’aurait pas pu poursuivre sa carrière de rugbyman. Extrait:

« Sans cette opération, je n’aurais pas pu continuer. Je ne pouvais plus pousser en mêlée, je ne pouvais plus enchaîner les courses, ce n’était juste plus possible. Après un entraînement, je ne pouvais même pas aller me balader, par exemple. Après chaque séance, mon pied était énorme.

J’arrivais le matin au Campus en me demandant comment j’allais faire pour m’entraîner. Je faisais des heures et des heures d’activation simplement pour participer à la séance. J’ai joué un paquet de temps comme ça. Mais il y a toujours un match, derrière, qui te donne envie de passer au dessus et de te taire sur la douleur. »

Il confirme avoir été totalement perdu juste avant l’opération, par crainte qu’elle échoue. Extrait:

« J’ai consulté mes parents, mon grand-père, ma copine et basta. Jusqu’à deux jours avant de partir pour l’opération, dans ma tête, un coup j’y allais, un coup je n’en avais plus envie… C’était compliqué. J’ai passé quinze jours durant lesquels j’étais vraiment perdu. Avant d’être sûr à 100 %, je me suis enfermé chez moi et me suis dit: “C’est fini, je ne pourrai plus jouer”. J’ai fait de nombreuses réunions avec des spécialistes du pied, avec le chirurgien, avec le staff médical du club. D’ailleurs, je les remercie. Ils m’ont aidé du mieux qu’ils pouvaient.

J’ai fait intervenir un spécialiste du pied pendant ma rééducation, Romain Tourillon. En Europe, c’est le king (sourire). Il m’a donné toute son expertise, m’a rassuré pour l’opération. Il m’a dit qu’au niveau de la course, ça irait. L’interrogation, c’était sur la mêlée. En fait, avec l’opération, j’ai l’articulation bloquée. Je n’ai plus de flexion. Et sur ça, c’était compliqué de savoir si j’allais de nouveau pouvoir pousser correctement. J’ai dû faire un gros travail de mobilité et un gros boulot sur la mêlée avec “Brique” [Éric Dasalmartini], Micka [Ivaldi] et avec les préparateurs physiques. J’ai passé plus de temps avec eux que chez moi (sourire). »

Il ne manque pas de remercier Pierre Mignoni pour son soutien. Extrait:

« Honnêtement, Pierre a été super. Il a créé un staff autour de moi, a organisé la réunion avec le chirurgien et il a été le premier à mettre des mots sur l’arrêt de carrière. Quand on se demandait ce qu’on allait faire avec Didier [Demory, docteur du RCT, Ndlr], c’est le premier qui a osé en parler. J’y pensais… mais lui a dit: “Est-ce que potentiellement, il peut avoir un arrêt de carrière lié à l’opération?” Je n’oublierai jamais cette phrase. Et en face, la réponse a été: “Oui”. »

Cette réponse l’a beaucoup fait cogiter. Extrait:

« Là? Tu prends une belle décharge. D’abord, tu te dis que ce n’est pas possible. Ça fait bizarre, tu cogites. Mais une fois la décision prise, ce qui est plutôt rassurant, c’est que tu es emmené dans un processus où tu dois valider des étapes. L’opération, la cicatrisation, la botte… mais ce qui m’a mis un peu dans le dur, c’est que j’ai eu le droit à deux opérations… et donc deux rééducations (lire ci-contre). »

Il conclut en expliquant avoir passé des moments très difficiles durant cette période de blessure. Extrait:

« J’ai essayé d’apprendre à faire la part des choses, relativiser et comprendre qu’il n’y a pas que le rugby dans la vie. Quand tu es plongé dedans, tu ne vois que ça. Je suis un mec qui mange rugby. Mais il y a des gens qui comptent autour de toi. Il faut s’ouvrir sur autre chose même si, en même temps, tu n’as qu’un seul combat: celui de revenir le mieux possible.

Tu te dis qu’il n’y a pas que ça… mais tu ne penses qu’à ça (sourire). C’est un vrai travail. Je me suis livré à fond dans cette rééducation. Je n’ai pas lâché et je suis plutôt content parce que je ne pensais pas pouvoir travailler autant. Je suis fier d’avoir passé cette étape, de ne plus avoir de douleurs et d’avoir retrouvé les terrains. Maintenant, c’est derrière moi. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

8 Commentaires

  1. christo 8 avril 2026 at 10h- Répondre

    Matthías, tu vas rebondir et revenir encore plus fort. Peut être tu auras la même carrière que Charles, que l’on croyait perdu pour le rugby. Maintenant c’est un taulier du RCT, et de l’équipe de France. Accroche toi et reviens à ton meilleur niveau

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    • Danslaverte 8 avril 2026 at 11h- Répondre

      Le potentiel de départ est loin, très loin d’être le même pour ces deux joueurs. Soyons factuels. Le capital talent/physique/intelligence de jeun ne sont pas comparables. Mathias pourra éventuellement faire un bon 8 mais ne fera jamais un très bon deuxième ligne, il n’en a pas le potentiel il faut être lucide

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      • loule 9 avril 2026 at 00h- Répondre

        Un bon 8 c’est certain. Quand à son potentiel, avec ses 1m94 il est juste limité par sa taille pour le très haut niveau, mais si vous parlez d’autre chose alors je ne suis pas d’accord. Il en a toutes les autres qualités, et surtout la rugosité qui est naturelle chez lui et une détermination de tous les instants, ce qui ne se trouve pas chez tous les joueurs à son poste.

  2. ??? 8 avril 2026 at 10h- Répondre

    Souhaitons lui une belle carrière au RCT . On s’interroge parfois sur ces périodes des joueurs blessés , sur leur durée …..mais quand on lit ce qui précède et quand on a eu à vivre ce genre de chose toute rééducation est une épreuve qui ne tolère pas la demi mesure ….la aussi le travail paye !!!!

  3. Ali 8 avril 2026 at 10h- Répondre

    Je te souhaite le meilleur pour la suite de ta carrière, et probablement le futur capitaine, et un authentique Rouge et noir.

  4. Pilou06 8 avril 2026 at 10h- Répondre

    Espérons pour lui et pour le club que ces problèmes de santé soient derrière lui définitivement et qu’on puisse se régaler à le voir s’épanouir sous les couleurs rouge et noir !

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  5. Fifi 8 avril 2026 at 11h- Répondre

    Tu es un King mec !!!Le RCT peut être fier de Toi…tu seras le capitaine de demain..j en vois pas d autre au club

    • Danslaverte 8 avril 2026 at 15h- Répondre

      Vous plaisantez les gars ? Soyons sérieux ! rooooh quand même. Mathias n’est ni plus ni moins qu’un bon joueur de club, pour le capitanat il y a du monde avant lui ou alors il faudrait une avalanche de blessés ou bien pour le récompenser. mais sur la vraie valeur ajoutée à l’équipe, à des années lumières d’un Botha, Williams, Rossouw, Ribbans…

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