« Deux tendons rompus ! » Ben Tameifuna raconte son incroyable sacrifice pour l’UBB
« Deux tendons rompus ! » Ben Tameifuna raconte son incroyable sacrifice pour l’UBB
Le jeudi 2 juillet 2026 à 8:30 par David Demri
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Le titre de champion d’Europe de l’Union Bordeaux-Bègles n’a pas été remporté sans sacrifices. Quelques semaines après les célébrations, Ben Tameifuna a levé le voile sur l’incroyable blessure qu’il a traînée durant la fin de saison.
Le pilier tongien a révélé avoir disputé plusieurs rencontres majeures avec une rupture de deux tendons de l’épaule, retardant volontairement son opération pour accompagner ses coéquipiers jusqu’au bout de l’aventure.
Aujourd’hui passé sur la table d’opération, le puissant pilier bordelais a également évoqué sa longue rééducation, le soutien des supporters de l’UBB et son immense attachement au club girondin.
Une blessure découverte en pleine course aux titres
Tout a commencé plusieurs semaines avant les grandes échéances de la saison. D’abord une simple gêne, puis une douleur devenue de plus en plus handicapante, jusqu’à révéler une blessure bien plus sérieuse qu’il ne l’imaginait.
Ben Tameifuna raconte le début de son calvaire :
« Je me suis fait opérer, ce qui explique cette attelle depuis à peu près une semaine et demie. Je devais me faire opérer depuis à peu près deux mois. Je crois que la première fois que j’ai vraiment ressenti une gêne, c’était après le match face au Leicester Tigers. J’ai ressenti un pincement à l’épaule. Mais je n’ai pas ressenti la douleur jusqu’au lundi de la semaine où on allait jouer Toulouse, quand j’étais en train de faire des lifts en touche. J’ai ressenti une douleur aiguë dans mon épaule. Je ne pensais pas que c’était quelque chose de grave donc j’ai juste continué à jouer. On a joué contre Toulouse ce week-end-là et je crois que ça a un peu aggravé mon état. »
Les examens passés dans la foulée ont rapidement confirmé les craintes du staff médical. Malgré un diagnostic très inquiétant, le joueur a pris une décision forte : repousser son opération pour rester disponible lors des matchs décisifs.
Le Tongien poursuit son récit :
« Après Toulouse, j’ai fait une IRM et j’ai vu que j’avais une rupture de deux tendons dans mon épaule. On jouait Montpellier la semaine suivante et il y a eu ce déblayage spécifique pendant le match où un troisième ligne m’a sorti du ruck sur le côté. La douleur est revenue à ce moment-là. Et au point où on en était, il fallait trouver un moyen de la réguler. Il fallait préparer la demi-finale face à Bath. Et l’opportunité de jouer et gagner un second titre. C’était quelque chose que je devais faire, pas seulement pour moi mais pour l’équipe. J’allais pousser mon corps à la limite pour les gars. »
Six mois de rééducation avant un retour espéré en fin d’année
La saison désormais terminée, Ben Tameifuna a enfin pu subir l’intervention chirurgicale qu’il repoussait depuis plusieurs semaines. Une opération qui ouvre désormais une longue période de rééducation, avec un retour espéré seulement à l’automne.
Le pilier reconnaît que les premiers jours sont particulièrement compliqués, notamment la nuit où la douleur reste très présente.
Il détaille son programme de récupération :
« La situation est plutôt douloureuse, surtout la nuit. J’avais du mal à trouver une bonne position pour dormir mais je sais que ça fait partie du processus de rétablissement. Ma rééducation va durer six mois. Les trois premiers mois vont permettre de laisser les tendons cicatriser et essayer de retrouver de la mobilité. Donc pour le moment, il a été établi que je pourrais revenir sur le terrain pour jouer autour de novembre ou décembre. C’est une blessure de six mois donc pour le moment j’essaye surtout de garder une bonne forme physique. »
« Le public nous donne envie de nous dépasser »
Au moment d’évoquer les souvenirs de cette saison exceptionnelle, Ben Tameifuna tient également à mettre en avant les supporters bordelais, dont l’ambiance a joué un rôle important selon lui dans les moments les plus difficiles.
Le pilier assure que l’énergie dégagée par Chaban-Delmas et le Stade Atlantique lui a souvent permis de repousser ses limites physiques.
Il rend un vibrant hommage au public girondin :
« Le public est incroyable pour moi. Ils m’ont donné encore plus de motivation pour jouer, surtout quand on arrive au stade, que ce soit à Chaban ou au Stade Atlantique. Il y a des fois tu te sens fatigué sur le terrain et tu entends le public et les supporters crier pour nous. C’est galvanisant et ça te donne envie de te dépasser. »
À 34 ans, le Tongien savoure pleinement les succès remportés avec Bordeaux, conscient que ce type de saison ne se présente pas tous les ans dans une carrière.
Il poursuit :
« Je ne suis plus si jeune donc avoir la chance de vivre et ressentir ces moments, porter le maillot, sentir tout le travail qu’on a accompli avec ce maillot… Le reste c’est de l’amusement. L’équipe et notre public méritent vraiment tout cela et le célébrer de la manière dont on l’a fait, c’était incroyable. Je veux m’impliquer le plus possible parce que ce sont des évènements qui n’arrivent pas souvent. Gagner un titre et surtout un back to back en deux ans, il faut en profiter aussi longtemps qu’on le peut. »
Pourquoi il s’est fait tatouer les deux étoiles européennes
Parmi les images qui ont marqué les célébrations bordelaises figure également le tatouage réalisé par Ben Tameifuna après les deux sacres européens de l’UBB. Un geste hautement symbolique pour celui qui considère Bordeaux comme un lieu à part dans sa carrière.
L’ancien joueur des Chiefs explique que chaque premier titre mérite d’être gravé à jamais.
Il conclut :
« Le truc du tatouage est arrivé quand j’étais chez les Chiefs. On se souvient de son premier bisou, son premier verre, sa première fête ou autre. Les premières fois sont toujours spéciales. Dans le futur, où que j’aille tu feras toujours partie de ce groupe. Donc c’est très spécial. Quand avec Bordeaux on a gagné notre premier titre de Champions Cup, je me suis dit que c’était une énorme reconnaissance de me le faire tatouer parce que faire partie de ce groupe, de cette équipe, c’est spécial pour moi et être les premiers c’est toujours particulier. Me faire une deuxième étoile, c’est plutôt cool. On dirait qu’il y a encore de la place au-dessus donc j’espère pouvoir en faire plus sur la jambe. Bordeaux est un endroit spécial pour moi et ma famille, donc j’adore ma vie ici. »
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