Dopage : L’Afrique du Sud dans la tourmente après une enquête choc
Dopage : L’Afrique du Sud dans la tourmente après une enquête choc
Le lundi 2 mars 2026 à 21:37 par David Demri
Publicité
Une enquête publiée ce lundi par le journal britannique The Telegraph vient jeter un froid sur le monde du rugby. Alors que l’Afrique du Sud domine la scène internationale depuis plusieurs années, la presse anglaise pointe du doigt une baisse spectaculaire du nombre de tests antidopage réalisés sur les joueurs sud-africains.
Ces révélations relancent les interrogations sur la propreté du rugby dans le pays des champions du monde.
Chiffres en chute libre
Le cœur de la polémique repose sur des chiffres officiels provenant de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Le constat est frappant : “le nombre de tests effectués dans le rugby par l’Institut sud-africain pour un sport sans dopage (SAIDS) a chuté de 785 en 2015 à 127 en 2024.”
Pour mieux comprendre l’ampleur de cette baisse, il suffit de regarder ce qui se passe ailleurs. En Angleterre, sur la même période, le nombre de contrôles a augmenté d’environ 25 %. Cette différence massive soulève de nombreuses questions, d’autant que plusieurs joueurs sud-africains ont été épinglés pour dopage ces dernières années.
Des cas suspects chez les Springboks
L’enquête du Telegraph rappelle également que des joueurs de premier plan ont été suspendus récemment. C’est le cas de S’busiso Nkosi et Elton Jantjies, sacrés champions du monde en 2019, qui ont écopé de lourdes suspensions en 2024.
Plus récemment, le cas d’Asenathi Ntlabakanye a fait parler de lui. Le pilier fait l’objet d’une procédure disciplinaire après “un résultat d’analyse anormal” lors d’un contrôle inopiné. Le joueur se défend en expliquant qu’il aurait pris un produit pour perdre du poids et non pour améliorer ses performances sportives. Malgré ces explications, le risque de suspension reste bien réel.
Un problème de laboratoire coûteux
Comment expliquer une telle diminution des contrôles ? Selon les autorités sud-africaines, le problème est avant tout logistique.
Le seul laboratoire accrédité dans le pays, situé à Bloemfontein, a connu de graves soucis. Il a été suspendu plusieurs fois par l’agence mondiale à cause de son “incapacité à remédier de manière satisfaisante à de multiples non-conformités à la norme internationale pour les laboratoires”.
Khalid Galant, le patron de l’organisme chargé de la lutte antidopage en Afrique du Sud (SAIDS), explique que cette situation oblige le pays à envoyer les prélèvements dans des laboratoires étrangers, comme au Qatar ou en Belgique. Cela engendre des coûts très importants que le budget actuel, peu soutenu, peine à couvrir.
Face à ces révélations, la fédération internationale, World Rugby, a tenu à rassurer en affirmant que les joueurs sud-africains continuent d’être régulièrement contrôlés lors des grandes compétitions internationales et des matchs de clubs en Europe.
Quelle est la procédure des contrôles dans le rugby ?
Pour comprendre les enjeux liés à l’enquête sur le rugby sud-africain, il est utile de saisir la mécanique des contrôles antidopage dans le rugby professionnel. C’est un système multiniveau, supervisé par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), qui s’applique de manière globale.
1. Les deux types de contrôles
Le système repose sur une approche combinant des moments prévisibles et des éléments de surprise.
-
Les contrôles « In-compétition » : Ils ont lieu lors des tournois (comme le Tournoi des 6 Nations, le Rugby Championship ou la Coupe du Monde) et des matchs de championnat. Généralement, les joueurs sont sélectionnés de manière aléatoire ou ciblée (par exemple, les joueurs ayant marqué un essai ou été élus « Homme du match »).
-
Les contrôles « Hors-compétition » (Inopinés) : C’est l’arme principale contre le dopage. Un agent de contrôle peut se présenter sans préavis au domicile du joueur, sur son lieu d’entraînement ou au centre de vie du club, à n’importe quelle heure de la journée. Le joueur est tenu de fournir sa « localisation » exacte dans les systèmes de gestion (comme ADAMS), et tout manquement est sanctionné.
2. Le déroulement type d’un contrôle
Le protocole est très strict pour garantir l’intégrité de l’échantillon :
-
La notification : Un agent accrédité informe le joueur qu’il est sélectionné. Le joueur est alors escorté en permanence jusqu’à la salle de prélèvement.
-
Le prélèvement : Le joueur fournit un échantillon d’urine, et parfois de sang, sous la supervision directe de l’agent (pour éviter toute substitution).
-
Le conditionnement : L’échantillon est divisé en deux flacons distincts, nommés A et B, puis scellés hermétiquement. Cela garantit que si le résultat de l’analyse A est positif, le joueur peut demander l’analyse de l’échantillon B pour contester ou confirmer.
-
L’analyse : Les échantillons sont envoyés dans un laboratoire accrédité par l’AMA. Ils sont anonymisés : le laboratoire ne sait pas à quel joueur appartient l’échantillon, seulement qu’il s’agit d’un numéro de code.
3. Le « Passeport Biologique » : Le suivi sur le long terme
Aujourd’hui, on ne se contente plus de détecter une substance précise dans l’urine. Le Passeport Biologique de l’Athlète (PBA) est crucial.
-
Il s’agit d’un suivi longitudinal sur plusieurs années.
-
Le système enregistre des paramètres sanguins et urinaires de base du joueur au fil du temps.
-
Si le système détecte une variation anormale (une montée soudaine de l’hémoglobine, par exemple, sans explication médicale), cela déclenche une enquête, même si aucune substance interdite n’est trouvée directement. Le passeport « dénonce » indirectement l’effet du dopage.
4. Qui contrôle quoi ?
La responsabilité est partagée, ce qui explique pourquoi l’enquête sur l’Afrique du Sud pose problème :
-
World Rugby : Gère les tests lors des compétitions internationales et des test-matches.
-
Organismes nationaux (comme le SAIDS en Afrique du Sud) : Ils gèrent le quotidien des joueurs dans leur pays.
-
Agences antidopage de club : En Europe, les clubs sont aussi soumis aux règles de leur pays d’accueil (comme l’AFLD en France).
Lorsqu’un laboratoire national (comme celui de Bloemfontein) est suspendu, les organismes comme le SAIDS doivent sous-traiter les analyses à d’autres laboratoires certifiés à l’étranger. Si le budget ne suit pas ou si la logistique est trop complexe, la fréquence des tests baisse mécaniquement, créant ainsi des « zones d’ombre ».
Quelles sanctions en cas de dopage avéré ?
Les sanctions sont régies par le Code mondial antidopage et sont conçues pour être dissuasives. Voici l’essentiel :
Pour le joueur :
-
Suspension : La peine standard pour une première infraction grave (utilisation d’une substance non spécifiée) est de 4 ans d’interdiction de toute compétition.
-
Disqualification : Tous les résultats individuels obtenus pendant la période de dopage sont annulés. Cela signifie la perte de médailles, de titres ou de points marqués.
-
Sanctions financières : Des amendes lourdes peuvent être imposées, en plus de l’interdiction de travailler dans le milieu du sport.
Pour l’équipe
-
Sanctions collectives : Si plusieurs membres d’une même équipe sont contrôlés positifs au cours d’une même compétition, l’équipe peut être disqualifiée, perdre des points au classement, ou se voir retirer un titre remporté.
-
Réputation : Au-delà des sanctions sportives, l’impact sur l’image du club ou de la nation est souvent considéré comme la sanction la plus durable et dommageable.
En résumé, la tolérance est quasi nulle, surtout en cas de récidive, où la suspension peut aller jusqu’à la radiation à vie.
16 Commentaires


pourquoi je ne suis pas étonné
Pourquoi cela nous étonne pas, et pourquoi il y a si peux de contrôle pendant la coupe du monde ? Corupssionne !!
Pas de contrôle, pas de dopage ! C’est aussi simple que ça !
Et en Top 14 , y a t il régulièrement des contrôles….. ?
Il me semble que certains joueurs de clubs très très en haut du classement pourraient courir comme des lapins et jouer 3 matchs d’affilée…
Pas bien grave …. Amstrong a fini par rendre ses titres un jour…
Ton imagination si positive et si angélique de choses que tu ne connais pas et remarquable. Je pense que la définition de l’expression » langue de vipère » colle parfaitement à tes interventions.
On verra jojo , on verra….
Mr Bernes et une dizaines de collaborateurs sont en train de l’aider à creuser , à gratter…
On verra donc…
Au fait The Best Seller, tu ne leur demande pas de rendre leurs titres à eux ??
Oui ça me paraît plus que logique
Complètement d’accord avec toi d’autant que ça fait un bail qu’ils sont , soit suspectés , soit pris la main dans le sac pour qqes’uns d’entre eux ..
Mayol il me semble qu’il y avait eu un article qui concernait un club de rugby du Sud Est…. Pharmacie produit… J’ai oublié le club en question si tu peux me rappeler le club en question
eh oui un peu de bière vite après un match !! hein, c’est pour faire descendre le taux des substances illicites comme l’EPO entre autres.
N’importe quoi, l’épo doit être pris régulièrement pour faire monter l’hematocrite et n’a pas d’action immédiate. Inutile de boire de la bière pour cela. Une micro dose tous les jours à minuit et plus de trace à 3h plus tard.
Faut regarder un docu sur les Sud-Africains, ceux qui ont gagné leur 1ère coupe du monde. Plusieurs joueurs ont contracté des maladies très rares, il y a même un décès je crois …….
Le dopage, réel ou supposé, n’est pas une nouveauté chez les Springboks.
Je ne pense pas que le dopage existe uniquement en Afrique du Sud……..il y a une vingtaine d’années un joueur Français (dont j’ai oublié le nom )avait lancé un cri d’alarme sur ce sujet en France…..
Laurent Benezech, mais vite prié de se taire…la taille d’une mâchoire bien développée était un des signes qu’il avançait.
Oui Otarie , en 95 lors de la coupe du monde chez eux à la sortie de l’apartheid , ils etaient chargés comme des batteries , 10 ans plus tard 1/3 de l’équipe a developpé des maladies dégénératives . Quelques uns sont morts déjà . Pour info , on les domine en 1/2 , l’arbitre nous enfile avec 1 essai de Benazzi refusé .
Et maintenant à l’hémoglobine de ver marin ; qui est quasiment indétectable !!!