Enzo Forletta règle ses comptes avec Montpellier avant de jouer la finale du Top 14 et de rejoindre l’USAP
Enzo Forletta règle ses comptes avec Montpellier avant de jouer la finale du Top 14 et de rejoindre l’USAP
Le jeudi 25 juin 2026 à 18:52 par David Demri
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Samedi soir, Enzo Forletta disputera bien la finale du Top 14 face au Stade Toulousain. Un rendez-vous que le pilier du Montpellier Hérault Rugby n’avait pas pu vivre en 2022, malgré une saison pleine.
Quatre ans plus tard, le contexte est bien différent : avant de rejoindre l’USAP, il veut offrir un dernier trophée au club héraultais… mais aussi prouver que certains se sont lourdement trompés sur son compte.
Car derrière la formidable saison réalisée par le MHR, le pilier gauche cache une revanche personnelle qu’il n’avait encore jamais racontée avec autant de franchise.
« Certains m’ont enterré un peu vite »
Alors qu’il s’apprête à quitter Montpellier après six saisons, Enzo Forletta reconnaît que ce départ n’était pas celui qu’il avait imaginé.
Lors d’un entretien accordé à RMC Sport, le futur joueur de Perpignan ne cache pas son attachement au club héraultais.
« C’est important de le dire parce qu’il faut dire les choses, ce n’était pas forcément quelque chose que je voulais. J’ai beaucoup donné à ce club. J’y ai construit ma famille, j’y ai vécu énormément de choses, donc Montpellier gardera toujours une place particulière pour moi. Bien sûr, je suis content d’aller à Perpignan, mais ça n’enlève rien à ce que représente ce club dans ma carrière. »
Mais il révèle également avoir vécu des moments particulièrement difficiles.
« Oui, clairement. Parce que j’ai vécu des années compliquées ici, où certains m’ont un peu mis sur le côté en expliquant, en gros, que je ne ferais plus rien. Moi, je savais qu’ils se trompaient. Je savais que j’avais encore le niveau, encore des choses à apporter. Quand on me parle de partir par la grande porte, il y a aussi ça derrière : montrer à ceux qui m’ont enterré un peu vite qu’ils se sont trompés. »
Il dévoile même une situation qui l’a profondément marqué.
« J’entendais même qu’on voulait me prêter dans un club de Pro D2. J’aurais envie de leur dire… Et leur serrer la main à la fin et leur dire : tiens, merci, au revoir. Après, ce n’est pas du tout la totalité du staff. Ce sont les gens qui sont passés par là, notamment. »
Cette finale représente donc bien plus qu’un simple dernier match sous les couleurs montpelliéraines.
Le MHR a retrouvé l’esprit des champions
Si Montpellier s’est invité au Stade de France, Forletta estime que ce n’est pas un hasard.
Le pilier voit de nombreuses ressemblances avec l’équipe sacrée championne de France en 2022, même si le style de jeu a évolué.
Il explique pourquoi cette équipe lui rappelle celle qui avait décroché le Bouclier de Brennus.
« Oui, surtout dans l’état d’esprit. Il y a quelque chose de cette équipe-là. On retrouve cette capacité à ne rien lâcher, cette solidarité, cette énergie collective. Après, les équipes sont différentes dans leur profil. Celle de 2022 se déplaçait peut-être un peu plus, alors que celle d’aujourd’hui est plus solide dans la domination physique, dans les duels, sur les phases statiques. Mais dans l’image globale, dans la trame, oui, il y a une ressemblance. »
Selon lui, le groupe a progressivement compris qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs.
« Je dirais qu’il y a eu deux étapes. La première, c’est avant Noël, quand on a commencé à enchaîner contre de grosses équipes et à faire des performances solides, même à l’extérieur. Là, on a senti qu’on n’était pas ridicules, qu’on pouvait rivaliser avec ce qui se faisait de mieux. Et puis il y a eu une deuxième bascule après des matchs comme La Rochelle ou Clermont, où on a commencé à se dire qu’il y avait peut-être quelque chose de très intéressant à aller chercher dans la qualification. »
Cette confiance s’est notamment construite autour d’un paquet d’avants redevenu l’un des plus performants du championnat.
Forletta insiste sur le travail quotidien réalisé en mêlée.
« À Montpellier, c’est clairement une des plus belles périodes que j’ai connues dans ce secteur. Après, je n’aime pas dire qu’on a roulé sur tout le monde. On a été très sérieux, très appliqués, mais en mêlée il faut toujours rester humble. C’est un secteur où tout peut basculer très vite. Tu peux être très fort un week-end et te faire secouer le suivant si tu te relâches. »
Il poursuit.
« Je pense que ça reflète vraiment l’état d’esprit du groupe, et notamment de notre paquet d’avants. On se remet en question chaque semaine. Même quand ça s’est bien passé le week-end précédent, on repart de zéro. C’est un éternel recommencement. Et puis on a la chance d’avoir un vrai travail spécifique avec Didier Bes, qui nous apporte énormément de repères sur les adversaires, sur les timings, sur les attitudes à avoir en match. Quand tu veux performer à haut niveau, ce genre de détail fait une vraie différence. »
Une finale qui efface enfin le regret de 2022
Cette affiche contre le Stade Toulousain possède également une dimension très personnelle.
En 2022, alors que Montpellier avait été sacré champion de France, Enzo Forletta avait dû assister impuissant à la finale depuis les tribunes après une blessure contractée au pire moment.
Un souvenir qui reste très présent.
« Oui, c’est quelque chose que j’ai toujours dans un coin de la tête. J’avais fait toute la saison, et au final j’ai raté les deux matchs les plus importants. C’est dur, parce que j’estime que j’aurais mérité de les jouer. Le staff avait tout tenté pour me remettre, vraiment. Ils voulaient absolument que je puisse disputer la finale. Mais le matin même, ça s’est joué à très peu et on a décidé de ne pas prendre le risque. Ça reste une vraie déception, parce que des années de titre, dans une carrière, ce sont des moments rares, à part pour le Stade Toulousain. »
Aujourd’hui, le contexte est totalement différent.
Cette fois, il sait qu’il sera sur la pelouse du Stade de France.
« Aujourd’hui, au moins, je sais que je vais jouer la finale. Et ça, c’est important. Quoi qu’il arrive, si je suis sur le terrain, je n’aurai pas ce regret-là. »
Avant de quitter le Montpellier Hérault Rugby, Enzo Forletta rêve désormais d’une dernière image forte.
Il conclut en expliquant pourquoi cette finale pourrait avoir une saveur unique.
« Oui, forcément. Parce qu’une carrière, ce sont des sacrifices. Et quand tu as l’impression qu’on te met de côté sans réelle explication, ça te touche. J’ai entendu des choses, j’ai vu des décisions, et forcément ça reste. Donc oui, si je peux finir fort, ce sera aussi une manière de répondre sur le terrain. De montrer que j’étais toujours là, et qu’on s’était trompé sur moi. Si je peux finir cette aventure ici avec un titre et en montrant que j’avais encore ma place, oui, forcément, ça aura une saveur particulière. »
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