Image par défaut

« Il a pété un plomb » : Sylvain Marconnet balance sur une colère noire de Bernard Laporte.

« Il a pété un plomb » : Sylvain Marconnet balance sur une colère noire de Bernard Laporte.

Le mercredi 25 février 2026 à 9:37 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT

Publicité

Ancien pilier emblématique du XV de France et deuxième joueur le plus capé à son poste avec 84 sélections, Sylvain Marconnet a vécu de l’intérieur l’intégration de l’Italie dans le Tournoi des Six Nations.

Aujourd’hui installé au Pays basque, il jette un regard plein de malice et de franchise sur ces confrontations latines.

Une mise en place sans ballons

À l’époque, affronter l’Italie représentait un défi particulier : celui de rester concentré malgré un statut de grand favori. Bernard Laporte, alors sélectionneur, craignait par-dessus tout le relâchement de ses troupes.

Dans les colonnes du journal régional Sud-Ouest, Marconnet se souvient d’une anecdote révélatrice lors d’un entraînement de veille de match sous la pluie romaine :

« Au tout début de la mise en place, pendant l’entraînement du capitaine, on fait tomber deux ballons. Et il pète un plomb. « Vous faites chier avec vos en-avant, si on fait ça demain, ça va être la merde. Allez, on enlève les ballons, au moins vous ne les ferez pas tomber ! » Et là, tu te retrouves comme un idiot, avec l’impression d’être dans un jeu où tu dois mimer pour faire deviner aux autres. »

La claque italienne du « bon goût »

Si les Français dominaient souvent sur le terrain, ils ont rapidement déchanté lors des troisièmes mi-temps. Habitués au style vestimentaire parfois austère des îles britanniques, les Bleus pensaient arriver en terrain conquis sur le plan de l’élégance.

La réalité fut tout autre :

« On avait l’habitude d’aller dans des pays où les gens étaient – passez-moi l’expression – mal fagotés. On était un peu les beaux gosses, les représentants de la French Touch ! Et là, quand on est arrivés en Italie… On a été mis sur la touche. Ils sont vraiment les dépositaires du lifestyle et du bon goût. Nous, on découvrait d’autres endroits, un autre état d’esprit, mais dans la bogossitude, on est redescendus d’un niveau. »

Le calvaire de Christophe Dominici et le séisme de 2011

Au Stade Français, les Italiens étaient nombreux, et les chambrages allaient bon train.

Sylvain Marconnet se rappelle notamment comment l’ailier Christophe Dominici était devenu la cible préférée de ses coéquipiers après un choc mémorable :

« Il avait pris un plaquage mortifère de Castrogiovanni. Ça l’avait laissé sur place et il était sorti sur civière. Mais finalement tout allait bien, le lendemain il était de retour à l’entraînement. Pendant des années au club, Italiens comme Français, on lui en a mis plein la tronche, parce que c’était notre boute-en-train. »

Souvent, contre l’Italie, les Bleus se permettaient de chambrer : 

« Pendant le match, si le score commençait à être lourd, on avait plus tendance à mettre une petite tape amicale, bienveillante. J’ai eu des situations plus complexes quand on jouait l’Argentine, avec Rodrigo Roncero. C’était d’un autre calibre, et là, on ne parlait carrément jamais du match. »

Mais l’histoire entre Marconnet et la Nazionale s’est terminée sur une note plus sombre en 2011, lors de la première défaite française dans le Tournoi face aux Transalpins (22-21).

Un revers qui a servi de détonateur à une fin de cycle brutale sous Marc Lièvremont :

« On sentait que le discours de Marc Lièvremont était un peu usé, on n’était pas tout à fait d’accord sur un certain nombre de choses, la stratégie… Il y avait peut-être aussi une cassure entre les jeunes et les vieux, dont je faisais partie. […] Les Italiens nous ont battus sur l’envie, le combat. Il ne me semble pas que nous, les anciens, ayons été les plus mauvais ce jour-là. Mais il fallait des boucs émissaires. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

0 Commentaire