« Il ne restait quasiment plus que les os » : Giovanni Habel-Küffner raconte sa terrible blessure

« Il ne restait quasiment plus que les os » : Giovanni Habel-Küffner raconte sa terrible blessure

Le jeudi 8 octobre 2026 à 10:11 par David Demri

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Dix mois loin des terrains, une jambe gauche dont il a dû reconstruire presque toute la masse musculaire et quelques appréhensions au moment de retrouver les contacts : Giovanni Habel-Küffner revient de loin.

Victime d’une rupture d’un tendon d’Achille le 25 octobre 2025 contre Bordeaux, le troisième ligne de Bayonne a retrouvé le Top 14 cette saison. Après cinq journées et deux matches consécutifs disputés intégralement, il assure désormais se sentir à 100 %.

Pour Giovanni Habel-Küffner, le simple fait de pouvoir enchaîner les rencontres a aujourd’hui une saveur particulière.

Avant cette blessure, le joueur de 31 ans n’avait jamais connu une aussi longue période sans compétition. Dix mois loin des terrains ont forcément laissé des traces, physiquement comme mentalement.

« Dix mois sans match, c’est dur »

Habel-Küffner a parfois dû prendre son mal en patience.

Pendant que ses partenaires poursuivaient leur saison, lui était contraint d’observer et de consacrer son quotidien à sa rééducation.

Le troisième ligne reconnaît dans les colonnes de Midi Olympique être passé par différentes phases pendant cette longue absence.

« Déjà, ça me fait beaucoup de bien d’être sur le terrain après avoir manqué une grande partie de la saison dernière. Je suis très content. Dix mois sans match, c’est dur. C’est la plus longue absence de ma carrière. On passe par des moments difficiles, des hauts et des bas. Je n’étais pas trop inquiet car c’était ma première grosse blessure. Je savais que j’étais chanceux par rapport à d’autres. »

Le plus difficile était également de ne plus pouvoir apporter sa contribution au collectif.

Habel-Küffner a toutefois pu compter sur d’autres blessés pour traverser cette période.

« Je ne pouvais pas aider l’équipe puisque j’étais sur le côté. Ça fait mal. Dans un sens, j’avais de la chance parce que nous étions nombreux à être blessés. On s’est tous soutenus. Je savais aussi que certains coéquipiers avaient eu la même blessure que moi et qu’ils avaient pu rejouer sans souci. »

« Il ne restait quasiment plus que les os »

Le véritable chantier a été physique.

Après plusieurs semaines d’immobilisation, Habel-Küffner a découvert à quel point sa jambe gauche avait fondu.

Il raconte avoir dû pratiquement reconstruire toute sa musculature.

« Oui, surtout au début. J’ai passé neuf ou dix semaines avec une botte pour que ça se consolide. Mais j’ai quasiment perdu tous les muscles de ma jambe gauche. Il ne restait quasiment plus que les os. Il a fallu tout reconstruire. Ça m’a pris un moment pour récupérer la même qualité qu’à l’autre jambe. »

Et même lorsque le corps est prêt à reprendre, il reste une dernière barrière à franchir : retrouver la confiance.

Ses premières apparitions ont donc été accompagnées d’une certaine appréhension.

« Sur mes premiers matches, j’avais un peu d’appréhension. Mais ça s’est bien passé. J’étais très content et surtout soulagé. »

« J’avais l’impression que c’était la première fois que je jouais au rugby »

Le match amical contre Biarritz a constitué une étape particulièrement révélatrice.

Après dix mois sans véritable contact, son corps avait perdu l’habitude des chocs inhérents au rugby professionnel.

Et pour un joueur dont l’impact physique constitue justement l’une des qualités, les sensations étaient pour le moins inhabituelles.

Habel-Küffner se souvient d’un lendemain particulièrement douloureux.

« Après le match amical contre Biarritz cet été, j’avais mal partout. Mes muscles n’étaient plus habitués après dix mois sans contact physique. C’était étrange car c’est justement une des forces de mon jeu. J’étais tout bloqué et j’avais mal partout. J’avais l’impression que c’était la première fois que je jouais au rugby. »

Heureusement, les sensations sont progressivement revenues.

« Puis c’est devenu plus facile à chaque match. Heureusement, sinon j’aurais eu besoin d’adapter tout mon jeu. »

« Je me sens à 100 % »

Quelques semaines plus tard, les doutes semblent désormais appartenir au passé.

Giovanni Habel-Küffner a participé aux cinq premières journées de Top 14 et vient surtout d’enchaîner deux rencontres de 80 minutes contre le Racing 92 puis le Stade Français.

Un cap important après une aussi longue indisponibilité.

Aujourd’hui, le troisième ligne assure avoir complètement retrouvé ses capacités.

« Je me sens à 100 %. J’ai joué 80 minutes lors des deux derniers matches contre le Racing et le Stade Français. C’était une étape importante. Je n’ai pas eu trop de courbatures. Ça fait énormément de bien. »

Son retour s’est également accompagné de responsabilités importantes au sein du groupe Bayonnais.

Le capitanat reçu contre Biarritz et Pau l’a aidé à retrouver immédiatement sa place.

« En plus, j’ai eu la chance d’être capitaine contre Biarritz et Pau, ça m’a permis de vite rentrer dans le groupe. Pour la confiance, c’était important d’avoir ces responsabilités. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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