« Il y avait un risque que mon cœur s’arrête » : Gaël Dréan raconte sa bicuspidie aortique
« Il y avait un risque que mon cœur s’arrête » : Gaël Dréan raconte sa bicuspidie aortique
Le mercredi 23 septembre 2026 à 10:07 par David Demri
Publicité
Gaël Dréan vivait avec sa bicuspidie aortique depuis l’âge de 18 ans. Pendant plusieurs années, la malformation cardiaque est restée stable malgré la pratique du rugby de haut niveau. Jusqu’au printemps dernier, lorsque les examens ont révélé une nette dégradation et rendu son opération inévitable. L’ailier du Rugby Club Toulonnais raconte aujourd’hui comment il a vécu avec ce problème et le moment où tout a basculé.
La particularité cardiaque de Dréan était donc connue bien avant son arrivée au RCT en 2022. Surveillé régulièrement, le Toulonnais pouvait poursuivre sa carrière sans ressentir le moindre symptôme sur le terrain. Mais les dernières mesures effectuées par son cardiologue ont changé la situation.
« Il y avait un risque qu’il s’arrête carrément »
Dréan prend le temps d’expliquer précisément la malformation avec laquelle il vivait. Sa valve aortique ne possédait que deux feuillets au lieu de trois, avec des conséquences devenues progressivement préoccupantes pour son cœur.
L’ailier du RCT explique dans Var-matin ce qui rendait finalement l’intervention indispensable :
« D’une bicuspidie aortique. Pour faire simple : il me manquait l’un des trois feuillets de ma valve aortique. Ce qui laissait passer du sang non oxygéné, qui se mélangeait avec du sang oxygéné. Et probablement du fait du rugby de haut niveau, ça entraînait une hypertrophie du ventricule et de l’aorte. »
Les dernières mesures ont fait apparaître un risque qui ne pouvait plus être ignoré :
« Sauf que mon cœur grossissait, et qu’il y avait un risque qu’il ne puisse plus se gérer tout seul. Qu’il devienne insuffisant ou qu’il s’arrête carrément. Au regard des dernières mesures prises par le cardiologue, l’opération était devenue urgente. »
Une malformation découverte à seulement 18 ans
Cette histoire avait commencé plusieurs années auparavant. Dréan avait découvert sa bicuspidie aortique à 18 ans, au point que son entrée en Staps avait été remise en question.
Des examens complémentaires réalisés auprès de spécialistes à Rennes lui avaient finalement permis de poursuivre son parcours, avec une surveillance cardiologique et une recommandation difficilement compatible avec son ambition : éviter le sport intense.
Dréan raconte ses premières années avec cette malformation :
« J’ai découvert ma malformation à 18 ans. Ce n’était pas “critique” à l’époque, mais c’était déjà un vrai sujet. Et ça a d’ailleurs failli m’empêcher de rentrer en Staps après le bac. J’ai fait un premier test où j’ai été refusé, puis je suis allé voir des spécialistes à Rennes, qui ont fait d’autres analyses et ont dit que c’était finalement ok. En contrepartie, je devais voir un cardiologue régulièrement et ne pas faire de sport “intense”. »
Deux ans plus tard, Dréan avait pourtant pris dix kilos et évoluait à Rennes en Fédérale 1.
Son cardiologue avait alors constaté que son cœur demeurait stable malgré cette pratique :
« Deux ans plus tard, quand je suis revenu chez le cardiologue, j’avais pris 10 kg, je jouais à Rennes en Fédérale 1, et le cardiologue m’a dit : “Bon, visiblement vous n’avez pas suivi ma préconisation sur le sport intense, mais votre cœur est stable, donc tout va pour le mieux”. Sur ça j’arrive sur Toulon en 2022, et évidemment les médecins le voient direct. »
« J’avais plutôt tendance à le cacher »
À son arrivée à Toulon, Dréan n’avait pas particulièrement mis en avant ce problème auprès du club.
Mais les examens médicaux ne pouvaient évidemment pas laisser passer son souffle cardiaque. À partir de là, le RCT a organisé un suivi régulier de son joueur.
Dréan reconnaît avec le sourire qu’il aurait préféré passer sous les radars :
« Pas vraiment (rires). J’avais plutôt tendance à le cacher, à espérer que personne ne s’en aperçoive. Mais, évidemment, dès les premiers tests, ils ont entendu mon souffle, et je n’ai pas pu faire comme si de rien n’était. »
Une surveillance très régulière a alors été mise en place :
« Donc, tous les six mois, je me rendais avec Didier Demory [ancien médecin du RCT] chez le Dr Brissy, le cardiologue qui travaille avec nous. Ça n’a pas bougé pendant quatre années, et ça a fini par évoluer au printemps. J’étais déjà à la limite de l’opération avant donc, dès que ça a bougé, c’est devenu une urgence. Pourtant, sur le terrain, je ne ressentais absolument rien. »
Mignoni lui annonce que l’opération est inévitable
C’est au mois de mai que la situation change brutalement. Les nouveaux résultats montrent une dégradation suffisamment importante pour qu’il ne soit plus question de simplement surveiller son cœur.
Dréan est alors convoqué par Pierre Mignoni et Didier Demory.
L’ailier se souvient du moment où il apprend qu’il doit être opéré rapidement :
« Ils ont vu qu’il y avait une dégradation nette. J’ai donc eu rendez-vous avec Pierre Mignoni et Didier qui m’ont annoncé que l’opération était inévitable. Et le plus rapidement possible. J’ai donc été opéré à Paris le 1er juin. »
Avant l’intervention, Dréan cherche notamment à obtenir une réponse à deux questions : le risque de l’opération et ses chances de pouvoir rejouer au rugby.
Le message du médecin ne laisse alors plus aucune place à l’hésitation :
« J’ai eu la chance d’apprendre la nouvelle par un médecin. Donc, j’ai pu poser toutes les questions du monde. La première était de savoir si c’était risqué de se faire opérer. La deuxième de savoir si je pourrais rejouer au rugby. En théorie, j’aurais préféré me faire opérer plus tard, mais c’était devenu critique. »
Une phrase lui fait définitivement comprendre l’urgence de la situation :
« Le médecin m’a dit : “On est arrivé à un niveau où il en dépend de ta vie, tu dois te faire opérer.” Mais il a été vraiment rassurant, avait toutes les réponses et j’avais une confiance illimitée. »


Bon rétablissement !
Qu’il revienne en pleine possession de ses moyens !
Toulon a besoin de son Breton !