« Peut-être que l’on peut faire un temps de plus pour le rapprocher » : Serin regrette la dernière action contre Castres

« Peut-être que l’on peut faire un temps de plus pour le rapprocher » : Serin regrette la dernière action contre Castres

Le mercredi 23 septembre 2026 à 9:51 par David Demri

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Tomas Albornoz aurait pu offrir au Rugby Club Toulonnais sa première victoire de la saison à Castres. Son drop dans les dernières secondes n’est finalement pas passé, laissant le RCT avec une troisième défaite consécutive. Mais Baptiste Serin refuse catégoriquement de faire porter la responsabilité de ce revers à l’ouvreur argentin et raconte précisément comment Toulon a construit cette ultime tentative.

Le demi de mêlée connaît parfaitement la solitude du buteur dans ces moments décisifs. Pour avoir lui-même vécu des situations où un geste peut faire gagner ou perdre son équipe, Serin préfère retenir la prise de responsabilité d’Albornoz, qui effectuait son retour. Il s’est confié dans l’émission Tribune Mayol.

« Il ne faut pas qu’il s’en veuille »

Le Toulonnais ne minimise pas la difficulté du geste demandé à son partenaire. Avec la pression d’une dernière action et une défense castraise qui avait parfaitement compris ce que préparait le RCT, Albornoz devait réussir l’un des gestes les plus délicats du rugby.

Serin sait personnellement ce que représente une telle situation :

« Je sais ce que c’est car j’ai déjà été dans cette position. Parfois on fait gagner l’équipe et parfois on l’a fait perdre. Ce qui est important c’est d’avoir de la solidarité entre nous dans ces moments. Tomas Albornoz a fait un super match. C’est rageant car il revenait et on aurait tous aimé qu’il nous offre la victoire. »

Le demi de mêlée insiste surtout sur la difficulté du drop sous pression :

« Mais c’est l’un des gestes les plus compliqués de notre sport. C’est quand même un geste très compliqué avec la pression. Il faut aussi mettre les buteurs dans de meilleures dispositions pour pas qu’ils n’aient trop de pression. Mais Castres savaient aussi ce que l’on était en train de préparer et c’est très difficile. »

Pour Serin, il n’est donc absolument pas question d’accabler l’international argentin après son échec.

Il apporte un soutien total à son coéquipier :

« Mais il est à l’image du mec qu’il est. Il a pris ses responsabilités. Ce n’est pas passé mais je suis très confiant pour la suite. Personne ne lui en veut et c’est un super mec, un super joueur. Il ne faut pas qu’il s’en veuille. »

Serin raconte pourquoi il lui donne le ballon à ce moment

Cette dernière action n’était pas uniquement construite pour obtenir immédiatement une tentative de drop.

Dans un premier temps, les Toulonnais cherchaient surtout à provoquer une faute castraise. Plusieurs temps de jeu ont été enchaînés avec l’espoir d’obtenir une pénalité susceptible de faire basculer la rencontre.

Serin dévoile le plan initial du RCT :

« Au début on va chercher la pénalité. On essaye de multiplier les temps de jeu pour les mettre à la faute. Il y a deux ou trois rucks où c’est très limite. On essaye de persévérer dans cela et quand on arrive sur l’autre côté, sur la bascule, on essaye de rapprocher Tomas dans l’axe des poteaux pour lui offrir une meilleure position. »

Une question demeure forcément : Toulon aurait-il pu jouer une phase supplémentaire afin d’offrir une position encore plus favorable à son ouvreur ?

Serin reconnaît que cette possibilité existait, mais elle comportait également un risque. Les avants étaient alors mieux placés pour protéger Albornoz que sur l’éventuel temps de jeu suivant.

Le numéro 9 explique précisément son choix :

« Peut-être que l’on peut faire un temps de plus pour le rapprocher. Mais en faisant un temps de plus, on était seulement des trois-quarts sur l’extérieur. Castres savait qu’on allait faire ce drop à ce moment. »

« J’ai décidé de lui donner le ballon »

Albornoz se préparait déjà à tenter le drop depuis plusieurs phases. Serin devait donc choisir le moment où déclencher cette dernière tentative alors que le temps réglementaire était terminé.

Le demi de mêlée a finalement estimé que la configuration du ruck offrait suffisamment de protection à son ouvreur pour tenter sa chance.

Serin assume entièrement la décision de servir Albornoz :

« Tomas Albornoz se préparait à chaque ruck et j’ai décidé de lui donner le ballon à ce moment car il avait un peu moins de pression étant donné qu’on avait les avants qui le couvraient un peu plus. Mais il y avait le temps de jeu qui était réglementaire qui était terminé aussi. »

Le drop n’est pas passé, mais dans le vestiaire toulonnais, Baptiste Serin refuse donc que cet échec individuel efface la prestation de Tomas Albornoz ou transforme l’Argentin en responsable de la défaite.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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2 Commentaires

  1. Anjo 23 septembre 2026 at 10h- Répondre

    Et oui, c’est pas l’échec qu’il faut retenir, même s’il est forcément rageant et dommageable.

    C’est surtout la précipitation. On a trop souvent l’impression que cette équipe manque de QI rugby dans les moments décisifs.

    Ce drop, personne ne l’a vu venir. Il a été tenté dans la précipitation la plus totale. Pourquoi ne pas mieux le préparer ? Pourquoi ne pas faire un ou deux temps de jeu supplémentaires pour essayer de mettre Albornoz dans une meilleure position, davantage face aux poteaux ?

    Encore une fois, comme très souvent lorsque l’équipe est proche de la ligne et qu’il faut scorer, on se précipite… Chacun semble vouloir être celui qui va débloquer la situation, celui qui va être le sauveur… et au final, on échoue.

    C’est surtout ça qui est frustrant.. moins l’échec en lui même que cette impression récurrente de mal gérer les moments clés.

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  2. Bougnatix 23 septembre 2026 at 10h- Répondre

    Bien sur qu’une phase supplémentaire dans l’axe aurait été parfaite mais dans un monde parfait .
    Combien d’essais loupés ou des grands joueurs ne jouent pas correctement un 2 ou 3 contre 1 en repiquant à l’interieur ? c’est tous les week end alors que c’est la base de « savoir » de notre jeu .
    La remise en question est essentielle mais il y a un équilibre à trouver car cela devient contre productif . Serin est un grand joueur qui fait malgré tout des erreurs , il fait partie des leaders qui doivent tirer les plus jeunes vers le haut , à trop douter c’est dangereux surtout en debut de saison .

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