RCT : Loin des siens, Baptiste Serin raconte l’enfer vécu par sa famille cet été

RCT : Loin des siens, Baptiste Serin raconte l’enfer vécu par sa famille cet été

Le jeudi 13 août 2026 à 10:00 par David Demri

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L’été de Baptiste Serin n’a pas seulement été rythmé par la préparation du Rugby Club Toulonnais. Originaire de La Teste-de-Buch, le demi de mêlée international a vécu avec angoisse les terribles incendies qui ont ravagé une partie de la Gironde.

À plusieurs centaines de kilomètres, le Toulonnais a suivi heure après heure l’évolution des flammes, tandis que certains de ses proches étaient directement menacés.

Plusieurs membres de sa famille ont dû quitter leur maison

Lorsque les incendies se sont déclarés, Baptiste Serin avait déjà rejoint la région toulonnaise pour reprendre l’entraînement.

La distance n’a pourtant rien changé à son inquiétude.

Plusieurs membres de sa famille vivaient directement dans les zones concernées par les flammes comme il l’a expliqué dans Midi Olympique :

« Je suis rentré dans la région toulonnaise avant le début des incendies. Plusieurs membres de ma famille ont dû quitter leur maison, car j’ai des proches qui habitent des deux côtés du feu. »

Au fil des heures, les nouvelles se sont aggravées.

« Malheureusement, certains de mes amis ont perdu tout ce qu’ils avaient. C’est aussi le cas de nombreuses personnes. »

Face à une telle catastrophe, le demi de mêlée n’a pu qu’assister, impuissant, à l’évolution de la situation.

« C’était une sensation vraiment bizarre de vivre cette situation à distance, alors que tu peux avoir plusieurs lieux auxquels tu tiens partir en fumée. J’ai passé beaucoup de temps sur les informations, à appeler du monde. »

Malgré cette épreuve, Baptiste Serin refuse de mettre son ressenti au premier plan.

« Je viens de vivre malheureusement un été très spécial, mais ce n’est rien par rapport aux gens qui ont tout perdu. »

« Les pompiers ont été incroyables »

Sur les réseaux sociaux, le demi de mêlée du Rugby Club Toulonnais est resté particulièrement discret.

Il a choisi de ne relayer que les messages qui lui semblaient essentiels.

« Oui, j’ai partagé uniquement ce qui me paraissait essentiel. Il y a beaucoup de choses qui m’ont touché. Cet élan de générosité, de bénévolat, de solidarité a été incroyable pour sauver ce qui pouvait l’être. »

Son émotion va également vers tous ceux qui se sont mobilisés pour lutter contre les flammes.

« Je pense aussi à tous ces pompiers, venus certains de l’étranger, qui ont été incroyables. »

Même si la situation s’est améliorée, le danger reste présent.

« Je suis bien évidemment heureux que ça se soit calmé, mais tout le monde a bien conscience, au moins sur place, que ça reste quelque chose de fragile notamment avec les températures actuelles. »

Le joueur n’oublie pas non plus les habitants les plus durement touchés.

« Comme je vous l’ai dit, c’était vraiment une sensation bizarre à vivre. Mes pensées vont à ces gens qui ont beaucoup perdu, notamment aux habitants du Porge. Le village a été rasé par les flammes. Je veux aussi saluer l’ensemble des personnes qui ont œuvré pour que ça s’arrête. »

« Tu veux toujours plus aider »

Loin de la Gironde, Baptiste Serin a parfois ressenti un profond sentiment d’impuissance.

« Dans ce cas, à ton échelle, tu veux toujours plus aider, mais tu ne peux pas faire grand-chose, encore plus à distance, face à cette catastrophe. »

Les témoignages reçus de ses proches l’ont profondément marqué.

« Le feu à combattre était hallucinant de ce que m’ont dit des pompiers et des amis. Les images diffusées étaient difficiles à voir. À plusieurs endroits, le feu se déplaçait plus vite qu’une voiture. Quand tu entends ça, tu sais que c’est forcément compliqué pour tous ces pompiers, notamment ceux qui étaient au sol. »

Faire revivre le bassin d’Arcachon

Au-delà de l’urgence, Baptiste Serin pense désormais à l’après.

Pour lui, il est indispensable que les habitants puissent retrouver une vie normale, mais aussi que les touristes reviennent soutenir l’économie locale.

« Avant tout, les gens voulaient rentrer chez eux. Normalement, si tout va bien, ils vont pouvoir le faire cette semaine. Pour l’après, la saison touristique est quasiment foutue. »

Le demi de mêlée lance ainsi un appel pour aider toute une région à se relever.

« Il faut vraiment faire passer le message que les gens doivent aller faire vivre le bassin et la région. »

Il salue au passage l’initiative lancée par Julien Courbet.

« L’animateur Julien Courbet a eu une bonne initiative en essayant d’organiser un événement. Il y a des personnes très connues, qui ont bien plus d’impact que moi, qui sont souvent au Cap Ferret. J’espère vraiment que toutes ces personnes puissent lancer un événement sympa pour permettre aux gens de faire repartir les différentes activités. »

Son souhait est que l’ensemble des communes touchées puisse bénéficier de cet élan de solidarité.

« Ça serait bien que tout le monde puisse en bénéficier, notamment le village du Porge qui a vraiment été touché. Il faut que l’on trouve une solution pour que les personnes puissent aller consommer là-bas. Je sais que les gens ont peur que ça reparte, mais le bassin doit revivre, je l’espère, avant la fin de l’été. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. queue de tigre 13 août 2026 at 11h- Répondre

    Une catastrophe à tous points de vue.
    Solidarité avec tous ces gens et que les auteurs soient durement punis.

  2. garry38 13 août 2026 at 11h- Répondre

    En aout 1949 50000 hectares de forêt détruits , BORDEAUX encerclé par les flammes , et surtout 82 victimes…des moyens dérisoires (déjà)pour combattre l’incendie et des volontaires agriculteurs, habitants.. mobilisés spontanément ….on ne parlait pas encore « d’incendie du siècle »…Les médias de grands chemins n’y ont pas fait référence, on a préféré exhiber le catastrophisme et donner la parole aux politiciens et autres fonctionnaires incompétents avides d’exposition médiatique…les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets à presque 80 ans d’intervalle… »la folie consiste à faire et refaire toujours les mêmes choses et d’en attendre un résultat différent  » dixit EINSTEIN