« J’avais ce frein à main » : Sacré Oscar d’Or, Matthieu Jalibert sort enfin du silence !

« J’avais ce frein à main » : Sacré Oscar d’Or, Matthieu Jalibert sort enfin du silence !

Le mardi 3 novembre 2026 à 10:00 par David Demri

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Matthieu Jalibert vient de recevoir l’une des distinctions individuelles les plus prestigieuses du rugby français. À 27 ans, le demi d’ouverture de l’Union Bordeaux-Bègles a été sacré Oscar d’Or Midi Olympique lors de la 73e cérémonie des Oscars du rugby, organisée lundi soir au Pavillon Gabriel, à Paris. Une récompense qui vient couronner une saison particulièrement réussie avec l’UBB et le XV de France, mais qui donne également l’occasion à l’international français de revenir sur un tournant majeur de sa carrière.

Actuellement blessé, Matthieu Jalibert succède à Thomas Ramos au palmarès. S’il savoure cette reconnaissance, le Bordelais insiste sur l’importance du collectif et sur le travail accompli pour parvenir à exprimer pleinement son potentiel, notamment sous le maillot tricolore.

Matthieu Jalibert savoure une récompense prestigieuse

Recevoir l’Oscar d’Or représente une satisfaction particulière pour le demi d’ouverture bordelais, qui voit son nom rejoindre ceux des précédents lauréats.

Mais malgré cette consécration, Jalibert assure que les distinctions personnelles ne constituent pas le moteur principal de sa carrière.

L’international français accueille cette récompense avec fierté, tout en rappelant que ses performances individuelles sont indissociables des résultats obtenus avec ses coéquipiers :

« C’est toujours extrêmement plaisant d’être récompensé par ce type de distinction individuelle, même si, en toute sincérité, ce n’est pas ce qui drive mon quotidien ni ma priorité absolue sur le terrain. Le rugby demeure un sport collectif avant tout. Cela étant dit, un tel prix vient valoriser un travail de fond, des sacrifices au quotidien et la régularité des performances accomplies sous les couleurs de l’UBB comme avec le XV de France. C’est la concrétisation des résultats que nous avons réussi à aller chercher collectivement avec mes coéquipiers. Être mis en valeur de cette manière par les passionnés de rugby et les lecteurs, c’est une vraie fierté et cela fait toujours chaud au cœur. »

Une saison qui a changé sa perception de lui-même

Au-delà du trophée individuel, Matthieu Jalibert retient surtout les performances collectives réalisées au cours de la saison écoulée.

L’enchaînement des rencontres de haut niveau et les titres remportés lui ont permis de gagner en confiance et d’aborder les prochaines échéances avec davantage de sérénité.

Le joueur de l’UBB considère que cette saison représente une étape déterminante dans sa progression, notamment parce qu’il a pu jouer un rôle majeur dans les succès de ses équipes :

« Absolument. Ce fut une année magnifique et intense, que ce soit sous le maillot de Bordeaux-Bègles ou en sélection nationale. J’ai eu la chance de pouvoir enchaîner les rencontres à très haut niveau sans rupture majeure, de garder un rythme élevé et de remporter des titres majeurs. Gagner un trophée d’envergure en étant pleinement investi du début à la fin de la compétition, en étant un acteur majeur sur le terrain tout au long du parcours, cela change la perception qu’on a de son propre travail. C’est une saison charnière qui donne énormément de confiance, de sérénité et d’espoir pour toutes les échéances futures. »

« J’évoluais parfois avec une forme d’inhibition »

Mais la confidence la plus marquante de Matthieu Jalibert concerne son évolution avec le XV de France.

Longtemps, le demi d’ouverture avait le sentiment de ne pas parvenir à exprimer toutes ses qualités au niveau international.

Il situe son véritable déclic à l’issue du Tournoi des Six Nations, lorsqu’il a enfin réussi à jouer avec davantage de liberté.

Matthieu Jalibert explique que sa confiance dépend d’abord de sa condition physique et reconnaît avoir longtemps ressenti une forme de retenue lorsqu’il évoluait avec les Bleus :

« Je n’aime pas trop employer ce genre d’expression ou m’enflammer sur mes propres prestations. Pour moi, tout part de l’état physique : à partir du moment où je me sens à 100 % de mes capacités athlétiques, je sais pertinemment que mon rugby va suivre naturellement. Mais si je devais cibler une période bien précise, ce serait sans aucun doute au sortir du Tournoi des 6 Nations. C’est à ce moment-là que j’ai eu la sensation intime d’avoir enfin franchi un cap au plus haut niveau international.

J’ai pu montrer la pleine mesure de mon potentiel, jouer libéré, relâché, sans ce frein à main que j’avais parfois malgré moi depuis mes débuts en équipe de France. J’ai toujours su au fond de moi que j’en étais capable, mais j’évoluais parfois avec une forme d’inhibition. Réussir à exprimer mon jeu à ce niveau m’a fait un bien fou et m’a conforté dans mes convictions. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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