« Je ne vois, et je confirme, aucune responsabilité pénale ni de la FFR ni de la DTN » : Florian Grill se disculpe totalement !
« Je ne vois, et je confirme, aucune responsabilité pénale ni de la FFR ni de la DTN » : Florian Grill se disculpe totalement !
Le lundi 11 mai 2026 à 13:35 par David Demri
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Près de deux ans après le drame qui a bouleversé le rugby français, l’enquête autour de la disparition de Medhi Narjissi continue de prendre une ampleur considérable.
Le jeune joueur avait disparu tragiquement le 7 août 2024 au large d’une plage sud-africaine lors d’une séance de récupération organisée pendant la tournée de l’équipe de France U18.
Depuis, la procédure judiciaire avance progressivement et touche désormais directement la Fédération française de rugby.
Deux membres du staff mis en examen
Dans ce dossier particulièrement sensible, Robin Ladauge et Stéphane Cambos — respectivement préparateur physique et manager au moment des faits — ont été mis en examen pour homicide involontaire.
L’enquête cherche notamment à établir les responsabilités autour de cette séance organisée en mer dans des conditions qui interrogent depuis de longs mois.
La FFR également mise en examen
Un nouveau cap judiciaire a récemment été franchi. La Fédération française de rugby a elle aussi été mise en examen en tant que personne morale pour homicide involontaire par : « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ».
Une décision lourde de conséquences pour l’instance dirigeante du rugby français.
Dans le cadre de cette enquête, le président de la FFR Florian Grill a récemment été entendu lors d’un interrogatoire de première comparution par Agnès Navarro, la juge d’instruction chargée du dossier. Une audition particulièrement attendue compte tenu de la gravité des faits reprochés et de l’émotion immense provoquée par cette affaire dans tout le rugby français.
Florian Grill prend enfin la parole
Jusqu’à présent très discret publiquement sur le volet judiciaire du dossier, Florian Grill a décidé de sortir du silence pour la première fois.
Ce dernier a fait le point dans les colonnes de Midi Olympique.
Dans un premier, il adresse ses pensées émues à la famille Narjissi :
« D’abord, mes premiers mots vont bien sûr à la famille. Rien n’est pire que de perdre un enfant. Ma compassion est absolument totale pour eux. Leur douleur et leur colère sont légitimes. J’ai bien conscience que nous ne pourrons jamais ressentir ce que représentent la douleur et la colère de la famille de Medhi. Jusqu’ici, j’avais souhaité ne pas m’exprimer, je voulais réserver mes propos à la justice et surtout préserver la sérénité de l’enquête. »
Mais selon lui, le secret de l’instruction a été violé, ce qui l’oblige à sortir du silence cette semaine :
« Mais force est de constater que le secret de l’instruction a été violé. C’est pour cela que j’ai décidé de m’exprimer, d’autant que, je pense que c’est important de le dire, je suis président de la FFR. Je représente un sport, des valeurs, des centaines de clubs, des présidents de club aussi. Mon premier rôle, c’est de permettre à la justice de travailler et d’établir les responsabilités. Mais je dois aussi protéger notre sport, notre institution et toutes les personnes qui y travaillent au quotidien. L’enjeu pour moi, c’est qu’on soit juste et précis. Cela ne signifie pas que la FFR n’assume pas ses responsabilités ou qu’elle tente de se défausser. Cela signifie que j’ai un devoir de rétablir la vérité des faits, notamment face à ceux qui instrumentalisent le drame et qui répandent des contre-vérités. C’est pour cela que je suis là pour répondre à toutes vos questions. »
Il explique pourquoi la FFR n’a aucune responsabilité pénale dans cette affaire :
« Toute ma vie, j’ai assumé mes responsabilités. Comme je l’ai dit à la juge, si je pensais une seule seconde que la Fédération ou la DTN avaient la moindre responsabilité pénale dans ce drame, je serais le premier à le dire. Et je serais d’autant plus le premier à le dire que, dans ce drame, chacun a tendance à se renvoyer la balle alors qu’on doit bien comprendre qu’il y a une famille au milieu, qui a besoin que le ou les responsables soient condamnés. Ceci dit, je réponds à votre question : j’ai lu et relu tous les éléments. Je ne vois, et je confirme, aucune responsabilité pénale ni de la FFR ni de la DTN. Et il y a une raison simple et très claire à cela : aucune baignade en mer n’était prévue au programme. La triste réalité, c’est que la faute a été commise sur place, et uniquement sur place. C’est une décision individuelle de sortir du programme établi qui a causé le drame. »
Il poursuit :
« L’IGESR mentionne des problèmes administratifs en amont : la réservation des billets d’avion, la carte bleue défectueuse… Je ne conteste pas ces éléments mais est-ce qu’une carte bleue qui ne fonctionne pas explique une décision de baignade dans un lieu interdit ? Le staff envoyé sur place, tel que la DTN l’a déterminé, était qualifié, en nombre suffisant, avec tous les diplômes requis. Le planning du rassemblement ne prévoyait aucune baignade en mer, j’insiste. Ce qui est décalé, c’est de faire un lien entre ces sujets administratifs et le drame. »
Il l’affirme haut et fort : le programme qui était prévu par la FFR ne prévoyait aucune baignade pour les U18 :
« Je le redis : la DTN avait, en amont, constitué une équipe très capée, avec tous les diplômes nécessaires pour encadrer le stage. C’était conforme au programme prévu. Encore une fois, le planning, que j’ai lu depuis, était très détaillé et ne prévoyait aucune baignade en mer. Donc il n’y a pas lieu de prévoir des personnes titulaires de diplômes pour surveiller des baignades qui n’auraient jamais dû avoir lieu. S’il y avait eu une baignade en mer programmée, il aurait dû y avoir des gens qualifiés. Mais je vais vous le dire et le redire : c’est sur place, et uniquement sur place, que la faute a été commise, en improvisant cette baignade. Ce n’est absolument pas un défaut de supervision en amont. »
Aussi, il affirme que la Fédération n’a aucune autorité hiérarchique sur la DTN. Extrait:
« C’est le code du sport : les cadres d’État sont des fonctionnaires du ministère des Sports. On n’a pas d’autorité hiérarchique sur eux. Ça ne nous empêche pas de travailler ensemble. Mais il n’y a pas de lien hiérarchique. Et puis, ce sujet de l’autorité sur la DTN n’a aucun lien avec le drame. Même si j’avais l’autorité hiérarchique, ce que je n’ai pas, c’est sur place et simplement sur place que l’erreur a été commise. Mais puisque vous me posez la question, je vous mets au défi d’expliquer la différence entre autorité hiérarchique et fonctionnelle. Je vous le dis, j’ai demandé au ministère une convention censée l’expliquer. La ministre des Sports m’a confirmé que cette convention n’avait pas été renouvelée. Elle m’a indiqué, et elle m’a écrit en mai 2025, que le travail sur les conventions cadres allait reprendre, notamment pour traiter – je cite – « la question des relations fonctionnelles liant la fédération à la DTN ». Ça n’a pas bougé depuis. Mais encore une fois, quand bien même, cette question de l’autorité hiérarchique ou fonctionnelle n’est pas l’explication du drame. »
Il précise ne pas du tout comprendre comment une telle décision d’organiser une baignade ait été prise sans en informer la FFR. Extrait:
« C’est incompréhensible. La décision prise sur place est à l’opposé de ce qui est écrit dans le planning de la DTN qui ne prévoyait aucune baignade en mer. C’est totalement incompréhensible. Avec un encadrement complet, compétent, diplômé. C’est incompréhensible mais c’est bien sûr place que ça s’est passé. »
Durant son audience, Florian Grill n’a pas été en mesure de répondre à de nombreuses questions. Il explique pourquoi. Extrait:
« Une telle audition, ça mérite du sérieux et de la précision. J’y vais au nom de l’institution. Or, il y a plein de sujets très réglementaires ou très techniques pour lesquels je n’avais pas les réponses précises. Donc, plutôt que de répondre de manière imprécise, je préférais solliciter les services et apporter des réponses ultra-rigoureuses et ultra-précises à la juge. En fait, elle me demandait énormément de détails, avec des questions répétitives. Nous allons donc lui communiquer des éléments précis.
C’étaient des questions qui appelaient des réponses techniques et précises. Donc, je ne voulais pas, dans une audition, répondre de manière vague ou imprécise. Nous allons à présent adresser tous les éléments de réponse à la juge. Je peux vous dire qu’il y a de nombreuses choses qui ont été mises en place depuis. Mais encore une fois, quand bien même elles auraient pu être mises en place avant le drame, que faire contre une décision totalement incompréhensible prise sur place ? Quel que soit le cadre, ça n’aurait rien changé. Bien sûr. Ils n’en ont référé à personne. Ils ont décidé sur place, alors que le planning ne prévoyait pas de baignade en mer. »
Il ne comprend pas comment cette décision de se baigner dans cette plage ait pu être prise. Extrait:
« Aucune baignade n’était prévue. Je suis allé sur cette plage. Je ne comprends pas comment on a pu y descendre, ne pas voir les panneaux et y baigner des enfants. C’est une décision que je pleure tous les jours. Olivier Lièvremont aussi. Je ne le comprends pas. »
Dans la foulée, il indique n’avoir eu aucun contact avec Robin Ladauge et Stéphane Cambos, ces derniers mois :
« Aucun. J’avais eu des échanges immédiatement après le drame, mais pas depuis à cause de l’instruction judiciaire en cours. Une instruction que je souhaite respecter. Je ne parle aujourd’hui que parce qu’il y a eu violation du secret de l’instruction et que je me dois, pour protéger l’institution FFR, de rétablir un certain nombre de vérités. J’ajoute que Robin Ladauge et Stéphane Cambos sont employés du ministère des Sports. »
A-t-il une responsabilité dans ce drame ? Il estime que c’est la justice qui tranchera :
« Non, ça, c’est à la justice de le trancher, ce n’est pas à moi. La seule chose que je sais, c’est ce qu’on a dit depuis le début : c’est sur place que l’irréparable a été commis. »
3 Commentaires


une vraie savonnette celui-là … si pour le stage cela n’avait pas été la fête du slip on n’en serait pas là …pourquoi un maire qui a un enfant qui se blesse sur une balançoire serait responsable et lui responsable de rien … soyons sérieux
Il ne va pas se disculper longtemps !.. Il se croit au dessus la justice , le pti Monsieur , ou bien ?..
Je ne vois pas comment. Il pourrait être condamné sur sa qualité d’employeur, puisque c’est le ministère des sports. Si la baignade avait été programmé, peut-être, mais ce n’est pas le cas. Tu ne peux pas être tenu responsable d’une initiative prise sur place par un encadrant à des milliers de kms et sans prévenir sa hiérarchie. Peut-être que la FFR le sera puisqu’elle a autorité sur des employés du ministère mis à sa disposition, mais c’est tout. Quand on lit sa déclaration, c’est quand même clair. Par contre, sa gestion de l’après drame, je la trouve très maladroite.